Jeudi 3 avril, vers 17 H 30 mn, les magistrats de la Cour d'appel de Meknès, après délibération, ont acquitté R'Kia Abouali et certains membres de sa famille d'une grave accusation d'homicide volontaire. A peine deux jours après cette nouvelle qui a fait la Une de plusieurs journaux, l'acquittement s'est retrouvé dépassé par une tentative de meurtre qui visait R'Kia et sa famille. Le scandale avait éclaté, il y a environ un peu plus d'un an, lorsqu'une illustre inconnue à l'époque, accusait des magistrats d'avoir abusé sexuellement d'elle et de sa bonne, et ont été derrière l'incarcération de ses frères. Ces accusations étaient consolidées par des C.D. Roms enregistrés par R'Kia elle-même, dans un appartement loué par l'un des magistrats. L'affaire a connu des rebondissements qui ont conduit au limogeage d'un juge, mais aussi à l'implication de R'Kia Abouali et de ses frères, dans une affaire de coups et blessures ayant entraîné la mort. En détention préventive et sous instruction, R'kia recevait des menaces, qui allaient dans le sens de se désister du dossier des C.D. Rom et de se taire. Selon sa défense, les menaces sont parvenues même jusqu'à ses avocats. Des comités de soutien à R'Kia s'étaient constitués et l'examen du dossier a commencé dans une atmosphère inhabituelle, où des avocats volontaires se sont constitués défenseurs de R'Kia et de ses frères. Sept heures de débats, ce jeudi 3 avril, durant lesquelles les avocats de la défense se sont relayés pour mettre en relief les nombreux vices de forme et de fond qui ont entaché la procédure. Selon l'ordonnance de renvoi rédigée par le juge d'instruction, R'Kia Abouali a été arrêtée le 22 mars 2007, alors que le dossier relatif à ses accusations n'a été réanimé des archives où il était classé que le 30 mars. C'est-à-dire que l'arrestation a précédé l'accusation qui ne se fondait ni sur le flagrant délit ni sur des preuves irréfutables. La défense, au cours de ses plaidoiries, reprochait aussi au contenu de l'ordonnance de renvoi d'avoir écarté les témoins à décharge et de n'avoir gardé que ceux à charge. En plus, l'accusation de coups et blessures ayant entraîné la mort devenait irrecevable, dans la mesure où le rapport de l'autopsie effectuée en 2004 sur le cadavre trouvé près du barrage, attestait l'absence de blessures ou de contusions… Même les témoins à charge ont déclaré que les propos tenus leur ont été dictés, comme ce témoin analphabète qui, en septembre 2007, a présenté un témoignage écrit au juge d'instruction dans lequel il déclare avoir vu un cadavre enveloppé dans une couverture sortir de la maison de R'Kia. Elle et des membres de sa famille ont mis le cadavre dans le coffre d'une voiture. Il a même aperçu les pieds. Or, la défense a relevé que le témoin en question habite trois rues plus loin de l'endroit qu'il a cité et qu'il lui était impossible d'établir cette description du haut de sa terrasse. Autant de contradictions ont poussé les juges à prononcer l'acquittement pur et simple de R'kia Abouali et des membres de sa famille. Et c'est au moment où R'Kia, après son acquittement, fêtait l'événement et promettait de ne pas se taire sur l'affaire des C.D. roms, que 7 personnes en cagoules et armées, ont tenté de faire irruption dans le domicile de sa mère, menaçant l'ensemble de mort …Une enquête est ouverte.