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Démission de députés, menace de grève générale : Que cherche Amaoui ?
Publié dans La Gazette du Maroc le 25 - 04 - 2008

C'est à un jeu dangereux que joue Noubir Amaoui. La fronde menée par la CDT est soustendue par le refus des syndicats prenant part au dialogue social ( UMT, CDT, UGTM, FDT et UNTM) de cautionner les propositions de Abbas El Fassi. Le tout dans un climat de surchauffe sociale.
Que cherche le patron de la CDT ? «A l'approche du 1 mai, les syndicats sont toujours tentés de faire de la surenchère» commente Mustapha Mansouri, le patron de la première chambre. Opinion largement partagée par la classe politique, qui voit dans la sortie des syndicats, une dangereuse dose de populisme teintée de mauvais goût, à un moment où les problèmes sociaux, eux sont bien réels et où la chaudière sociale est en ébullition. Quelle approche des problèmes sociaux proposent aujourd'hui les syndicats   ? Sur cette question, il y a lieu de constater que les “défenseurs des travailleurs “ ne prennent pas en compte le réel, les contraintes, les équilibres financiers, les nécessités d'arbitrage. Alors que c'est le rôle d'un syndicalisme responsable que de s'engager, quand il le faut, en articulant ses exigences avec le possible. L'intérêt général résulte de conflits, de rapports de force dans la société mais également de la qualité de la négociation. L'intérêt des salariés peut relever de l'intérêt général. Les fins rejoignent les moyens, mais les fins restent indexées sur une véritable prise en compte des réalités conjoncturelles. Le gouvernement, a, une fois n'est pas coutume, proposé des augmentations ponctuelles, certes insuffisantes, mais au delà de la capacité budgétaire actuelle du trésor. Or, la question de la cherté de la vie brandie par les syndicats, ne fait pas partie de la chasse gardée des syndicats. Comme nombre d'observateurs reconnaissent aujourd'hui qu'il n'y a pas d'avenir pour le syndicalisme au Maroc, en dehors, à terme, d'un équilibre entre la culture du rapport de force et la culture de la négociation, la naissance des «Tansikiyats», ces regroupements «spontanés» de citoyens défendant eux-même leurs droits, a mis du plomb dans l'aile des syndicats. En clair, les citoyens, même ceux qui exercent une activité rémunérée, préfèrent descendre dans la rue pour se faire entendre. Pourquoi les syndicats ont aussi mauvaise presse ?
Manque de «communication», aucun effort d'adaptation aux difficultés économiques, pratiques obsolètes, on ne peut que reprocher aux syndicats leur manque d'imagination au cours des dix dernières années. Sur leurs secteurs traditionnels d'activité, les syndicats marocains ne sont pas imaginatifs et ce n'est pas les effets de manche d'un Amaoui qui suffiront à convaincre du contraire. Car ils n'ont pas encore trouvé de réponses au phénomène de précarisation des conditions de travail, né de la crise économique : les compétences mal payées, le temps partiel, la flexibilité ou les travailleurs Kleenex. «Au Maroc où le chômage est dévastateur, il ne fait pas bon d'être tout le temps sur une défensive absolue», rappelle un patron qui n'est pas forcément un adepte du capitalisme sauvage. Ne fut-ce que sur le plan du prolétariat, les affidés de Amaoui comme ceux de Ben Seddik continuent à défendre bec et ongles, le modèle de l'ouvrier qualifié qui devrait passer toute sa vie dans la même entreprise. Accusés de toutes les rigidités, ils donnent l'image de structures obsolètes ayant perdu le sens des réalités. Les travailleurs qui l'ont bien compris, le leur rendent bien, puisqu'ils n'ont plus confiance dans les syndicats. Ces structures qui ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, ne mobilisent plus, cela aussi est une réalité. Chute des effectifs de syndiqués, baisse de l'audience des syndicats aux élections professionnelles, les syndicats ont perdu autant en combativité qu'en crédibilité. De plus, la crise que traverse le syndicalisme marocain depuis les années 90, semble se poursuivre inexorablement. Autre conséquence facheuse, ayant perdu leur légendaire capacité de nuisance, ils ont été lâchés par le haut. Au-delà du risque pour ces centrales de tomber lors des futures élections en dessous du niveau actuel, les syndicats craignent aussi que la transposition au monde du travail des règles de la démocratie politique qui prévalent aujourd'hui, ne vienne fausser le jeu du dialogue social, un syndicat risquant d'être davantage jugé sur son image que sur l'action de ses militants. Or, l'image des syndicats est bien ternie par les magouilles en tout genre et l'absence de démocratie dans l'élection des instances dirigeantes. Entre autres.
Dialogue de sourds
Quand le patronat propose d'augmenter le Smig de 2,5% par an étalé sur 4 années dans le secteur privé, et que le gouvernement accepte de revoir le salaire net des fonctionnaires classés dans les échelles de rémunération 1 à 9, avec des hausses de 300 à 459 DH, les syndicats réclament un Smig situé entre 2.500 DH et 3.000 DH et une révision à la hausse des salaires autant dans la fonction publique que dans le secteur privé. Pas une proposition n'a été validée par tous les syndicats prenant part au dialogue social ( UMT, CDT, UGTM, FDT et UNTM). Tous les responsables des centrales syndicales se sont ainsi donnés le mot pour considérer que «l'offre gouvernementale a été en deça des attentes des classes laborieuses» ! Ce qui n'empêche pas les deux parties de se préparer à un quatrième round de négociations sociales sur fond de tensions sociales. En effet, au lendemain de la réunion du lundi dernier entre le gouvernement et les syndicats, tout en rejetant les propositions de Abbas El Fassi, les patrons des centrales reconnaissaient néanmoins les efforts du gouvernement pour se ménager une sortie de crise dans un climat surchauffé par les hausses vertigineuses des produits de première nécessité. Avec au menu, des augmentations de salaires conséquentes. En quoi consiste l'offre gouvernementale?
-Augmentation mensuelle du salaire net des fonctionnaires classés dans les échelles de rémunération 1 à 9, allant de 300 à 459 DH, sur deux étapes à partir du 1er juillet 2008.
-Les fonctionnaires classés aux échelles 10 et plus bénéficieront, à partir de janvier 2009, et en deux tranches, d'une revalorisation du salaire net de 432 DH au moins, une augmentation indexée sur le volume du bénéfice tiré de la baisse de l'impôt général sur le revenu (IGR) qui passera de 42 à 40% puis de 40 à 38%, une baisse qui devrait toucher toutes les tranches de l'IGR.
-Augmentation du seuil du revenu exonéré de l'IGR, qui devrait connaître un saut de 24.000 à 27.000 DH par an, puis de 27.000 à 30.000 DH en 2011,
-Hausse des allocations familiales, passant de 150 à 200 DH par enfant (pour les trois premiers enfants) avec une initiative nouvelle, l'octroi pour la première fois, de ces indemnités aux ouvriers agricoles.Pour ce qui est du secteur privé, l'Etat a proposé d'augmenter le SMIG de 10%, et de faire bénéficier l'ensemble des salariés de ce secteur de cette amélioration du revenu, grâce à la baisse de l'IGR. Les salariés du secteur vont bénéficier d'une augmentation des allocations familiales qui passeront de 150 à 200 DH par enfant pour les trois premiers enfants.
-Augmentation du montant minimum de la pension de retraite, en passant de 500 à 600 DH par mois, sachant que 97% des retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) vont bénéficier d'une exonération de l'IGR à l'horizon 2011.
Quand au financement de ces augmentations, le département de Mézouar se contente pour l'instant de prendre note, mais ce qui est certain, c'est que les augmentations de salaires des fonctionnaires coûteront au budget de l'Etat pas moins de 10,55 milliards de DH.


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