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Israël : La fabrique du terrorisme
Publié dans La Gazette du Maroc le 09 - 01 - 2009

La guerre sur Ghaza, laissera des traces indélébiles. Les humanistes du Monde entier doivent changer d'optique, par fidélité à leurs valeurs.
Des écoles sous la bannière de l'ONU bombardées, des centaines d'enfants assassinées, des familles entières décimées, des populations sans protection, livrées à l'une des machines de guerres les plus puissantes, l'horreur est indicible, la barbarie livrée par flots d'images. Israël peut se fixer les objectifs qu'elle veut se cacher derrière des arguments plus ou moins fallacieux, utiliser la complaisance des médias, la complicité de l'Administration Bush, instrumentaliser les divergences inter-palestiniennes, rien n'y fait. Ce qui restera de cette guerre, ce sont les images d'une soldatesque ivre de sa puissance, mettant à feu et à sang Ghaza, après avoir privé sa population de tout moyen de survie. Cette image est le meilleur agent recruteur pour les courants les plus régressifs au sein des sociétés musulmanes, y compris et surtout en Palestine. Le terrorisme qu'elle affirme combattre, se nourrit, pire, s'installe, grâce à cette barbarie, comme seule réponse possible pour restaurer un semblant de dignité, une petite lueur d'espoir de retrouver, par le biais de la terreur, le goût d'une vengeance impossible. C'est une réalité que les humanistes occidentaux se refusent à comprendre. La paix mondiale, l'extirpation du terrorisme, ne se joue ni à Bagdad, ni en Afghanistan, elle se joue en Palestine. Le Monde dit Arabo-Musulman est fixé dans une mythologie pathologique, non pas par atavisme culturel, mais parce qu'il ressent ce que l'on appelle le conflit Israélo-Arabe, comme une profonde injustice, faite par le reste du Monde. Les valeurs universelles, celles de la tolérance, des droits de l'homme, de l'égalité des individus, de l'aspiration humaniste, ont leurs porteurs dans cette sphère et ils sont beaucoup plus nombreux que ne le laissent entendre les «experts» de tous genres.
Les indignations sélectives
Ce combat-là, n'est pas uniquement entravé par les agissements d'Israël, l'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan, il est surtout handicapé par la trahison des humanistes occidentaux. Ceux-ci se sont installés dans un confort intellectuel qui les aveugle quant à l'incohérence de leur propre démarche, dès qu'il s'agit d'Israël. Ainsi, tous répètent, même ceux qui dénoncent les effets de cette guerre, qu'il faut assurer la sécurité d'Israël. Ils réclament tous, l'arrêt des «violences du côté palestinien». Ils oublient juste qu'il ne s'agit pas d'un vulgaire conflit frontalier, mais d'un Etat qui occupe et martyrise un peuple, depuis 60 ans. Le droit international assure le droit à la résistance de tout peuple colonisé. En France par exemple, c'est Moulin qui est sanctuarisé et pas Vichy. Reconnaître le droit à la résistance, y compris armée, au peuple palestinien, ouvre la voie au débat sur les méthodes. Eliminer des soldats, détériorer des installations, sont des actes de résistance, faire exploser un bus d'écoliers est abject et ne peut être absout par la justesse d'aucune cause. Les indignations sélectives, sont ressenties pour ce qu'elles sont: une forme de mépris. La vie de tout enfant, est sacrée. S'émouvoir pour l'Israélien et «regretter» la mort de dizaines de palestiniens, en la mettant sur le compte du Hamas, est inacceptable. Refuser de faire le distinguo entre les agissements d'un Etat, et ceux de groupuscules, est une hérésie. Mais il y a pire, personne ne dénonce la politique Israélienne basée sur la responsabilité collective, principe qui a fondé tous les génocides, que ce soit la Shoah, au Rwanda ou aux Balkans. Dans ces conditions, l'appel à la paix retentit comme un appel à la reddition et ceux qui s'y accrochent dans la sphère dite arabo-musulmane, n'ont pas l'écoute de leur peuple.
Réécrire l'histoire
Ce conflit est devenu une fixation identitaire. Tous les courants régressifs, les pan-Arabistes hier, les Islamistes aujourd'hui l'instrumentalisent pour bloquer toute évolution vers la modernité au sens universel. C'est au point que la dichotomie entre des Etats-Nations existants, bien réels, inscrits dans l'histoire, et une identité assimilatrice quasi-mythique, disparaît dès qu'il y a tension au Moyen-Orient. Le processus d'Oslo a attiré un soutien important des élites qui voyaient dans le principe de deux peuples deux Etats, un moyen de crever cet abcès. Israël n'en a pas voulu en réclamant la souveraineté sur Jérusalem et surtout l'enterrement sans frais de la question des réfugiés de 48. Et là, on est au cœur du problème. De par le Monde, on apprend aux écoliers que la communauté internationale a décidé de partager la Palestine entre Juifs et Arabes et que ceux-ci ont déclaré une guerre qu'ils ont perdue. Le décor est planté, le petit peuple Juif encerclé par des hordes d'arabes incultes et sanguinaires. Pourtant, tout le Monde sait que la vérité est toute autre. Les Juifs palestiniens, ne représentaient que 3 % de la population à l'aube du siècle dernier. C'est le sionisme qui a organisé le peuplement sous la couverture des Britanniques en chassant les Arabes palestiniens de leurs terres. C'est dans le contexte de la pire histoire de l'anti-sémitisme que les Juifs Européens se sont rendus en Palestine. C'est le vrai nœud du problème : un Etat occidental greffé en Orient. Même si le principe deux peuples deux Etats est imposé, il y aura toujours le cas des réfugiés de 48 à régler. Reprendre le problème à la base, réécrire l'histoire dans le sens de la vérité, c'est ouvrir la voie au dialogue. Le chemin de la paix, lui, exige impérativement une attitude cohérente, simple, mais aux antipodes de celle qui prévaut: considérer Israël comme un Etat normal et lui appliquer les mêmes règles.
Cela suppose l'obliger à restituer les terres occupées par la force sans conditions, à accorder aux Arabes vivant sur le territoire les droits de pleine citoyenneté, à accepter le retour des réfugiés, à se plier au droit international, en particulier par rapport à ses voisins. Cela n'est possible que si l'on accepte l'idée qu'il n'y a que deux pays qui veulent créer une nation uniquement sur la base de la religion, ce sont Israël et le Pakistan. Israël ne peut opposer à la légitimité internationale, à l'équité, son problème démographique, pour rester un «Etat juif». Pour le moment elle a trouvé le moyen d'y arriver : éliminer physiquement le peuple palestinien, sous les encouragements des Américains. Que l'on ne s'étonne pas de la haine, féroce, que cela suscite chez les victimes.
Ballet diplomatique
Le sentiment d'impuissance
Ce mercredi, douzième jour de l'agression israélienne, le conseil de sécurité n'a pu adopter la moindre résolution. Bush et son administration affichent ostentatoirement leur soutien à l'agression Israélienne. La seule concession que fait Condolezza Rice à l'émotion qui submerge le Monde entier, c'est de demander à Israël de faire «attention aux civils». Pourtant le groupe Arabe a des prétentions minimalistes ; l'arrêt des hostilités, l'ouverture des passages et l'instauration d'un cessez-le-feu. Ils n'exigent même pas la condamnation d'Israël, pour le sort réservé aux civils, femmes et enfants. Mais alors que l'on s'acheminait Mardi, vers un texte minimaliste mais imposant une trêve, c'est-à-dire sauvegardant des vies humaines, Moubarak sort de son chapeau un projet d'accord, qui a le don de retarder l'arrêt des combats, sans pour autant avoir toutes les chances d'aboutir. Le projet du Raïs Egyptien, cornaqué par Sarkozy, accède à toutes les exigences d'Israël. Il comporte un volet inacceptable pour l'ensemble de la résistance palestinienne et non pas l'unique Hamas. Ainsi le projet prévoit des forces internationales sur les frontières nord avec Israël et au sud avec l'Egypte, pour contrôler les entrées d'armes aux territoires occupés. Dans les faits cela signifie la fin de la résistance palestinienne armée, une reddition sans condition. Cerise sur le gâteau, Moubarak exige la présence de l'autorité palestinienne à Ghaza, ce qui n'est pas nécessairement du goût du Hamas.
L'occupation est le problème
Cette approche Egyptienne explique le comportement du Caire depuis le début de l'agression sioniste. La fermeture de Rafah, le refus de toute aide humanitaire, la responsabilisation du Hamas et le reste. Moubarak est complice, conscient et actif, de la tuerie, c'est ce que la rue Arabe ressent et exprime dans ses manifestations. Ce parti pris de l'Egypte, renforce le rôle de la Turquie, qui, pour la première fois prend l'habit d'un interlocuteur important. Cela n'aboutira pas, parce que le prix demandé à Hamas est exorbitant : sa reddition pure et simple. Malgré les assassinats, les Islamistes palestiniens continuent à lancer les missiles artisanaux, une quarantaine par jour. Ils ne sont pas vaincus de leur point de vue, pas au point d'abandonner la lutte armée. L'Europe est en plein désarroi, entre la présidence tchèque et Sarkozy qui fait son numéro. Le Monde Arabe, n'a pas réussi à dégager une position commune. La raison explicite c'est le Hamas. Choisi démocratiquement par les palestiniens, mais désigné comme organisation terroriste par l'occident. Ce dilemme en cache un autre : le droit du peuple palestinien à la résistance, car le problème c'est l'occupation, le reste n'en est que la conséquence. Tout se passe comme si l'objectif déclaré d'Israël «détruire le Hamas» était partagé par la majorité des Etats, y compris arabes. C'est un objectif irréalisable tant que l'occupation durera. Les crimes commis à Ghaza renforcent l'aura des Islamistes. Les combats cesseront de toutes les manières avant l'intronisation d'Obama. C'est l'accord passé entre Israël, Bush et le président US élu. Le nombre de victimes sera très élevé, mais cela, la diplomatie n'en a cure.


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