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Les nouvelles stratégies de la police (2ème partie)
Publié dans La Gazette du Maroc le 15 - 03 - 2004

La petite criminalité : vols à l'arraché, cambriolages, agressions
Le deuxième aspect de la sécurité au Maroc repensé et redimensionné pour plus d'efficacité sur le terrain est la police judiciaire elle-même. Celle-ci opère à cheval entre la prévention et la répression et se voit concernée par les principales affaires criminelles du pays. Spécificité marocaine : c'est la “ petite ” criminalité, constituée de vols à l'arraché et de cambriolages de domiciles, qui gangrène la société marocaine et notamment les grandes villes du Royaume. Avec pour point noir, Casablanca. Le nouveau programme de la Direction Générale de la Sûreté nationale entend mettre en œuvre un ambitieux projet de lutte contre ces fléaux. Au menu, des profilers marocains pour affiner les enquêtes et une approche logistique qui a pour mot d'ordre «science» et “synthèse” du paysage criminel marocain.
Son activité ressort notamment lors des enquêtes, arrestations et présentations devant la justice des prévenus. Tout comme la police de proximité des nouveaux commissariats de quartiers, le service national de la police judiciaire est aujourd'hui remodelé par la nouvelle philosophie que tente de mettre en place le Royaume. La police judiciaire ne doit pas travailler en marge de la société, mais pour cette société et en étroite collaboration avec elle. Dans son action, la première criminalité qui interpelle et gangrène les grandes villes marocaines est représentée par : les vols à l'arraché, les attaques à l'arme blanche (pour vol) et les cambriolages des maisons avec effraction. Cette criminalité, qualifiée de «petite» dans le jargon professionnel des polices du monde, est la plus répandue dans nos villes, particulièrement à Casablanca qui concentre la majorité des cas connus d'agressions et de vols. D'autres villes souffrent du fléau, à une échelle moindre : Meknès, Rabat et Fès. Pourtant, cette petite criminalité cause un préjudice psychologique considérable au milieu de la société marocaine, car elle sème, bien plus que le détournement d'un chèque de 3 millions de dh, l'insécurité et le malaise de vivre au quotidien dans les rues des villes. Même si les voleurs ne commettent que des larcins, ils causent des dégâts symboliques importants et frappent de plein fouet la dignité, le sentiment de sécurité et d'unité des Marocaines et des Marocains. La criminalité en col blanc obéit à certaines règles locales, qui font sa particularité au Maroc, avec son propre profil de l'agresseur, ses propres méthodes de travail et de fuite, sa logique interne que la police judiciaire doit maîtriser pour en venir à bout.
Une police de profilers
Jusqu'à un passé très récent, la police judiciaire, de concert avec le parquet, arrêtait les auteurs des petits crimes et les présentait à la justice afin de purger leurs peines. Les affaires étaient «oubliées» par la PJ, interpellée chaque jour par de nouveaux vols à la tire ou autres cambriolages de domiciles. Depuis que les nouvelles stratégies et directives ont été mises en place, la mission des policiers n'est plus seulement d'arrêter le criminel, de considérer en général qu'il agit seul, de dresser son procès-verbal et de l'envoyer vers les juges. On sait que dans une majorité de cas, les prévenus ressortent des prisons et recommencent leurs activités, en plongeant souvent dans une spirale sans fin de violence qui les transforme en récidivistes convaincus. Plusieurs questions, qui permettent d'adapter la police judiciaire à la nature du criminel et du milieu criminogène que nous avons au Maroc, doivent être posées : à quels types de criminels avons-nous affaire dans les grandes villes ? Quelles sont la typologie des criminels et leurs parcours ? S'agit-il de bandes et de gangs organisés ou de simples individus qui sévissent de leur propre chef ? Faut-il agir sur les réseaux et donc adapter la méthode préventive et répressive à bon escient ? Si oui, comment le faire ? De quelle manière précise et quels policiers formés faut-il placer dans le milieu criminogène pour engager la lutte ? Autant de questions pertinentes qui n'ont jamais été posées radicalement et avec le but avoué de chambouler les méthodes de la maison et des équipes de la police judiciaire.
Pour s'adapter et évoluer avec la nature du criminel, la police judiciaire a opté pour une approche scientifique qui prend en compte les profils et les milieux concernés par la lutte. Et le concept de «synthèse» est l'une des solutions proposées par la Direction générale de Rabat. Lutter contre le récidivisme des petits criminels et atteindre de meilleurs pourcentages de résolution d'affaires passent par une nouvelle vision du terrain et des moyens à utiliser. La police a développé son action préventive qui prend son sens à travers les commissariats de proximité, les rondes régulières des brigades et la présence, dans les quartiers, d'effectifs pour dissuader les criminels de vols à l'arraché et les agresseurs. Prêtes à intervenir, les unités forment l'une des facettes de la lutte contre le brigandage et de la répression du crime par la justice.
L'autre facette, qui table sur le moyen terme avec pour objectif de sécuriser durablement les villes et d'instaurer un système policier scientifique, fiable et performant, consiste en l'étude du phénomène à l'aide d'outils modernes et de la technologie pour s'acheminer progressivement vers une topographie du crime dans les villes marocaines. La police travaille désormais pour recouper les informations, les analyser selon les méthodes rigoureuses des grandes écoles de police du monde, afin de construire une banque de données capable de reconnaître les périmètres urbains où agissent en général les criminels et de fournir des profils de base pour le travail des enquêtes. Dans bien des cas, il suffira alors de placer une patrouille non loin de ces périmètres, d'installer un réverbère dans une rue ou de créer un poste de police dans un quartier résidentiel, pour limiter les dégâts de la petite criminalité et prévenir bien des drames. La police espère mettre en évidence des schémas d'analyses et de recoupements qui permettront d'améliorer l'efficacité de la lutte, à travers une meilleure conception du paysage criminel qui sévit dans quelques grandes villes.
Les policiers de demain
C'est une évidence que pour toute machine nouvelle, il faut former ses machinistes. Si le recrutement des hommes de la police tend actuellement à privilégier les cadres et les personnes qualifiées, c'est à dessein que le Maroc s'achemine vers une conception «intellectualisée» de la gestion des forces de l'ordre, en mettant en avant les capacités et les compétences des individus plutôt que l'importance des moyens et l'ampleur de la répression à instaurer. Les recrutements opérés dernièrement ont tous concerné des cadres de la police. Une manière de mettre en place la nouvelle démarche pour les années à venir en vue de renforcer le niveau d'instruction du corps des forces de l'ordre.
Des rotations de remise à niveau et de formation accélérée ont été mises en place pour les anciens, d'une durée de dix ou quinze jours. Ces recyclages ont été prévus pour permettre aux policiers, une à deux fois par an, de s'imprégner des principes du travail de proximité, de mieux comprendre la nouvelle mission de leur travail perçue comme une prévention du crime et non comme un instrument d'intervention uniquement. Des hommes capables de prévenir et de mieux s'impliquer dans l'analyse des données de la réalité du crime au Maroc, de procéder à des déductions et des recoupements d'informations. La police marocaine se dirige, depuis le réveil du 16 mai, vers une sécurité métropolitaine qui prend en compte divers paramètres inédits. A l'instar des autres grandes villes du monde, il est urgent de redessiner les schémas de la criminalité de Casablanca, Rabat ou Meknès. Avec pour priorité d'assainir les espaces urbains et de mettre un terme au sentiment d'insécurité qui s'est installé depuis quelques années.


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