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Le Maroc fait le point
Publié dans La Gazette du Maroc le 29 - 11 - 2004


Tremblements de terre
Le 24 février dernier, à 2 heures 27 minutes du matin, un fort séisme secouait la région d'Al Hoceima, dans le nord marocain, causant d'importants dommages dont les traces sont toujours visibles aujourd'hui. Neuf mois plus tard, les autorités marocaines se rassemblaient – dans le cadre d'un atelier sur la problématique des séismes au Maroc – pour dresser un bilan et se préparer pour la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes devant se tenir prochainement à Kobé, au Japon.
C'est ce 24 novembre 2004 qu'étaient rassemblés à l'hôtel Tour Hassan de Rabat représentants gouvernementaux, scientifiques, industriels et experts en activité sismique. Organisé par le ministère chargé de l'Aménagement du territoire, de l'eau et de l'environnement, l'atelier d'une journée était l'occasion pour les autorités concernées de revenir sur la problématique des séismes au Maroc et d'analyser la façon dont la crise d'Al Hoceima avait été gérée. Dernière secousse majeure survenue en territoire marocain, le séisme du 24 février dernier avait atteint une amplitude de 6.0 sur l'échelle de Richter, causant la mort de 628 personnes, en blessant plus de 900 autres, et générant d'importants dommages matériels, surtout en milieu rural. Neuf mois après le désastre, et à 60 jours de sa participation à la Conférence mondiale de Kobé sur la prévention des catastrophes, le Maroc est appelé à dresser un bilan de la situation et à s'interroger sur l'efficacité des mesures prises avant, pendant et après les séismes.
Kobé : 10 ans après
La 2ème Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes se tiendra du 18 au 22 janvier 2005 dans la ville de Kobé, au Japon, 10 ans après qu'un important tremblement de terre ait secoué la région. À 5 heures 46 du matin, le 17 janvier 1995, les habitants de Kobé étaient réveillés par le plus important séisme qui ait frappé le Japon depuis 1923. La secousse allait atteindre une magnitude de 6.9 sur l'échelle de Richter, détruisant plus de 100 000 édifices et laissant sans abri plus du cinquième de la population – 300 000 personnes. Le gouvernement avait estimé les coûts relatifs à la reconstruction des seuls édifices et services gouvernementaux à 150 milliards de dollars. Les coûts totaux de reconstruction en faisaient à l'époque le désastre naturel le plus coûteux de l'histoire moderne – la secousse n'aura duré que 20 secondes. Aujourd'hui reconstruite grâce à l'expertise japonaise
en matière d'architecture parasismique, Kobé recevra représentants et experts du monde entier qui viendront échanger leurs points de vue sur les progrès réalisés au cours des 10 dernières années, mais surtout s'entendre sur les objectifs à atteindre et les mesures à prendre pour la décennie à venir. Un comité préparatoire de cinq pays plus le Japon est en charge de dresser l'agenda et de chercher à obtenir un consensus parmi les pays participant à la conférence. Le Maroc a d'ailleurs été sélectionné comme membre du comité et représentant officiel du continent africain. “Dans ce contexte, le Maroc entend jouer pleinement son rôle pour favoriser un véritable dialogue entre les différentes nations”, a affirmé le secrétaire général du secrétariat d'Etat chargé de l'environnement lors du discours d'ouverture de l'atelier. Chaque pays est appelé à présenter à Kobé un rapport sur la gestion des catastrophes et les mesures mises en places au cours des dix dernières années.
Un risque réel
“Le Maroc est quand même situé sur une faille sismique“, a souligné Emmanuel Dierckx de Casterlé, représentant résidant à Rabat du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). “D'Agadir jusqu'à Al Hoceima, personne n'est à l'abri et nous ne pouvons éviter [la menace]”, a-t-il ajouté. Bien que certaines zones aient enregistré, historiquement, une activité sismique beaucoup plus significative que le reste du territoire, et que le Maroc soit considéré comme une zone sismique modérée, certains spécialistes soutiennent qu'un risque potentiel existe pour l'ensemble du royaume. “Il y a certaines zones qu'on connaît encore mal. Parfois il y a une activité sismique, même très faible, qui peut signaler un potentiel sismique important dans le futur“, a expliqué Jabour Nacer, du laboratoire de géophysique du Centre national pour la recherche scientifique et technique. Le problème s'explique, a-t-il ajouté, par la répartition inégale des stations de mesure à l'échelle nationale. “La distribution des stations a été dictée par les sites d'incidence”.
Des mesures appropriées?
Bien que certains progrès aient été réalisés au cours des dernières années en matière de gestion de sinistres, l'atelier du 24 novembre était l'occasion pour plusieurs intervenants de souligner les lacunes qui subsistent. Le séisme d'Al Hoceima aura d'ailleurs permis d'identifier certains des problèmes au niveau des mesures mises en œuvre par le Maroc.
“Malheureusement, l'alerte sonnée en 1994 n'a pas donné grand-chose”, a souligné le colonel Mohamed Benziane, de la Protection civile. “On n'a pas capitalisé sur l'expérience de 1994”. Benziane a affirmé que le séisme qui avait secoué la région d'Al Hoceima il y a 10 ans aurait dû permettre de mettre en œuvre aujourd'hui des moyens plus efficaces. “On nous a laissés le temps de faire beaucoup de choses, mais on n'a rien fait”, a-t-il ajouté, en soulignant que certaines erreurs commises au niveau opérationnel auraient, selon lui, pu être évitées. Le transport de journalistes vers le lieu du sinistre aurait notamment précédé celui d'équipes d'urgence lors du désastre de février 2004.
Le colonel Benziane a de plus rappelé l'importance d'un contact direct entre les intervenants des divers services d'urgence et gouvernementaux, pour permettre un déploiement rapide et efficace en situation de crise. “La majorité des incidents des 20 dernières années au Maroc est survenue le week-end, lorsqu'il n'y a pas de chef, et que toutes les organisations sont bouclées”, a-t-il fait remarquer.
Le RPS 2000 : prévenir l'effondrement
Une étape importante a été franchie en 2002 lors de l'adoption de Règlement de Construction Parasismique (RPS 2000) relatif aux bâtiments. Approuvé par décret et rendu applicable à partir du 22 février 2002, ce règlement établi certains paramètres devant être respectés lors de la construction d'édifices pour renforcer leur résistance aux secousses sismiques. “On est en droit de se demander quels sont les moyens de contrôle dont nous disposons pour s'assurer que ce code est appliqué”, a lancé Mme Rajae Chafil, directeur de la surveillance et de la prévention des risques au Ministère Chargé de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement. Mme Chafil a ainsi soulevé un problème bien réel qui ne s'applique malheureusement pas qu'aux normes parasismiques. Le Maroc dispose de plusieurs lois, tous domaines confondus, dont l'application est toujours au stade de projet. “Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation et de formation à faire auprès des architectes et des populations”, a expliqué Mlle Hayat Sabri, chef de service de la réglementation et des prescriptions sécuritaires au ministère délégué chargé de l'habitat et de l'urbanisme. “Il faut aussi former les gens qui travaillent sur les dossiers d'autorisation”, a-t-elle ajouté. Le fait qu'il soit impossible de déterminer si une infraction au RPS 2000 a été commise en observant un édifice déjà construit complique le processus de contrôle. Mlle Sabri a affirmé qu'avant le séisme de février 2004, son service avait reçu bon nombre de plaintes concernant les coûts additionnels reliés à l'application de normes parasismiques. Les plaintifs se sont faits beaucoup plus rares après que le sinistre ait remis en évidence l'importance de telles mesures. Pour un édifice de construction simple, les coûts additionnels reliés à l'application du RPS représentent environ 3 pour cent. Le RPS 2000 s'applique aux constructions nouvelles et aux bâtiments existants devant subir des modifications importantes. Il ne couvre que les structures en béton armé et en acier, et exclut ainsi les constructions traditionnelles – lesquelles prédominent en milieu rural, et subissent les dommages les plus considérables lors de secousses sismiques.


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