Samira Erraidi Contrôleur aérienne, Formateur à l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile "Nous avons tous dans la famille ou un orphelin une personne nécessiteuse. J'ai toujours pensé que j'avais beaucoup de chance de grandir dans une famille comme la mienne, des parents instruits, assez aisés. Autrement, j'aurais tout naturellement pu être orpheline, finir petite bonne ou prostituée… Faire du bénévolat pour moi, c'était une manière d'exprimer une certaine gratitude. J'ai commencé à en faire quand j'étais à la faculté. En 1999, j'ai commencé volontairement à travailler avec l'association Bayti que j'avais spontanément contactée. Mon premier terrain de bénévolat était donc les enfants de la rue. Avec le temps, je me suis rendue compte que l'association Bayti devenait tellement bien structurée et organisée que le bon déroulement de son travail ne nécessitait plus de bénévoles. Pendant cette période, une amie médecin m'avait contactée pour me proposer de donner de mon énergie et de mon temps ailleurs, à l'orphelinat de Sidi Bernoussi. Là-bas, ma première action de volontariat était de contacter un maximum d'ophtalmologues pour solliciter leur soutien à des consultations gratuites en faveur des enfants de l'orphelinat. Puis, pendant mon premier ramadan au sein de cette association, j'ai organisé une collecte d'argent auprès de mes collègues de l'ONDA. J'avais alors réussi à leur "arracher" une somme intéressante. Chaque petite réussite du genre me motivait encore plus pour continuer… Mes actions de bénévolat se sont donc multipliées au sein de l'orphelinat, jusqu'à ce que j'en devienne la Secrétaire générale, mais toujours à titre bénévole. Maintenant, quand je ne suis pas au boulot, je suis à l'orphelinat. C'est un grand sacrifice personnel. On y donne de son temps, de son énergie et de sa vie familiale, mais c'est en même temps un grand épanouissement personnel qui n'a pas de prix !".