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Chances et risques de la transition
Publié dans La Gazette du Maroc le 23 - 01 - 2006


“Appel citoyen”
En s'organisant en association, les initiateurs de “l'Appel citoyen” soulignent que la réussite de la transition démocratique est l'enjeu primordial de la phase actuelle. Contribution
à un débat exigeant plus que jamais clarté et cohérence…
Six mois après le lancement de «l'Appel citoyen», ses initiateurs s'organisent en association. Il s'agit pour eux de conférer à leur initiative la pérennité et un cadre d'action adéquat.
Cette mobilisation retient l'attention car elle est peu courante et qu'elle se focalise sur un débat central aujourd'hui pour le pays. En effet, l'accent est mis ici sur le caractère spontané de cette initiative en tant qu'expression d'une frange de la société civile. La motivation première qui est revendiquée est celle d'un soutien sans ambiguïté à la transition démocratique que vit le Maroc. Attitude qui d'une part veut mettre en évidence les progrès atteints et pousser à la roue pour de nouvelles avancées et d'autre part s'opposer avec vigilance à toutes «manœuvres»
tendant à dénigrer ou remettre en cause ces progrès auprès de l'opinion publique.
Le cadre associatif permet de fédérer des voix émanant de sensibilités ou de mouvements divers autour de cette préoccupation précise. Cela est censé garantir au-delà de toute contrainte partisane, la possibilité de se positionner sur des «valeurs» et sur un sentiment d'urgence.
Cherchant à cultiver un potentiel de débat dans la société civile au-delà des cloisonnements politiques habituels, cette démarche veut disqualifier les manichéismes faciles, mettre en lumière la nature de l'évolution entamée et contribuer à celle-ci malgré les «difficultés objectives» et les «incidents de parcours».
Rappelons que, en juin dernier, les auteurs de l'Appel citoyen avaient d'abord tenu à mettre en garde contre une multiplication devenue alarmante d'articles de presse et de déclarations, dont celles de Nadia Yassine, la fille du leader d'Al Adl Wal Ihsane, qui présentaient la situation du pays sous un jour catastrophique.
L'Appel souligne que ces «manœuvres» visent à créer «un climat d'instabilité, de suspicion et d'incertitude» conduisant à une tentative de «démoralisation de l'opinion publique».
L'Appel «s'inscrit en faux contre ces allégations» et témoigne que, malgré des difficultés, «le climat général est sain et pacifique dans le contexte actuel de la transition». Il souligne aussi que «le Maroc traverse l'une des périodes les plus fécondes de son histoire» marquée par «une dynamique de changement».
La question
fondamentale
Les adversaires de ce processus d'évolution, dont les motivations sont diverses, cherchent à le remettre en cause à force de «vociférations, excès, mensonges et surenchères».
Face à ce qui était devenu une cabale grandissante, l'Appel a aussi voulu opposer, outre une protestation véhémente, l'invocation de la conscience citoyenne.
Il a rappelé que si dans un Etat de droit il y a des libertés et des droits, il y a aussi «des obligations qui s'imposent à tous» et que pour cela la loi doit s'appliquer «sans zèle mais sans laxisme».
Néanmoins et n'en déplaire à ceux qui ont voulu discréditer l'Appel en le taxant de «répressif» et d'entreprise «d'orchestration et de manipulation» par le pouvoir, la préoccupation essentielle qu'il exprime n'est pas d'ordre coercitif mais consiste plutôt à alerter l'opinion publique, à dénoncer et démystifier.
La question fondamentale que l'Appel a eu le mérite de rappeler au cœur du débat est celle de la nature de la phase que vit aujourd'hui le pays. Y a-t-il ou non une transition, une évolution vers un système démocratique ?
La réponse par l'affirmative n'exclut pas la diversité des nuances d'appréciation quant à la profondeur et au rythme de cette évolution. Il ne s'agit pas de verser dans un «béni-oui-ouisme» atavique vis-à-vis du pouvoir mais d'évaluer les chances réelles que recèle cette phase et d'y inscrire les actions pouvant les transformer en progrès durables.
Il existe, cependant, des réponses négatives qui considèrent qu'il n'existe aucune transition ni aucun changement et que le système «makhzénien» perdure invariablement, demeure répressif et porteur des mêmes injustices. Cette perception se réfère à des modèles plus ou moins cohérents, nostalgiques du radicalisme révolutionnaire ou du Califat passéiste et mythique.
Il y a, cependant, un troisième type d'attitude qui ne peut guère aider à apporter de la cohérence et de la clarté dans la perception et l'évaluation des réalités du pays. Il s'agit de l'acharnement de certains journaux à s'ériger en opposition systématique, sans se
soucier de leurs propres contradictions alors qu'ils utilisent sans discernement tout et son contraire pour alimenter leurs attaques. Ils mettent à contribution, pêle-mêle, tout ce qui paraît confondre, dénoncer et diminuer le pouvoir et les forces soutenant l'évolution actuelle. Tout est bon à prendre pour ce faire, que cela émane des islamistes intégristes, des ex-gauchistes, de Driss Basri, du Polisario ou de quiconque. Ceci à seule fin de multiplier les traits négatifs, sans rien relativiser, sans le moindre souci de cohérence, d'objectivité et de probité. Le tableau est au noir fixe de semaine en semaine. Avec, en plus, une fixation obsessionnelle et souvent puérile sur le roi et son image.
Le prix des libertés
Si les auteurs de ces attaques systématiques ont réellement le souci du devenir démocratique du pays, comme ils le prétendent, croient-ils qu'avec de tels procédés, ils y contribuent ?
Ce n'est pas la liberté de critiquer ou de se positionner qui est ici contestée mais seulement l'excès (toujours guetté par l'insignifiance) et l'absence de bonne foi et de rigueur intellectuelle et morale dans la critique et l'approche des réalités du pays. On peut y voir une sorte de maladie infantile de la démocratie, il faut prendre garde à ce qu'elle ne finisse par nuire à celle-ci.
Pire encore, on a aussi ceux qui recherchent le sensationnel à tout prix et qui sont prêts pour écouler leur produit à répandre, avec de gros titres, les icônes et les propos de sombres fanatiques ou colporter des rumeurs et des ragots invérifiés et diffamatoires ou encore grossir des faits insignifiants.
On peut d'ores et déjà évaluer les dégâts que de telles pratiques causent à l'émergence d'une culture démocratique dans le pays.
On relève hélas qu'il y a là encore survivance d'archaïsmes, même chez certains qui croient être « innovateurs » dans la presse et la vie publique. Aussi peut-on comprendre les appréhensions qui sont à l'origine de l'Appel citoyen.
Celui-ci rappelle que les libertés et les droits obtenus l'ont été «au prix de lourds sacrifices» et que «la transition du Maroc vers la démocratie est le fruit d'un long processus de maturation et de luttes». Il ne s'agit donc pas d'en mésuser à la légère, par superficialité et inconscience ou par crispation sur des ressentiments sans issue ou sur un utopique «référentiel» passéiste.
Ce serait faire le jeu de tous ceux qui, pour des intérêts inconciliables avec le développement démocratique, rêvent d'un échec de l'expérience actuelle du Maroc, voire s'y préparent.
Pour conjurer tout risque de régression ou même de stagnation, il est essentiel que le débat soit clarifié, enrichi et largement diffusé dans l'opinion publique. Les forces politiques et sociales et les médias sont ici fortement interpellés.


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