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France Culture. Libérez Ali ! : la revue de presse internationale de Thomas Cluzel
Publié dans Lakome le 20 - 09 - 2013

publie la revue de presse internationale de Thomas Cluzel sur France Culture, dédiée à la mobilisation pour la libération d'Ali Anouzla dans son numéro du 19 septembre.
Pour écouter la revue de presse de Thomas Cluzel, cliquer ici
Depuis deux jours, l'opinion publique marocaine est chamboulée par
l'arrestation d'un journaliste de renom, Ali Anouzla, directeur du
site d'information LAKOME, dans sa version arabophone. Ce dernier est
accusé d'apologie du terrorisme, après avoir publié sur son site la
vidéo d'un groupe terroriste d'AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique),
contenant des menaces contre le Maroc et des incitations à y commettre
des actes terroristes.
Aussitôt, précise le portail d'information AU FAIT MAROC, associations
des droits de l'Homme, journalistes et citoyens lambda ont unanimement
condamné cette arrestation. Tous expriment leur solidarité avec le
journaliste et se disent inquiets quant à cette nouvelle tentative de
l'Etat de frapper de plein fouet la presse indépendante, soucieux
également de la confiscation de la voix et des plumes libres qui
représente une restriction de la liberté d'expression. Seulement
voilà, alors que les voix de ceux qui appellent à libérer Ali Anouzla
ne cessent de s'accroître, précise l'article, nos partis politiques,
eux, sont clairement dans le camp opposé. Et ils enfoncent même le
clou, en accusant sur un ton virulent Ali Anouzla d'être au service de
l'ennemi ou encore d'incitation au terrorisme.
Il faut dire que le film incriminé est clairement un contenu de
communication marketing de la cellule terroriste, incitant les
Marocains à renverser la monarchie et à s'engager dans le jihad. En
clair, afficher une telle vidéo reviendrait finalement à distribuer
des centaines de milliers de tracts, appelant au jihad guerrier contre
l'Occident, à la destruction de la monarchie, de la bourgeoisie
marocaine et de tous ceux qui s'opposent à l'application de la charia.
Dès lors, la question qui se pose est celle-ci : peut-on en parler
pour informer le public et faire notre travail de journaliste, sans
pour autant transformer nos médias en tribunes au service des
terroristes ? Pour sa défense, le site LAKOME rappelle ce matin que
dès le départ, il a pris soin de préciser qu'il s'agissait là d'une
vidéo de propagande et qu'à aucun moment, bien entendu, il n'avait
pris partie pour les terroristes. Et d'ailleurs, dit-il, le fait même
de diffuser une vidéo d'AQMI est une pratique constatée couramment
dans les médias internationaux.
Autrement dit, avec ce raisonnement, les locaux d'Al Jazeera devraient
être saisis, les journalistes de la BBC arrêtés et le directeur de CNN
limogé. Tous ces médias ont diffusé à plusieurs occasions des messages
et enregistrements émanant d'Al Qaïda ou d'autres organisations
terroristes. Car informer n'a jamais été synonyme de galvanisation et
d'incitation au terrorisme, sauf, sauf visiblement au plus beau pays
du monde, comprenez : le Maroc.
Et c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui, puisque le site
américain, Site Intelligence Group, qui publie, chaque jour, des
dizaines de communiqués et de vidéos émanant de jihadistes radicaux,
vient à son tour de publier sur sa principale page, la vidéo d'AQMI,
celle là même qui a valu au journaliste Ali Anouzla une arrestation
fulgurante et son incarcération sous le coup de la loi
anti-terroriste. Idem pour le quotidien madrilène EL PAIS. Au point,
d'ailleurs, que pour faire bonne figure, peut-on lire sur le site
DEMAIN ONLINE, le ministre marocain de l'injustice et du peu de
libertés a décidé de poursuivre en justice le quotidien espagnol. Et
maintenant, que va-t-il faire interroge le journaliste ? Va-t-il
également appeler son homologue américain ? Et pourquoi pas aussi
donner un petit coup de fil à sa collègue française, Christiane
Taubira, puisque le site français Dailymotion n'a pas censuré la vidéo
d'AQMI ?
Certainement pas, car comme le précise toujours l'article, si le
ministre marocain insiste à poursuivre aujourd'hui uniquement EL PAIS,
c'est parce que les autorités en veulent au correspondant de ce
journal au Maghreb, bête noire du régime marocain. Et c'est d'ailleurs
aussi la raison pour laquelle Ali Anouzla, journaliste jugé trop
irrévérencieux et incontrôlable a été arrêté. Cette affaire est une
manipulation sournoise pour le faire taire, éclipser le site
d'informations LAKOME et aviser les autres journalistes qui oseraient
s'attaquer au vrai centre du pouvoir : la monarchie.
Il est clair, écrit encore ce matin LE QUOTIDIEN D'ORAN, que la
justice marocaine, sur ordre, a trouvé là un prétexte pour s'attaquer
au directeur d'un site indépendant, qui tranche avec la flagornerie
ambiante de la presse marocaine. Et d'ajouter, Ali Anouzla est devenu
une bête noire du pouvoir parce qu'il ne s'interdit aucun sujet, pas
même «l'absentéisme» du roi. Autrement dit, il est clair que ce
journaliste engagé pour la démocratisation de son pays était dans le
collimateur du Palais. Tout comme l'a été et l'est toujours d'ailleurs
son homologue Aboubakr Jamaï, dont on a fermé le Journal Hebdo.
Et le site LAKOME d'en conclure ce matin : oui, Anouzla est un
terroriste. Un terroriste qui puise sa plume dans l'encrier de la
dignité, pour dénoncer le vrai terrorisme pratiqué par l'Etat à
l'égard de ses « sujets ». Appauvrir les marocains, les distraire avec
des politicards, dilapider leurs deniers publics et mener des
politiques désastreuses tout au long des dernières années. C'est cela
le terrorisme. Bref, libérez Ali.


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