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Diabolisation!
Publié dans Lakome le 04 - 06 - 2011

Depuis sa naissance, le mouvement 20 février s'est distingué par rapport aux autres vagues de contestation dans le monde arabe. Au lieu d'entrer en guerre avec le régime en place, le mouvement s'est attaqué à la «corruption», faisant de la « dignité » son cheval de bataille, à la place du fameux +Dégage!+.
Pendant les premiers jours, ces slogans ont eu le mérite de rassurer les Marocains. Sincères, logiques et légitimes, ces slogans ne pouvaient que faire l'unanimité.
Capables de faire l'objet de plusieurs interprétations et de satisfaire tous les courants sans en offenser aucun, les revendications-phares dévoilées clamées lors de la première marche du dimanche 20 Février ont fait la force du mouvement. Beaucoup de marocains, toutes tendances confondues, s'y sont immédiatement reconnus.
Résultat: Moins d'un mois après une première marche populaire pacifique et exemplaire, le Roi fait un discours qualifié d'historique où il a promis une réforme de la Constitution, dans un sens plus ouvert et démocratique.
Aux yeux de nombreux observateurs, c'est une victoire. Comme par enchantement, le mouvement passe de la clandestinité et du rejet officiel à la reconnaissance, voire même à la gloire.
Un dénouement heureux? Alors là, pas du tout. Car cette première bataille, remportée dans la facilité, n'était que le début d'une guerre d'usure avec le Makhzen, qui se poursuit aujourd'hui encore, et dont personne ne peut connaître l'issue.
En effet, après le discours du 9 mars, le Maroc s'est divisé en deux. Ceux qui ont exalté après la promesse royale et les autres restés sur leur faim, car aspirant à des réformes beaucoup plus profondes que celles promises.
Le mouvement du 20F, lui, a continué d'investir les rues chaque dimanche. Une sorte de piqures de rappel pour dire que ce qui a été proposé par Mohammed VI ne suffisait pas.
Durant les premières semaines qui suivent le discours, les jeunes critiquaient cette histoire d'assemblée constituante verticale et mettaient en garde contre le risque de voir le pays se diriger pour une énième fois vers une Constitution octroyée.
Les débats faisaient rage, mais sans répression, jusqu'à ce que les jeunes du 20 février décident de franchir la ligne rouge. Le pique-nique devant le siège de la DST à Témara, soupçonné selon plusieurs témoignages, d'abriter illégalement un centre secret de détention et de torture, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Le 15 mai, était la date du premier Bloody Sanday du Printemps marocain.
Ce jour là, dès que les manifestants se sont approchés des locaux de la DST, l'Etat a carrément perdu son sang froid et a repris ses bons vieux réflexes de matraque.
Par mauvaise concomitance, au moment où les événements de Témara ont lieu, la position du Mouvement contre le festival Mawazine donne matière à une vive polémique.
Pour eux le festival « ne devait pas se tenir en raison de la conjoncture actuelle dans le monde arabe mais aussi et surtout en raison des méthodes peu orthodoxes dont Mounir Majidi fait usage pour booster le « festival du roi« au détriment du contribuable ».
Ces arguements, a priori, valables ont toutefois favorisé un amalgame très dangereux.
Les islamistes d'Al Adl Wa Ihssane ont rapidement sauté pour l'argument puis l'ont dévié de son contexte initial, laissant sous-entendre que le festival est à abolir définitivement.
Pour s'en persuader, il suffit de voir ce qui s'est passé avec le festival du Raï d'Oujda qui a été annulé à la dernière minute, alors que cette manifestation n'a rien à voire ni avec Majidi, et encore moins ces stars internationales, tant décriées, et dont les cachets animent des débats houleux entre Marocains lambda.
C'est donc contre la culture que les barbus s'emportent et pas autre chose. Une aubaine pour le Makhzen qui a profité, à son tour, du cafouillage pour crier haro contre l'inceste gaucho-islamiste et proférer, via certains médias aux ordres, des idées noires comme quoi les jeunes du 20 Février étaient instrumentalisés et récupérés par les extrémistes d‘Al Adl et de la gauche radicale.
Une théorie en partie vraie, mais qui sert surtout de prétexte pour incliner le Mouvement et le discréditer aux yeux des citoyens.
Finalement, plus ces jeunes du 20F sont sujets au doute, plus l'Etat resserre l'étau autour des manifestants. La répression peut alors continuer, d'autant plus que l'opinion publique devient un peu moins sympathisante en raison des inquiétudes sur l'implication d'Al Adl dans le mouvement.
A cet égard, il faut également faire remarquer que même la conjoncture arabe, qui a favorisé la création du 20F, ne se prête plus à une révolution du Jasmin. Ce qui se passe en Libye et en Syrie donne une mauvaise image de ce à quoi pourrait aboutir une «révolution mal gérée ». Et les anti-changements font de leur possible pour semer la peur dans l'esprit des marocains et leur faire croire que la jeunesse pacifique du 20Février cherche le chaos. Foutaise!
A présent l'on est en droit de se demander si l'Etat va continuer dans sa politique de tabassage en toute impunité? Le 20 Février haussera-t-il le ton encore davantage? Le projet de Constitution de Mennouni, une fois dévoilé, va-t-il apaiser les tensions ou les exacerber?….
Une réponse anticipée à ces interrogations est déterminante pour l'avenir du pays certes, mais il ne faut surtout pas oublier que le mot d'ordre, revient en premier et en dernier, au peuple marocain.
Comme le dit la Constitution, le pouvoir appartient à la nation qui peut l'exercer «directement par voie de référendum». On peut voter «Na3am» comme on peut voter le contraire.
Autrement dit, chacun peut dire «Merci Majesté, c'était génial », tout comme il peut insinuer «Non ce n'est pas suffisant. On en veut plus».
Le 20 février est libre de maintenir la pression d'ici le jour du référendum, aussi longtemps qu'il pourra le supporter, de même que l'Etat dispose de tous les moyens pour continuer de mater violemment des rassemblements pacifiques et cumuler des points négatifs qui commence, sérieusement, à bouffer une bonne partie des largesses de la nouvelle ère.
Attendez voir le jour du référendum. C'est en ce moment que la majorité sortira de son silence!


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