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De l'indulgence des juges
Publié dans La Vie éco le 12 - 07 - 2017

Le magistrat a compris qu'une peine de prison ne résoudrait pas les problèmes psychiques dont souffre le prévenu, que sa remise en liberté risque de le voir récidiver dans ses actes irréfléchis ou causer des dommages autrement plus graves. Alors, il attend de se baser sur une expertise scientifique, avant d'ordonner un éventuel placement d'office dans un centre spécialisé
Et c'est reparti pour un tour. Après le recueillement, la piété et la sérénité du mois de Ramadan, c'est donc l'heure des vacances estivales, durant lesquelles tout un chacun aspire à un repos bien mérité. Les tribunaux, eux, adoptent un fonctionnement en mode «ralenti», ce qui permet à tout le monde de souffler un peu. Sauf, bien entendu, le service des flagrants délits, qui illustre bien le fameux précepte de continuité des administrations publiques : elles ne s'arrêtent jamais...Et pour cause, la délinquance en général ne connaissant pas de point mort. Et donc, en cette belle matinée d'été, on juge quatre jeunes gens, présentés au tribunal en état d'arrestation. (Ce qui signifie que, depuis deux jours, ils sont en garde-à-vue dans les locaux du commissariat central). On leur reproche des «dégradations volontaires sur les biens d'autrui», ayant causé quelques dizaines de milliers de dirhams de préjudice : entres autres destruction de mobilier urbain, bris de glace et atteinte à la propriété privée ; ce qui , en langage clair, signifie que ces jeunes ont quelque peu saccagé les bus qui les ramenaient du stade, à la fin de la rencontre de leur équipe préférée, alors que d'autres jeunes s'en prenaient aux véhicules garés dans les boulevards, les vandalisant et volant tout ce qui était à leur portée.
Le président essaye de comprendre, constatant que la plupart des prévenus, fort jeunes, sont tous scolarisés. Certains en année du baccalauréat, d'autres en première année de faculté. «Pourquoi vous en prendre à ces bus ? Ils sont là pour vous ramener chez vous ? Pourquoi leur casser les vitres ? Vous aimez les courants d'air ?». Il est vraiment perplexe, le brave homme : cette violence gratuite le dépasse...et pourtant, ce n'est pas un novice non plus. Les violences, dégradations, meurtres et tout ça, il connaît bien. Il en a vu passer des énergumènes de tous genres. Mais là ? Les jeunes tentent une défense maladroite, arguant que les bus qui sont déployés dans la ville les jours de match sont d'une qualité inférieure à ceux qui circulent les jours normaux ; d'où sentiment de «hogra», de mépris ; d'où envie de vengeance. Tout simplement. La Cour comprend bien ce raisonnement (mais ne saurait l'admettre). Alors, on coupe la poire en deux, surtout que le plaignant n'est autre que la régie des bus, qui déplore des dégâts importants. Libération immédiate, un mois de prison avec sursis, et 500 DH d'amende ; le tribunal sait aussi que les jeunes ont peu d'argent, et qu'il ne sert à rien, même pas pour la dissuasion, d'infliger des amendes colossales. Le cas suivant est celui d'un homme, qui en un petit quart d'heure a brisé le pare-brise d'une dizaine de voitures à coups de marteau, avant d'être maîtrisé par les passants. Lui, il est bizarre : arrivé devant le président, en salle d'audience, il claque les talons, en un garde-à-vous impeccable et se présente : «officier X, Brigade Y...au rapport ; Mon Colonel».
Interrogé sur les faits qui lui sont reprochés, il déroule un raisonnement imparable. Les voitures saccagées étaient toutes garées du mauvais côté, sachant que dans certaines rues de la ville, il existe un stationnement alterné : un mois à droite, véhicules paires ; puis un mois à gauche. Règle en général peu respectée durant la nuit, alors que tous les habitants rentrent chez eux, et qu'il y a pénurie de places de stationnement. Alors en voyant cette «anarchie», «al fouda», comme il dit, son réflexe de militaire qui aime l'ordre, a aussitôt réagi : infraction = punition, et voilà. (Et c'est qu'il y croit dur comme fer.) Le président l'observe un instant, se penche vers son assesseur de droite, avec qui il échange quelques mots, puis fait de même avec celui de droite. Puis il prononce son arrêt, duquel il ressort que la demande de mise en liberté provisoire est rejetée, le dossier renvoyé à un mois plus tard, avec expertise médicale et psychiatrique sur le prévenu. Cette dernière aux frais de l'Etat.
Le magistrat a compris qu'une peine de prison ne résoudrait pas les problèmes psychiques dont souffre le prévenu, que sa remise en liberté risque de le voir récidiver dans ses actes irréfléchis ou causer des dommages autrement plus graves. Alors, il attend de se baser sur une expertise scientifique, avant d'ordonner un éventuel placement d'office dans un centre spécialisé. Et des audiences comme celle-ci, il y en a tous les jours, réservant à chaque fois son lot de surprises en tous genres. Ce qui attire régulièrement de nombreux badauds, venus observer le fonctionnement de la Justice en direct !


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