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«Le Maroc pourrait s'inspirer d'Israël en matière d'irrigation»
Publié dans La Vie éco le 09 - 12 - 2022

Ouf de soulagement pour les agriculteurs marocains. Les pluies sont de retour et devront soutenir plusieurs cultures, notamment fourragères et maraîchères. Peut-on pour autant être optimistes pour la suite de la saison agricole ? Eclairages de Abdelghani Youmni, économiste et spécialiste des politiques publiques, notamment dans le secteur agricole.
La Vie éco : Début décembre 2022, des précipitations tant attendues ont concerné plusieurs régions du Maroc. Est-ce que ces pluies contribueront-elles à sauver la saison agricole ?
Abdelghani Youmni : Au Maroc, «Gouverner, c'est pleuvoir», disait Théodore Steeg, ancien résidant général. Tout en étant optimiste par rapport à la poursuite de ces précipitations, il me semble évident qu'on ne peut pas dire, pour le moment, que les dernières pluies sauveront la saison agricole. Le véritable déterminant demeure le taux de remplissage des barrages qui dépend, quant à lui, d'importantes crues. Vous savez, le Plan Maroc Vert (PMV), réel soupape de l'agriculture marocaine, est fortement dépendant de l'irrigation moderne qui ne peut se faire de manière soutenable que si les barrages disposent de volumes optimaux d'eaux provenant des pluies. Le taux de remplissage actuel des barrages n'est que de 24% contre 34,5% au cours de la même période de l'année dernière. Le Maroc est en situation de stress hydrique réelle qui s'aggrave d'année en année. La sécheresse est un véritable problème qui mine le Maroc depuis plusieurs années, puisqu'il bride de manière importante la croissance économique du pays. Une économie qui reste primaire à cause de la typologie de la population active au Maroc, massivement rurale et dépendante d'une production céréalière occupant plus de 70% des terres arables.
Quelles sont les filières et les cultures qui bénéficieront le plus de ces pluies ?
Je tiens à souligner que ces pluies sont dispersées et insuffisantes, mais essentielles pour les cultures légumières qui permettent de couvrir les besoins du marché et assurer la sécurité alimentaire. Elles sont aussi utiles pour lancer l'année agricole pour les céréaliers et les cultures hivernales. Ces précipitations sont également réjouissantes dans la mesure où elles allégeront l'effort budgétaire que fournit l'Etat pour soutenir le monde agricole, puisqu'elles permettent la production de l'alimentation du bétail à faible coût. Rappelons que cet effort a atteint 5 milliards de dirhams en 2022 et une enveloppe de 4,2 milliards de dirhams en 2021.
A combien évaluez-vous l'impact d'un retard d'un mois et demi de précipitations sur la croissance en 2023 ?
Permettez-moi de rappeler que l'agriculture est le principal contributeur du Produit intérieur brut (PIB) au Maroc, à hauteur de 14%, soit environ 168 milliards de dirhams (MMDH). Elle contribue de 1,5 à 2 points à la croissance marocaine et représente 22% des exportations marocaines, soit près de 38 MMDH, doublés depuis la mise en place du PMV. Maintenant, pour répondre à votre question, il faut préciser que la sécheresse de 2020 a détruit 139000 emplois agricoles et 40 millions d'heures de travail, l'emploi agricole représentant 38% de l'emploi total. Ce phénomène est structurel depuis près de 40 ans, le Maroc subira de plus en plus les effets des changements climatiques avec des saisons agricoles en dents de scie, à cause de l'irrégularité des précipitations et la hausse des températures. Je pense que le retard des pluies doit être intégrée dans la feuille de route du gouvernement, en développant des alternatives crédibles et s'orienter vers des cultures moins aquavores. Cette crise devient de plus en plus visible et conduit à la désertification du monde rural et à la ruralisation des espaces urbains.
Se dirige-t-on vers la mise en place d'un autre programme exceptionnel pour le soutien des agriculteurs ?
Nous n'aurions pas le choix. La vision royale promeut l'inclusion et lutte contre les inégalités. Elle est à l'œuvre, et elle le sera davantage avec la mise en place du Registre social unifié pour développer une redistribution solidaire et ciblée. La nouvelle pyramide de partage n'est pas axée sur l'assistanat, mais sur la subvention des activités productrices de valeur ajoutée et d'emplois et surtout des aides favorisant la rétention des populations dans le monde rural. Ce qui est essentiel pour les équilibres démographiques, sociaux et alimentaires du pays.
Ce qui figure, pour rappel, parmi les principales réalisations du Plan Maroc Vert...
Effectivement, le PMV a été une véritable réussite. Les 147 milliards de dirhams investis ont permis de réduire notre dépendance alimentaire et de rendre compétitives, variées et exponentielles les productions agricoles marocaines et les prix accessibles à toutes les couches sociales. Aujourd'hui, sa duplication dans le cadre de la régionalisation avancée dépend d'une transformation de l'organisation productive et sociale, et ne pourra réussir que si elle est incarnée par les agriculteurs eux-mêmes.
Comment le Maroc pourrait-il, selon vous, lutter efficacement contre le stress hydrique ?
Le Maroc a largement pris conscience de l'importance du facteur «eau» comme frein ou accélérateur de la croissance, créateur de richesse ou source de récession et de troubles sociaux. Il est indéniable que notre modèle agricole est encore trop gourmand en consommation d'eau et pas assez rentable. Les cultures de la pastèque, de l'avocat et des tomates en sont l'exemple vivant. Aussi, la surexploitation des nappes phréatiques, la pollution et aussi la salinisation des sols ont-ils été responsables de la perte de récoltes.
A mon avis, le Maroc va devoir s'inspirer plutôt des pays qui possèdent de grandes composantes agricoles dans leur PIB mais qui ne disposent pas de ressources hydriques abondantes. Nous avons l'exemple de Singapour qui a réussi à atteindre l'autosuffisance en eau grâce au rajout de deux robinets à sa politique : l'océan et les eaux usées.
Israël figure également parmi les meilleurs élèves en gestion des ressources hydriques…
Tout à fait, Israël innove en matière de soutenabilité dans l'utilisation de l'eau, 86% de son agriculture est irriguée par des eaux usées retraitées, et il investit dans les usines de désalinisation, les stations d'épurations et la fertigation. Le pays compte seulement 10 millions d'habitants à un PIB supérieur à celui de l'Egypte avec ses 100 millions d'habitants. Aujourd'hui, Israël exporte plus de 4 milliards de dollars de produits issus de la technologie agricole et possède 50% du marché mondial de l'irrigation.


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