Le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a présenté, ce vendredi à la CGEM, à Casablanca, les grands axes du programme «Tadaroj », en incitant les entreprises à mettre en place des centres de formation par apprentissage destinés à des milliers de jeunes sans qualification. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Former 100.000 stagiaires par an d'ici 2030 dans des secteurs à fort potentiel d'emploi tels que l'artisanat, l'agriculture, la pêche, le tourisme, l'industrie et les services. C'est l'objectif que s'est assigné le ministère de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences. D'où la signature de contrat programmes avec les ministères de tutelle. Mais il sera difficile de relever ce challenge sans une implication du secteur privé. Younes Sekkouri l'a compris et multiplie les initiatives dans ce sens. Dernière en date, la réunion de travail qu'il a tenue, ce vendredi après-midi, avec plusieurs responsables de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), au siège du patronat. Durant presque deux tours d'horloge, lui et son staff ont présenté les grands axes du programme de formation par apprentissage «Tadaroj » lancé le 28 octobre dernier, en incitant les entreprises privées à mettre en place des centres de formation par apprentissage intra-entreprise (CFA-IE) pour former des milliers de jeunes sans qualification. D'après Naima Sabri, chef de la division des études au Département de la formation professionnelle, plus de 10.000 jeunes sont actuellement formés dans 56 CFA-IE (sur les 237 existants) pour la période 2024-2027, principalement dans les métiers de l'industrie automobile, du tourisme, de l'hôtellerie, du textile, de l'artisanat et de l'aéronautique. Un chiffre certes supérieur aux 8.400 apprentis en formation entre 2023 et 2024, mais qui demeure insuffisant selon elle. Même constat fait par Chakib Alj, président de la CGEM. Former des compétences en adéquation avec les besoins des entreprises À travers les futurs centres de formation, le département de Sekkouri ambitionne de qualifier les jeunes et les insérer dans le marché du travail, à travers un mode de formation pratique à raison de 80% de la durée globale en entreprise ou en exploitation, et de 20% dans les CFA qui assurent la formation générale et technologique. «L'objectif, c'est d'une part aider l'entreprise à structurer progressivement le recrutement de ses salariés et le développement des compétences en adéquation avec ses besoins et d'autre part favoriser l'insertion socio-professionnelle des jeunes, mais aussi la compétitivité de l'entreprise. Un dispositif gagnant-gagnant », a expliqué Naima Sabri, chef de la division Division des études au Département de la formation professionnelle. Comme pour rassurer davantage ses interlocuteurs, elle précise que la mise en place des CFA est régie par la loi 12.00 encadrant la formation par apprentissage, qui autorise les entreprises publiques et privés en à disposer, dans le cadre d 'une convention conclue avec l'administration de tutelle de la formation professionnelle. Formations gratuites et diplômantes Pour épauler le secteur privé et encourager la participation des jeunes, une subvention de 5.000 dirhams par apprenti a été instaurée, accompagnée d'une augmentation de 20% du soutien aux centres de formation par apprentissage. Les indemnités des formateurs ont également été revalorisées à 300 dirhams par stagiaire, afin de garantir une formation de qualité en milieu professionnel. Le ministère de l'Emploi les assiste également dans la prise en charge des coûts relatifs à l'assurance, la fourniture de bureaux, ainsi que les frais de gestion du programme à hauteur de 25%. Concernant le nombre de stagiaires à former, les grandes entreprises peuvent aller jusqu'à 10 à 20% de leurs effectifs, et les TPE pourraient se limiter à maximum deux personnes par type d'emploi, a-t-elle précisé. Les fédérations peuvent aussi créer des centres de formation interentreprises dédiés à l'ensemble de leurs membres. « Nous sommes venus aujourd'hui rencontrer la CGEM pour l'impliquer dans le programme Tabaroj, notamment en incitant ses membres à créer des centres de formation par apprentissage qui offrent des formations gratuites et diplômantes destinées essentiellement à des jeunes qui n'ont poursuivi leurs études pour différentes raisons », a déclaré Younes Sekkouri. Et d'ajouter : « Chaque année, environ 280.000 personnes quittent les bancs de l'école. Un chiffre énorme qui nous rappelle que l'urgence est là et n'attend pas et qu'il est temps d'agir.» Intégrer de nouveaux métiers Chakib Alj, qui a salué la démarche du ministre, a indiqué que l'apprentissage et l'alternance permettent d'intégrer progressivement les compétences techniques, pratiques et comportementales qui conditionnent l'insertion professionnelle. « Les entreprises en sont pleinement conscientes et prêtes à jouer un rôle accru, mais elles ont besoin d'être davantage accompagnées pour devenir de véritables lieux de formation », a-t-il ajouté. Mais pour le patron des patrons, la reconstruction du modèle d'apprentissage doit reposer sur plusieurs transformations structurantes : un cadre juridique unifié, l'intégration de nouveaux métiers, et l'élargissement de l'apprentissage à l'enseignement supérieur. Les présidents des différentes fédérations qui ont assisté à la rencontre ont également salué cette initiative et appelé le ministère à rehausser la subvention de 5.000 DH par apprenti et à définir les objectifs en termes de formation dans chaque secteur. Sekkouri souhaite accélérer la cadence. Il invite la CGEM à lui transmettre, d'ici le 15 décembre, la liste des entreprises qui s'engagent à créer des CFA-IE ainsi que leurs attentes en termes d'accompagnement et de soutien de son département. « J'attends impatiemment vos propositions et m'engage à les traiter rapidement avec mes collaborateurs afin que les centres de formation par apprentissage puissent être opérationnels dans les plus brefs délais », a-t-il conclu.