Les marchés financiers mondiaux évoluent avec prudence alors que les prix du pétrole dépassent désormais la barre symbolique des 100 dollars. Cette flambée est directement liée aux tensions géopolitiques autour de l'détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite près d'un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole. Sur les marchés, le baril de Brent a grimpé à environ 106 dollars, tandis que le pétrole américain West Texas Intermediate dépasse les 100 dollars. Cette hausse reflète les inquiétudes liées à la guerre en cours impliquant l'Iran et aux perturbations potentielles du trafic maritime dans le Golfe. Depuis le début du conflit et des bombardements menés par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, Téhéran a fortement perturbé la circulation maritime dans la zone. Les investisseurs surveillent en particulier la sécurité du détroit d'Ormuz, point de passage essentiel pour les exportations d'hydrocarbures vers l'Asie et l'Europe. Un léger soulagement est toutefois apparu sur les marchés après que deux navires transportant du gaz de pétrole liquéfié ont pu franchir le détroit en direction de l'Inde, laissant espérer que le flux énergétique ne sera pas totalement interrompu. Dans ce contexte, le président américain Donald Trump appelle ses alliés ainsi que la Chine à sécuriser les routes maritimes énergétiques. Washington fait pression pour une coopération internationale afin de garantir la libre circulation des pétroliers dans la région, tout en avertissant que l'absence d'action pourrait avoir des conséquences pour l'OTAN. Parallèlement, les grandes économies mondiales ont commencé à mobiliser leurs réserves stratégiques de pétrole pour limiter un éventuel choc énergétique. Selon l'Agence internationale de l'énergie, environ 400 millions de barils pourraient être injectés progressivement sur le marché afin de stabiliser les prix et éviter une flambée durable. Les marchés boursiers restent pour leur part relativement prudents. En Asie, plusieurs indices ont légèrement progressé grâce à l'espoir que les approvisionnements énergétiques continueront d'alimenter les économies régionales. L'indice Nikkei à Tokyo est resté proche de l'équilibre, tandis que la Bourse de Séoul a progressé de plus de 1 %. En Europe, la tendance reste plus hésitante. Les principales places financières évoluent dans le rouge, notamment à Paris, Francfort et Milan, signe d'une forte sensibilité des investisseurs à l'évolution du conflit et à ses conséquences économiques. La semaine s'annonce également décisive pour la politique monétaire mondiale. La Réserve fédérale américaine doit annoncer sa décision mercredi, suivie de celles de la Banque centrale européenne, de la Banque d'Angleterre et de la Banque du Japon. Les banques centrales pourraient adopter un ton particulièrement prudent face au risque d'un nouveau choc inflationniste lié à la hausse des prix de l'énergie. Une situation qui rappelle les crises pétrolières passées et qui pourrait peser sur la croissance mondiale si les tensions au Moyen-Orient venaient à s'intensifier.