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Le retour de l'UNFP, mythe ou réalité ?
Publié dans La Vie éco le 10 - 10 - 2014

La réactivation de l'UNFP pourrait bien présenter une solution, à moindre coût, à la crise de l'USFP.
Pour un rassemblement de la gauche sous une même bannière, il faut encore attendre beaucoup.
Le nom à lui seul ne suffit pas pour faire de l'UNFP un acteur majeur de la scène politique.
La gauche, et principalement l'USFP, retiendra certainement cette date. Dimanche 28 septembre, le comité central de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) se réunit pour la première fois depuis des années, après avoir pu régulariser sa situation auprès du ministère de l'intérieur. C'est la première fois qu'une instance du parti se réunit depuis la dernière réunion du bureau exécutif, tenue le 12 septembre 2007. Ces retrouvailles du comité central de l'UNFP, ou ce qu'il en reste, ont débouché sur deux décisions qui risquent de changer non seulement l'avenir du parti, mais éventuellement celui de l'USFP, voire, à terme, de toute la gauche. Il a été, en effet, décidé de nommer un comité préparatoire élargi, suffisamment élargi pour englober les contestataires de l'actuelle direction de l'USFP et d'autres personnalités et tendances de la gauche, en vue, et c'est la deuxième décision, de tenir un congrès national avant la fin de l'année. Selon toute vraisemblance, le congrès, le VIe en 55 ans d'existence après celui de mai 2007, devrait se réunir en décembre prochain. Bien sûr, la prise de telles décisions aura nécessité plusieurs mois de préparation, de formalités administratives, d'approches et de tractations entre ce qui reste de la direction de l'UNFP et une partie du clan adverse de Driss Lachgar, le premier secrétaire de l'USFP. Ceci pour les faits.
Les extrapolations et les interprétations qui en ont été faites abondent et les scénarios, du possible au plus improbable, sont innombrables. Oui, explique Ahmed Bouz, professeur de sciences politiques à l'Université Mohammed V de Rabat, «l'évocation de l'idée de réactivation de l'UNFP, bien qu'elle n'ait pas encore mûri à 100% pour être concrétisée immédiatement, est liée surtout à la recherche d'une solution en ce qui concerne la crise de l'USFP et aux difficultés de la gestion de la cohabitation de plusieurs clans au sein du parti, ou ce qui en reste. A ce jour, les initiateurs de ce projet ne sont pas encore arrivés à un accord global et tranché».
En conséquence, ajoute la même source, «de là à parler d'une solution miracle pour le rassemblement de tous les partis, courants et tendances de la gauche, c'est une autre paire de manches. L'idée existe certes, mais le débat n'est pas encore lancé au niveau de la gauche dans sa globalité». Aussi, le fait d'avoir prêté à l'ancien Premier secrétaire de l'USFP et ancien Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi, ou à l'ancien secrétaire général de la jeunesse USFP, Mohamed Sassi, ou à d'autres personnalités qui ont quitté l'USFP à un moment ou un autre ou encore à des ténors de la gauche l'intention ou la volonté de faire partie de cette initiative, n'est-il que pures spéculations qui ne reposent sur aucun fondement.
Même l'USFP, mis en avant dans cette aventure en tant que premier intéressé, sort de ses gonds pour tout rejeter. Il réfute d'ailleurs toute forme de crise interne et «condamne» ce qu'il appelle «des manœuvres visant l'USFP et recourant à des plumes aux ordres pour les mettre à exécution, puisque de fausses rumeurs sont publiées quotidiennement sur une crise au sein du parti n'épargnant même pas ses leaders historiques auxquels sont attribuées des initiatives, des actions ou des positions qui n'ont eu lieu que dans l'imaginaire maladif des responsables de la presse écrite et les sites électroniques qui comptent sur leurs méthodes de désinformation, pour véhiculer leurs mensonges en recourant à des formules telles ''des sources informées'' et ''sources proches'' et autres ''sources'' qui n'existent pas et qui servent à induire en erreur les électeurs», lit-on dans le dernier communiqué du bureau politique du parti. La direction de l'USFP peut continuer de nier l'existence d'une crise qui se reflète, notamment, au niveau de son groupe parlementaire, des cadres, de sa jeunesse et même du syndicat qui lui est affidé, il n'en reste pas moins que cela est loin de l'image de la citadelle paisible dont elle fait la promotion. La crise est bel et bien là. Et la question qui se pose aujourd'hui est dans quelle mesure la réactivation de l'UNFP peut en être une solution.
En tablant sur cette dimension symbolique, «les initiateurs du projet espèrent sans doute faire une autocritique du passé», explique Ahmed Bouz. De même que l'initiative vient certainement pour répondre à ce besoin de trouver un terrain d'entente pour des courants, pour ne pas dire des clans, qui n'ont en commun que cette étape florissante de l'histoire de la gauche.
Des considérations beaucoup plus terre-à-terre ont incité ses auteurs à envisager cette initiative. Ainsi, et c'est une réalité malgré l'ouverture constitutionnelle, il est de plus en plus difficile de créer un parti politique, surtout à la veille des élections. En effet, d'une douzaine de tentatives de création de nouveaux partis qui ont été annoncées et entreprises depuis la promulgation de la nouvelle Constitution (en juillet 2011) presque aucune n'a abouti. Seul le parti des néo-démocrates du politologue Mohamed Darif a pu voir le jour. Cela d'autant que, par le passé, toutes les tentatives de création de partis suite à une scission de l'USFP ont abouti à un échec total.
Pour ce type d'initiatives, il y a un prix à payer
Aucune formation née dans le giron de l'USFP n'a pu se positionner, en 30 ans, en tant qu'alternative crédible à ce parti. Même le PADS dont la création, en 1983, a pourtant suscité un élan d'adhésions considérable à travers toutes les régions du pays n'est arrivé à égaler, encore moins à supplanter l'USFP. Ce qui fait dire à M. Bouz que «toute tentative de faire naître un parti des cendres de l'USFP est d'avance vouée à l'échec». Le courant «Ouverture et démocratie», des amis d'Ahmed Zaidi, a certainement pris en compte cette donnée historique. D'où l'idée de rejoindre un parti déjà existant, tout en profitant d'un capital symbolique, un capital image et une notoriété politique, un cadre légal et, peut-être même, rééditer l'expérience du MPCD de feu Abdelkarim El Khatib, avec les islamistes du MUR. Expérience qui a débouché, comme tout le monde le sait, sur un parti fort qui a pu, en moins de 15 ans d'existence, accéder au pouvoir et diriger le gouvernement. Sauf qu'ici les nouveaux transfuges ne parlent pas d'un simple acte d'intégration de l'UNFP, mais d'un processus de refondation du parti. Il subsiste néanmoins un léger obstacle d'ordre légal et constitutionnel. Et il concerne principalement les parlementaires désirant rallier l'UNFP une fois ressuscité (Ahmed Zaidi, Ahmed Chami, Hassan Tariq, Mehdi Mezouari, Saïd Chbaâtou et Abdelali Doumou, les figures de proue du «courant Ouverture et démocratie» derrière cette initiative, étant eux même des élus de la première Chambre). Pour ceux-ci, rejoindre un nouveau parti revient à enfreindre l'article 61 de la Constitution. Ils risquent ainsi d'être déchus de leur mandat, sauf s'ils retardent leur départ de l'USFP jusqu'à la veille des élections législatives de 2016. Ce qui revient à retarder tout le processus de près d'une année et, par conséquent, rater les élections locales. Autre difficulté que pourrait représenter ce projet, en plus de l'impossibilité de rassembler tous les détracteurs de Driss Lachgar autour d'un même projet, la réaction de l'actuelle direction de l'UNFP qui n'est pas encore connue puisque ses membres sont loin d'être unanimes sur ce projet. La réaction de l'UMT dont l'UNFP représente, en quelque sorte, un bras politique, compte également. Mais à quel point ? Personne ne le sait encore.
Un catalyseur pour le rassemblement de la gauche ?
Cela d'autant que, affirme Ahmed Bouz, «l'on est tenté de poser la question si le fait de penser, même de manière officieuse, à ressusciter l'UNFP n'est pas un signe d'une rupture consommée au sein de l'USFP ou alors ne serait-ce pas un moyen de pression sur la direction de l'USFP ? Et à quel point cette décision de quitter l'USFP pour un autre parti peut être considérée comme définitive? Tant de questions pour lesquelles nous n'avons pas encore de réponse». Certes, le courant d'Ahmed Zaidi continue à poser ses conditions pour rester à l'USFP. Et l'une de ces conditions, pour le moins rédhibitoire, est que Driss Lachgar quitte son poste de Premier secrétaire. Autant dire que la rupture est définitive.
Le ralliement de l'UNFP n'est donc qu'une question de temps et surtout de timing politique. Et c'est justement ce timing qui empêche, pour le moment, que la réactivation de l'UNFP puisse servir de catalyseur pour le rassemblement de toutes les composantes de la gauche dans un même projet politique. En effet, estime M. Bouz, «le fait que cette initiative intervienne à la veille des élections locales et régionales crée une certaine crainte chez les autres tendances de la gauche. Celles-ci, surtout celles d'entre elles pour qui le processus électoral ne représente pas forcement une priorité, abordent l'initiative avec quelques appréhensions. Il y a une certaine crainte, justifiée d'ailleurs, que la volonté de réactiver l'UNFP ne soit dictée par un calcul politique et électoral de certaines personnalités de l'USFP. Ainsi, ceux qui risqueraient de ne pas se voir accorder l'accréditation de ce parti pourront bien se servir de l'UNFP comme parapluie électoral». Cela en plus, bien sûr, de l'absence de tout débat sur la question avec toutes les autres composantes de la gauche. Le rassemblement de la gauche dans un cadre unifié, n'est donc pas, ou pas encore, mis sur la table des négociations. Il faudra certainement attendre le résultat de cette première étape avant d'envisager la suite.
Un parti d'hier dans un Maroc d'aujourd'hui
En attendant, justement, se pose une autre question : Quelle valeur ajoutée peut apporter au Maroc d'aujourd'hui un parti qui a connu ses heures de gloire au début des années 60 du siècle dernier ? L'UNFP a survécu comme idée, il a certes une valeur symbolique, mais comme appareil, le parti n'existe plus. Or, «malgré la dimension symbolique et surtout la portée nostalgique que représente l'UNFP, en tant qu'étiquette politique, sa vraie valeur ajoutée n'est pas liée à son nom, mais à l'importance du projet qu'il porte», explique Ahmed Bouz. Tel que l'on veut le ressusciter, l'UNFP représente-t-il une alternative à ce qui existe déjà comme partis politiques (environ 34 partis reconnus au total) ? Car ce ne sont pas les partis ni les cadres partisans et les élites électorales qui manquent. De même qu'un parti, et il en existe tant, peut se contenter d'exister et de participer aux élections sans pour autant apporter une quelconque valeur ajoutée en termes d'encadrement ou de formation politique des citoyens ni en termes d'idées politiques transformables en politiques publiques. En effet, poursuit l'enseignant universitaire, «si ce n'est pas un projet fondé sur une vision nouvelle des choses, si ce n'est pas une alternative à l'existant et si ce n'est qu'une reproduction de ce qui existe déjà, alors cette initiative de réactiver l'UNFP n'apportera aucune valeur ajoutée». En définitive, le nom, aussi illustre soit-il, ne représente rien si derrière lui il n'y a pas un contenu, des idées, une vision et des projets politiques. C'est que, affirme notre interlocuteur, «le Maroc n'a pas besoin de davantage de partis, mais de programmes, de choix de politiques publiques. Nous avons besoin de partis avec beaucoup d'idées et d'idéologie en plus du travail et d'action bien sûr». Certes les élections sont le seul moyen pour réussir la transition démocratique, mais un parti ce n'est pas seulement cela, il est aussi fait pour sensibiliser et former politiquement des citoyens avant de prétendre à l'exercice du pouvoir. Aussi est-il difficile, au point où en sont les choses, d'imaginer comment un parti né dans un contexte des années 50 puisse encadrer et former une population qui ne porte pas les mêmes idées et les mêmes valeurs et ne fait pas face aux mêmes défis d'il y a 60 ans. La réalité du Maroc a changé, la structure de la société a changé et la représentation que se font les Marocains de la politique, des partis et des politiciens a changé depuis. La nouvelle version de l'UNFP saura-t-elle prendre tous ces changements en compte ? Les jours à venir nous le diront.


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