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Le taux de réalisation du programme de logements à 140 000 DH est à peine de 22%
Publié dans La Vie éco le 17 - 11 - 2015

Sur près de 157 000 unités qui devaient arriver sur le marché, seuls 34 000 habitats ont été effectivement livrés. Les petits promoteurs se sont engagés en juillet dernier à construire 130 000 unités sur les prochaines années, dont 800 sont déjà conventionnés.
Après s'y être engagés il y a quelques mois, les petits promoteurs immobiliers s'attellent à relancer le programme de logements à 140 000 DH. L'Union nationale des petits promoteurs immobiliers (UNPPI) vient de signer un accord avec l'aménageur public Al Omrane et le ministère de l'habitat pour la réalisation de 200 logements de ce type à Lahraouiyyine, à Casablanca. Cette tranche constitue la première du programme Amane 3 qui comprend 200 autres unités dont la réalisation sera formalisée prochainement par une autre convention.
Ces projets découlent de la convention-cadre signée par la tutelle et les petits développeurs en juillet dernier, qui engage ces derniers sur un objectif ambitieux de 130000 logements à 140 000 DH. L'accord prévoit qu'Al Omrane mette à leur disposition des terrains aménagés dans ses différents lotissements à des prix plus avantageux que ce qui est inscrit sur la grille standard. Les opérations qui y seront réalisées devront être de 60 à 70% consacrées aux unités de logements à faible VIT (à 140000 DH), le reste pouvant être exploité librement dans une logique de péréquation.
Les logements à faible VIT sont concurrencés par les lots de terrain
Outre l'opération Amane 3, l'accord-cadre a jusqu'à présent donné lieu à la mise en chantier de 400 unités à Sidi Bernoussi. En tout, ce sont 800 unités qui sont en cours de construction ou programmées.
Le chemin est encore long. En tout cas, avec un objectif aussi ambitieux, le rattrapage du retard de production enregistré depuis les débuts du dispositif est en bonne voie. Au lancement du logement à 140 000 DH en 2008, il était en effet question de réaliser 130 000 habitats en 5 ans. A fin 2012, pour être précis. Au final, ce ne sont que 19 000 unités qui ont été achevées sur la période, soit 14,6% de l'objectif. Pire encore, trois ans après cette échéance, on est encore bien loin de la cible initiale.
A fin septembre 2015, les mises en chantier ne totalisent que 51043 unités, tandis qu'un peu plus de 34 000 logements ont été livrés (dont près de 40% par les promoteurs privés), soit le quart de ce qui devait être produit à fin 2012. Ceci, sans tenir compte du fait que depuis cette dernière année, le total à produire s'est accru théoriquement de 27 000 unités, si l'on considère, selon les estimations du ministère de l'habitat, que les besoins en logements à faible VIT sont de 9 000 unités par an. Ce faisant, sur 157 000 unités qui devaient être produites depuis 2008, moins de 22% ont été effectivement achevées.
En dehors des efforts à consentir pour combler le retard, des questions se posent quant à l'existence d'une demande effective pour ce type de produits immobiliers. Initialement destiné surtout aux bénéficiaires du programme Villes sans bidonvilles, le logement à faible VIT a été fortement concurrencé par les lots proposés à cette même cible, ainsi que le constate le management d'Al Omrane. Du fait de cette situation et malgré une production très en dessous du besoin théorique, l'aménageur public a aujourd'hui sur les bras un stock conséquent de logements.
Le coût du foncier et des matériaux bloque les investissements
Malgré tout, le programme est maintenu. D'où l'accord signé avec les petits promoteurs. Al Omrane cherche même à lever les obstacles à l'augmentation de l'offre. A cet égard, deux grandes contraintes bien connues sont identifiées : la cherté et la rareté du foncier, essentiellement dans les grandes villes, et la hausse continue du prix des matériaux qui rend incertain l'équilibre financier de ce type de programmes. Pour régler en partie ces problèmes, des efforts sont faits pour accélérer l'aménagement du foncier mis à la disposition d'Al Omrane. Le holding met également la pression sur les administrations concernées pour qu'elles réalisent effectivement les équipements culturels et sociaux qui y sont prévus de sorte à améliorer l'attractivité des programmes immobiliers. Du côté de la demande, la seule action possible est de pousser les banques à faciliter le crédit aux acquéreurs.
Tous ces efforts s'ajoutent à un ensemble d'actions entreprises ces dernières années par le ministère de l'habitat et l'aménageur public pour donner un second souffle au dispositif. On peut citer notamment la libéralisation de la commercialisation, l'élargissement de la population de bénéficiaires et la révision du partenariat public-privé pour l'accès au foncier.


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