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Mères célibataires
Les femmes et les enfants de l'ombre
Publié dans L'Economiste le 21 - 07 - 2014

Prévenir l'abandon des enfants nés hors mariage. Premier cheval de bataille de l'Insaf, qui œuvre aux droits de la femme et de l'enfant. Reconnue d'utilité publique en 2002, l'association ouvre la même année le premier foyer d'hébergement pour les mères célibataires au Maroc et en 2006, un centre de formation multidisciplinaire qui leur est destiné. Face à notre Constitution qui cherche à développer «une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l'égalité des chances, du respect de leur dignité et de la justice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté» et aux différentes conventions internationales relatives aux droits des femmes et des enfants, signées par le Maroc, s'oppose une société engluée dans ses tabous. En effet, il semble préférable de fermer les yeux sur le cas des mères célibataires et de leurs enfants. Pourtant, les derniers chiffres établis par l'Insaf en 2010 montrent que 27.200 jeunes femmes ont accouché d'un bébé hors mariage en 2009. 32% d'entre elles étaient âgées de 15 à 20 ans et 29% entre 21 et 25 ans. Ainsi isolées et rejetées de toute part, pour cette même année, ce ne sont pas moins de 8.760 enfants qui ont été abandonnés, soit 24 bébés par jour, et pour certains de manière illégale. Ces nourrissons sont alors retrouvés morts de faim et de froid ou sont recueillis à des fins d'exploitation: mendicité, domesticité et prostitution. Le manque de prise en charge adaptée et le rejet des familles et du père biologique est à l'origine de cette situation, qui ne montre que les cas déclarés, laissant dans l'ombre toutes celles qui échappent aux statistiques. Sachant que l'Insaf apporte chaque année son soutien à quelque 200 femmes (pour lesquelles le chiffre d'abandon retombe à 1%), elles sont très nombreuses à rester dans la détresse. Sans ressources et sans recours, l'abandon est souvent l'unique solution, avec toutes les conséquences que cela engendre, tant pour la mère que pour l'enfant. L'inscription à l'état civil est une première défaillance, qui pénalisera plus tard l'enfant pour son inscription à l'école fondamentale. En effet, l'obtention des documents administratifs nécessaires à tout individu est pénalisée du fait de la non-traçabilité de ces documents, des accouchements à domicile, des mariages traditionnels (fatiha), du refus de collaboration des familles des mères célibataires et/ou du père biologique; Et ceci n'est que la face administrative de la médaille. Dès leur grossesse, ces femmes sont rejetées de leurs milieux familiaux et affectifs et de leurs réseaux sociaux. Cette exclusion les soumet, elles et leurs enfants, à toute forme de violence. Conjuguée à l'analphabétisme et à la pauvreté, les conséquences restent trop souvent le suicide, l'abandon de leur enfant ou, parfois même, l'infanticide.
Revendications
Tout le travail associatif, en plus de l'aide ciblé, est de contribuer au changement des mentalités et des pratiques envers les mères célibataires et leurs enfants, en sensibilisant les acteurs institutionnels de protection au sein des services publics, comme les maternités, police, tribunaux, état civil...
Quelques pistes:
■ Homogénéiser les dispositions du code pénal avec celles du code de la famille
■ Assurer l'égalité d'accès en maternités pour toutes les femmes, sans la distinction de la mère célibataire
■ Annuler la circulaire stipulant, depuis les années 80, dans les maternités publiques, l'obligation de présenter la mère célibataire devant la police
■ Eliminer toute forme de discrimination de la mère célibataire dans l'accomplissement de ses démarches administratives
■ Accorder à l'enfant né hors mariage tous les attributs de l'identité dans les documents administratifs
■ Systématiser le test ADN dans les actions pour prouver la parenté
■Faire bénéficier les mères célibataires du Ramed, le régime d'assistance médicale et des subventions accordées aux veuves.


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