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Bac: Comment la Covid a façonné la nouvelle ingénierie
Publié dans L'Economiste le 02 - 07 - 2020

Saaid Amzazi ne s'attendait visiblement pas à une avalanche de louanges et de félicitations venant des députés de la majorité mais surtout de l'opposition, sachant qu'il est ministre du MP. Ce consensus pour le travail qu'il a accompli avec les cadres administratifs et pédagogiques de son ministère, couronne les préparatifs du baccalauréat maintenu cette année en dépit de l'impact de la pandémie et son annulation dans d'autres pays. Il faut reconnaître que le dispositif du bac était en place à un mois du jour fatidique.
En fait, le ministre de l'Education nationale a été convoqué devant la Commission de l'enseignement, la culture et la communication de la Chambre des représentants pour aborder les derniers détails concernant l'examen du bac qui démarre demain vendredi.
Le nombre de candidats pour cette édition qui se déroule du 3 au 9 juillet, selon les filières, s'élève à 441.238 élèves. Sur ce total, 318.917 sont scolarisés dont 64% viennent de l'enseignement public (282.048) et 8% du système privé (36.869). Devant les députés, Saaid Amzazi a fourni d'autres précisions comme notamment la part des filles (49%) et celle des candidats libres (28%).
■ Des salles couvertes utilisées pour la 1re fois
Le ministère a constitué 178 commissions, comprenant 1.040 membres chargés de rédiger 534 sujets. L'autre aspect réside dans la logistique mise en place au niveau régional. Ainsi, c'est la première fois au Maroc que des candidats vont passer leur bac dans des salles couvertes, a précisé Saaid Amzazi qui compte se rendre demain vendredi dans la salle couverte du complexe Mohammed V à Casablanca. Dans la pratique, les AREF ont préparé 100 salles couvertes, 145 amphithéâtres et 1.910 établissements scolaires.
■ Concentration et isolement depuis le 15 juin:
Dans chaque Académie, des personnes sont en concentration depuis le 15 juin, isolées du monde extérieur, sans téléphone ni connexion internet. En effet, l'équipe technique chargée de l'impression et de la reproduction des épreuves est composée officiellement de 228 personnes, en plus de 107 membres en réserve en cas d'imprévus. A cela s'ajoutent près de 92.000 personnes chargées de la surveillance et plus de 31.000 pour la correction des copies.
■ Le bac en deux étapes:
Pour cette édition, le ministère a décidé d'organiser les épreuves en deux étapes à cause de la pandémie. D'abord les étudiants du pôle lettres, et enseignement originel passeront les 3 et 4 juillet. Ensuite, ceux du pôle scientifique, technique, économique et professionnel sont prévus entre les 6, 7 et 8 juillet. Cela concerne autant les candidats scolarisés que les libres. Les résultats seront proclamés le 15 juillet. Quant à la session de rattrapage pour les différentes filières, elle sera organisée les 22, 23 et 24 juillet et les résultats annoncés le 29 juillet. Quant à l'examen régional unifié de la 1re année du bac pour les élèves scolarisés, il aura lieu les 4 et 5 septembre prochain.
■ Dispositifs particuliers pour les candidats contaminés
Sur les cas positifs au Covid-19 au cours des examens, Saaid Amzazi a joué la carte de la clarté et de la transparence. Les cas contaminés sont regroupés dans 3 établissements hospitaliers à Benslimane, Benguerir et Sidi Yahya Al Gharb. Le ministre reconnaît «l'existence de 11 cas positifs parmi les candidats au bac» à Benslimane, 3 à Benguerir dont 2 devaient sortir hier mercredi. Il restera donc un seul cas pour vendredi, le jour d'examen. De même, un autre cas positif est recensé à Sidi Yahya Al Gharb. «Pour ces situations, nous avons organisé des centres d'examen à l'intérieur des établissements hospitaliers, sous l'encadrement d'un staff médical et de l'Académie régionale concernée. Il ne faut surtout pas les priver de l'opportunité de passer le bac», a martelé le ministre. Il a également cité les 4 cas positifs à Agadir, qui se trouvent parmi les marocains bloqués à l'étranger rapatriés et rentrés dans un confinement sanitaire de 9 jours. Deux n'ayant pas suffisamment préparé leurs cours, ils ont été autorisés à passer les épreuves directement lors de la session de rattrapage. Pour plus de flexibilité, le ministère a créé un centre d'examen dans l'hôtel où ils sont en confinement sanitaire.
■ Le transport entre les zones 1 et 2 réglé. Le ministre a rassuré les députés sur «la coordination solide avec les autorités locales». Celles-ci disposent des listes des personnes qui doivent se déplacer dans le cadre des examens du bac. Les enseignants et les candidats sont donc autorisés à se déplacer, à titre exceptionnel durant la période du bac.
■ Les handicapés et les détenus ont leur place
Le ministère a tenu à réunir les conditions pour que les candidats à besoins spécifiques puissent aussi passer le bac. Ainsi, ils vont bénéficier de formules adaptées au niveau des sujets, de l'accompagnement et de la correction, avec une commission dédiée. Pour cette édition, ils seront 539 candidats contre 402 en 2019. Les détenus, au nombre de 856 candidats, subiront également les épreuves.
■ Au moins 2 milliards de DH pour les tablettes aux élèves de Tayssir
Le grand défi du ministère réside dans la généralisation de l'accès aux moyens pour bénéficier de l'enseignement à distance. Selon le ministre, grâce à des partenaires nationaux, comme les conseils provinciaux, des associations de la société civile et des organismes étrangers, plus de 10.000 tablettes ont été distribuées dans le monde rural. Pour combler le déficit en la matière, la multiplication des moyens est nécessaire. Le ministre donne l'exemple de l'indicateur du programme Tayssir qui touche 2 millions d'élèves. Avec une tablette à 1.000 DH pour chaque élève, il faudra 2 milliards de DH. Sur ce point, il est optimiste dans la mesure où «le chef du gouvernement et le ministre des Finances sont prêts pour trouver une solution pour ces élèves».
■ «L'école publique pas prête à accueillir les élèves du privé»
Saaid Amzazi a fait preuve de réalisme contre ceux qui menacent d'un éventuel exode collectif des élèves du système privé vers le public. Sur cette question, le ministre a tenu à remettre les pendules à l'heure: «l'école publique n'est pas prête à accueillir tous les élèves du privé dont le nombre dépasse le 1 million. La trajectoire prise dans l'amélioration du système au niveau de la réduction des effectifs en classe peut être compromise». Pour lui, il est impératif d'arriver à installer une harmonie et un dialogue fécond entre les deux parties. «Je suis persuadé que nous allons arriver à une solution qui arrange tout le monde. L'intelligence collective permettra de rapprocher les points de vue», promet-il.
L'épreuve du Bac 2020 en quelques chiffres
■ Nombre de candidats, selon les filières: 441.238 élèves dont 49% de filles et 28% de candidats libres
■ Elèves scolarisés: 318.917 dont 64% dans le public (282.048) et 8% dans le privé
■ Candidats à besoins spécifiques: 539 contre 402 en 2019
■ Candidats détenus: 856
■ Commissions chargées de rédiger les sujets des épreuves: 178 comprenant 1.040 membres
■ Nombre de sujets rédigés: 534
■ Equipe technique chargée de l'impression et de la reproduction des épreuves: 228
■ Personnes en réserve: 107
■ Personnes chargées de la surveillance: Environ 92.000
■ Personnes chargées de la correction: Plus de 31.000
■ Candidats positifs à la covid recensés: Organisationdes centres d'examen à l'intérieur des hôpitaux dédiés
Enseignement à distance: Le virus est toujours là...
Saaid Amzazi est formel: «si nous avons été surpris en mars dernier, nous n'avons pas le droit de l'être en septembre. Nous devons être capables d'affronter le Covid-19». Dans ce chantier, il ne faut pas s'arrêter à mi-chemin d'autant que la rentrée scolaire et universitaire est proche. La situation épidémiologique est maîtrisée mais le virus existe toujours. La preuve, l'apparition de clusters ici et là. «Nous sommes dans l'obligation de coexister avec le virus. Pour cela, il nous faut un système d'enseignement à distance institutionnalisé qui va garantir l'accès à tout le monde», dit-il. Il faudra également «dispenser une formation aux enseignants pour qu'ils puissent mieux l'apprivoiser et nous garantir des réalisations continues lors de la période d'automne».
Parents d'élèves vs établissements privés
Les discussions des députés ont vite glissé vers le conflit opposant des établissements d'enseignement privé à des parents d'élèves qui ne veulent plus payer les frais de scolarité. Dans ce dossier, le ministre a fait preuve de diplomatie, en jouant le rôle de médiation. Visiblement très remontés contre les établissements privés, des députés ont voulu le pousser vers plus de fermeté et de contrôle.
Malgré cette pression, Saaid Amzazi a maintenu le cap. Il préfère jouer le médiateur pour rapprocher les points de vue. De toute façon, en l'absence de base juridique, il ne peut faire autrement qu'intervenir dans ce cadre. Selon lui, «plus de 80% des établissements privés ont réalisé des grands efforts en direction des familles. Il reste optimiste pour les 20% restants».
Mais à l'avenir, il a promis de réformer la loi pour donner davantage d'attributions au ministère de l'Education nationale pour l'accompagnement et le contrôle des établissements privés. Aujourd'hui, son département ne dispose que d'une structure chargée des questions juridiques et qui s'occupe accessoirement de ce dossier.
Pour remédier à cette lacune, il compte «créer un service spécial pour l'enseignement privé. Aujourd'hui, près de 6.000 établissements et plus de 1 million d'élèves du système privé sont gérés par un service qui a d'autres attributions. Il s'agit de mettre de l'ordre dans ce domaine», dit-il.
Mohamed CHAOUI


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