Après plusieurs jours d'angoisse et d'attente, la vie reprend peu à peu dans certains douars relevant de la commune d'Al-Makren, dans la province de Kénitra. Les habitants touchés par les crues ont commencé à regagner leurs habitations, en fonction de l'ampleur des dégâts subis, espérant retrouver un quotidien bouleversé par les débordements de l'oued Sebou. Dès les premières heures de la matinée de dimanche, des dizaines de riverains se sont rendus sur place pour évaluer l'état de leurs maisons. Si certains ont pu constater que le retour était envisageable, d'autres ont découvert que les eaux n'avaient toujours pas quitté leurs domiciles. Saïd, habitant du douar Tanaja et père de famille, est revenu du centre d'hébergement situé près de Sidi Yahya El Gharb afin d'inspecter son logement. Son objectif : vérifier s'il pouvait y réinstaller sa famille et son cheptel. « Il y a quelques jours, l'eau nous a pris de court et a emporté une partie de nos biens. Aujourd'hui, nous essayons de reprendre le cours normal de notre vie », explique-t-il. Il se dit rassuré par la baisse du niveau de l'eau autour de sa maison, tout en soulignant les difficultés persistantes : « L'électricité n'a pas encore été rétablie et l'eau potable manque toujours ». Saïd prévoit de revenir dans les prochaines heures avec sa famille et une trentaine de têtes de bétail. D'autres habitants, en revanche, ne peuvent pas encore envisager ce retour, leurs maisons, étables et enclos restant immergés. Oussama, également originaire de la zone, salue les consignes des autorités concernant l'organisation du retour. Il s'est rendu sur place pour préparer son habitation avant d'y transférer son bétail. « Les éleveurs ont beaucoup souffert ces derniers jours. Dans certains douars, l'eau recouvre encore les maisons et les champs », témoigne-t-il. Malgré l'absence d'électricité et la présence persistante d'eau aux abords des habitations, il estime que les familles n'ont d'autre choix que de rentrer et de remettre en état les étables afin d'y accueillir à nouveau les animaux. Certaines habitations ont été totalement détruites par les crues venues de l'oued Sebou, rendant tout retour impossible à court terme. Dans le même esprit, Jawad Khlifat, autre habitant de la région, souligne que les dernières inondations ont gravement affecté les biens et le cheptel des riverains. Selon lui, le retour concerne pour l'instant principalement les familles dont les maisons ont été épargnées. Les autres devront patienter jusqu'à l'amélioration de la situation et aux directives des autorités compétentes.