La FAO avait lancé en début du mois des alertes de risque d'invasion des criquets. Pour le Maroc, la menace viendrait essentiellement du voisin mauritanien où une grave infestation s'est développée dans l'ouest du pays au courant du mois d'octobre. Du côté de la Commission de lutte contre les criquets pèlerins en région occidentale (CLCPRO) dépendant de la FAO, le ton se veut rassurant. Selon le président exécutif de cet organisme, Thami Benhalima, «la résurgence (début de transformation du criquet pèlerin) que connaît actuellement la Mauritanie est en train d'être maîtrisée et il n'y a pas de risque d'invasion du Maroc dans les prochains mois». Et d'ajouter que «seuls quelque 10.000 hectares ont été traités jusqu'à aujourd'hui. Pas vraiment de quoi s'alarmer». Cependant, la situation risque de changer si des pluies importantes sont enregistrées dans les prochaines semaines. A ce moment, des reproductions de criquets pourraient avoir lieu dans les zones hiverno-printanières. Cela pourrait engendrer la formation de groupes ou de petits essaims. «Dans tous les cas, l'infestation serait de moindre envergure que celle de 2003 qui avait donné lieu à une invasion régionale plus tard», précise Thami Benhalima. Toujours est-il que sur le terrain, la vigilance reste de mise. Vingt équipes sont dépêchées par la CLCPRO afin d'assurer le travail de prospection en Mauritanie. Ces effectifs sont aussi formés pour passer à la vitesse supérieure, celle de la lutte en cas de danger réel. Contacté à cet effet, le responsable du centre de la lutte Antiacridienne (CLAA) à Ayt Melloul s'est refusé à tous commentaire. «Toutes les équipes sont mobilisées sur place, parfois dans des zones hors couverture de réseaux de télécommunication» se contente t- on de nous «expliquer» au sein du centre de lutte antiacridienne.