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Commerce intérieur. Une croissance à canaliser
Publié dans Les ECO le 22 - 10 - 2013

353 milliards de dirhams est le CA annuel du secteur du commerce et de la distribution. C'est le secteur qui donne le plus du fil à retordre aux ministres qui prennent en charge le département de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies. Ce n'est pas Abdelkader Amara, ex-ministre en charge de ce département qui dira le contraire. Ce dernier nous a confié que «de toutes les feuilles de routes, celle relative au commerce intérieur est la plus difficile à gérer et à mettre en place». Son successeur à la tête de ce ministère stratégique, Moulay Hafid Elalamy, a donc du pain sur la planche, d'autant plus qu'il s'agit du secteur qui enregistre le plus grand retard en termes de mise en œuvre de sa feuille de route. C'est pour cette raison, peut être, que dans la nouvelle configuration du gouvernement Benkirane II, un ministère délégué a été créé pour gérer les petites entreprises et l'intégration du secteur informel. Ce n'est un secret pour personne que le commerce intérieur est gangrené par l'informel. Si on compte au niveau du commerce de proximité près de 450.000 points de ventes «formels», il en existerait autant, si ce n'est plus, au niveau informel. Il y a lieu d'y ajouter le commerce ambulant, dont le chiffre d'affaires est aujourd'hui estimé à près de 45 milliards de dirhams. Ces milliards échappent au circuit formel et privent l'Etat, au bas mot, de 478 MDH en termes d'IR. Se pencher sur ce secteur pour le moderniser et faire évoluer son aspect formel, tout en s'attaquant à son aspect informel pourrait être une opportunité à saisir pour ce gouvernement, afin d'améliorer, tant soit peu, les agrégats économiques du pays !
Une feuille de route dressée
Dans ce sens, une feuille de route ambitieuse a déjà été mise en place et présentée devant le Conseil de gouvernement il y a quelques mois. C'est son application qui aujourd'hui fait défaut. En termes de modernisation du commerce de proximité, la réussite de la première édition de Rawaj avec la modernisation de 22.500 points de ventes, poussent l'Etat à réitérer l'expérience. Cependant, «l'Etat ne pourra jamais moderniser tous les commerces, car nous parlons d'un minimum de 450.000 points de vente», précise-t-on auprès du ministère de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique. Si on garde le même ordre de grandeur, à savoir 600 MDH pour la modernisation des 22.500 points de ventes, le gouvernement devra débourser près de 11,4 milliards de DH pour les 427.500 restants ! Cette enveloppe est impossible à mobiliser dans un contexte où les finances publiques souffrent au plus haut point. Pour encourager la modernisation de ces commerces sans pour autant mettre à mal les finances publiques, il était question sous l'ère Amara de mettre en place un système de labellisation. Monnayant une petite aide financière, tout commerce modernisé bénéficiera d'un label. Les dispositions de cette offre de labellisation n'ont pas encore été finalisées. Mais au-delà de l'aspect économique, le ministère planchait également sur le volet social. La situation sociale des commerçants est aujourd'hui précaire et les tentatives lancées par le passé, notamment Inaya (assurance maladie), ont échoué en raison des coûts trop élevés des offres proposées, de la mise en œuvre incomplète du système, mais surtout à cause de l'absence d'organe gestionnaire propre à cette assurance. Pour pallier cette situation, un travail est entamé au sein du ministère, pour la mise en place d'une fondation des œuvres sociales qui devrait, si les choses avancent comme espéré, voir le jour avant la fin de l'année. L'idée de sa conception est de rompre avec les anciennes pratiques. Ainsi, Il est question qu'elle soit à l'image de la fondation de l'éducation nationale. Les travaux de la fondation commenceront par la contractualisation d'une assurance maladie avant de les étendre à la retraite. Pour l'heure, les études relatives à cette fondation sont finalisées et l'accord avec les syndicats représentatifs du secteur a été établi du temps de Amara. D'ailleurs, l'Etat s'est engagé à donner un coup de pouce financier pour le démarrage de la fondation. Toutefois, le plus difficile dans ce projet serait d'amener des gens qui ne sont pas habitués aux cotisations sociales à prendre conscience de l'importance de l'élan de solidarité dans ce genre de système. Malgré ces difficultés, les pistes étudiées jusque-là répondent à de véritables problématiques que vit cette tranche de la population.
Le casse-tête du commerce de rue
Si les maux du commerce sédentaire sont traités petit à petit, la problématique du commence non sédentaire reste entière, malgré toute la bonne volonté de l'équipe ministérielle. «Le commerce ambulant est comme le déficit commercial, un mal structurel», avait lancé Abdelkader Amara, ex ministre du Commerce. Toutefois, une avancée de taille a été réalisée jusque-là. Le ministère a changé de paradigme dans son traitement du commerce non sédentaire qui fait vivre plus de 260.000 marchands ambulants. Il n'est plus question de combattre le commerce de rue, mais de l'organiser. Désormais, on parle d'une stratégie dédiée au commerce non sédentaire construite autour de cinq axes : la modernisation des équipements, la gouvernance, la réglementation, la sensibilisation et, plus important, l'organisation spatiale. Pour rappel, ce dernier axe propose trois types de marchés. Les Marchés forains qui sont des marchés temporaires tournants organisés sur des espaces publics selon un agenda hebdomadaire. Des marchés urbains, qui seront des marchés permanents construits en dur ou en structures légères. Enfin, le troisième type concerne le commerce de rue. Ce seront des marchés quotidiens de rue organisés sur des espaces dédiés et aménagés. Les marchands seront ainsi autorisés à travailler dans des lieux précis et selon des horaires déterminés dans les villes. Il est question de donner ces marchés en gestion déléguée à des entreprises privées, après un appel à manifestation d'intérêt. Pour toutes ces propositions, des cahiers de charges sont prêts, un cadre réglementaire est disponible et même des ébauches de financement sont trouvées. Cependant, l'expérience pilote opérée à Kénitra, ne semble pas porter ses fruits. Lancée en ce début d'année, les ministères de tutelle (commerce et intérieur) s'étaient donné 6 mois pour faire une première évaluation. Or, à quelques semaines de la fin de l'année, l'expérience n'est pas encore concluante. Et pour cause, la difficulté de faire concilier toutes les parties prenantes et tous les partenaires. La double tutelle dans le pilotage de cette expérience, n'y est pas pour rien, non plus. Ceci représente une menace pour toute la stratégie, car la généralisation de cette feuille de route est tributaire de la réussite du projet pilote. Tous ces projets ont eu une première amorce à l'époque d'Abdelkader Amara, mais il leur faut bien plus pour que leur mise en œuvre soit effective. C'est sur ce point que le nouveau ministre, Moulay Hafid Elalamy, est attendu.
Une feuille de route pour la formation
En réalisant les études pour l'élaboration de la stratégie RAWAJ du commerce et de la distribution, les équipes du ministère se sont rendues compte du fait que la formation faisait défaut dans ce secteur. De plus, étant en pleine mutation et restructuration, il était plus que nécessaire de mettre à niveau le capital humain opérant dans ce secteur, sans parler des nouveaux métiers que suppose une telle mutation. Tout ceci engendre un besoin en main-d'œuvre qualifiée afin de rehausser la compétitivité des entreprises, d'accompagner les réformes (marchés de gros) et les efforts d'organisation (métiers), sans oublier la nécessité d'amélioration de la qualité du service au consommateur. Les études réalisées ont estimé l'évolution des emplois du commerce et de la distribution à l'horizon 2020 à près de 1,7 millions d'emplois contre 1,34 millions d'emplois en 2010. Ce ne sont pas moins de 360.000 emplois qui seront générés par ce secteur en dix ans. La déclinaison par région de cette création d'emplois donne Casablanca en pôle position avec 71.512 emplois. La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër est en deuxième position avec 40.813 emplois, suivie de Marrakech-Tensift-Al Haouz et Souss-Massa-Drâa avec respectivement 35.146 et 31.130 emplois. Par ailleurs, une déclinaison par métier a également été réalisée. Six métiers au total ont été détectés avec une demande additionnelle pour le métier de vendeur qui dépasse les 79.000 à horizon 2020. Pour les autres métiers (manager d'unité commerciale, manager d'unité commerciale-produits frais, commercial, boucher et poissonnier), la demande additionnelle à horizon 2020 varie entre 2.500 et 32.200. Le plan directeur de formation, destiné aux métiers de commerce, a également prévu une catégorisation des formes d'implémentation. Ainsi, il est question de formation initiale (diplômante) avec deux offres différentes. La première offre consiste en une formation professionnelle pour près de 138.000 stagiaires, notamment pour certaines familles d'emplois (boucher, poissonnier, manager d'unité commerciale, manager d'unité commerciale-produits frais, vendeur et commercial). La seconde offre consiste en une formation d'enseignement supérieur pour près de 16.170 étudiants, notamment pour les postes de responsable marketing, acheteur, manager de direction, marchandiseur et manager e-commerce. La formation initiale sera complétée par une offre de formation continue qui vise le perfectionnement pour les travailleurs en activité. Il s'agit de programmes spécifiques pour les commerçants indépendants qui représentent plus de 70% de l'appareil commercial national.
Franchise, un secteur en plein essor
Entre 2001 et 2011, la croissance des réseaux organisés de franchise au Maroc a été de 18%. En effet, ce segment du secteur du commerce assiste à une évolution rapide des réseaux organisés, surtout sous forme de franchise. La cadence a augmenté au cours de ces trois dernières années du fait de la multiplication des projets de malls et de centres commerciaux (Morocco Mall, Anfa Place, Al Mazar, Borj Fès, etc.). Cette tendance est amenée à se confirmer durant les années à venir. Le ministère prévoit une multiplication par 5 de la superficie commerciale développée par le grand commerce à horizon 2015, entraînant par la même occasion une augmentation du nombre de franchises. Ce ne sont pas les projets qui manquent : Rail Center Casa Port, Marina de Casa, Casa City Center, Bouskoura Golf City, Arribat Center, Projet Bouregreg, Tinjis Mall sont autant de projets qui favorisent le développement des réseaux organisés. La répartition des franchises par pays d'origine donne encore l'avantage aux franchises étrangères qui s'accaparent 85% du total des franchises installées. Les 15% restants sont des concepts marocains. Pour davantage favoriser le développement de ce segment du commerce, l'Etat a mis en place le programme Champions nationaux qui vise à soutenir le développement d'enseignes marocaines à travers le financement partiel d'expertises.


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