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Les sardiniers de Nador dans la tourmente
Publié dans Les ECO le 06 - 11 - 2014

Les sardiniers de la zone du Nord tirent la sonnette d'alarme en raison des pratiques illégales de la pêche. Depuis l'annonce du projet de loi instaurant des sanctions pour les constructions, reconversions ou refontes sans autorisation préalable des navires, les langues se délient parmi les sardiniers.
La pêche illicite fait ravage dans la région de Nador. Des sardiniers de cette zone tirent la sonnette d'alarme et affirment que plusieurs espèces, dont la sardine, sont en voie de disparition. La raison principale en est les pratiques illégales de la pêche à la dynamite. «Il y a dix ans, les eaux de la zone du nord regorgeaient de sardines et la situation n'était pas aussi critique qu'aujourd'hui. Or, la surexploitation et la pêche à la dynamite par des canots clandestins ont ravagé la faune marine de la zone», dénoncent les mêmes professionnels à Nador. De l'avis de plusieurs associations professionnelles dans la région – approchés par LES ECO-, la situation est alarmante. En témoignent d'ailleurs les nombreuses plaintes envoyées ces derniers mois au département de la Pêche pour demander son intervention. «Le phénomène est en croissance dans la zone de Nador et il menace réellement le secteur de la sardine», lit-on dans l'une de ces lettres, dont LES ECO détient copie.Le vice-président de l'Association des armateurs à la pêche industrielle sardinière au port de Nador (Beni Ansar), Amezaouj Baghdad, ne décolère pas. Il reproche aux autorités de rester passives devant ce problème. «La pêche à la dynamite est un véritable fléau dans la région. Bien qu'interdite au Maroc, il n'y a aucune mesure de répression ou de prévoyance», martèle Amezaouj Baghdad. Il alerte: « la présence d'équipes de surveillance est nécessaire. Dans la zone de Nador, des canots non autorisés –et ils sont nombreux- s'activent à pêcher la sardine en utilisant des moyens prohibés. Depuis plusieurs années, ils travaillent en utilisant la dynamite, au vu et au su de tous», dénonce-t-il. Et dans l'état actuel des choses, poursuit-il, «il est inutile d'espérer que cette activité illégale cesse, sauf si les responsables montrent une réelle volonté de mettre en place des mesures coercitives». Notre interlocuteur, qui ne mâche pas ses mots, se plaint aussi d'une «concurrence déloyale». «Non seulement cette pratique menace les ressources halieutiques, mais elle implique aussi de la concurrence déloyale aux sardiniers travaillant légalement. Nous avons demandé aux autorités locales de Nador d'intervenir et si rien n'est fait, nous allons de nouveau arrêter l'activité dans le port de Nador», prévient Baghdad. «Cela fait plus de quatre années que nous subissons la concurrence déloyale de ces barques non autorisées. Depuis un moment, c'est l'anarchie totale ici. Le phénomène est aujourd'hui d'une telle ampleur qu'il en devient insupportable», renchérit-il. Non sans exacerbation, le vice-président de l'Association souligne que «toutes les pétitions envoyées aux autorités n'ont pas été prises en compte et les autorités ne semblent pas pressées de mettre un terme au phénomène». Pour faire savoir leur colère, les sardiniers de Beni Ansar à Nador avaient même marqué l'arrêt total de l'activité au port de Nador. Ils n'ont repris que suite à l'appel du département de tutelle, lequel a promis de réagir et mettre un terme à cette problématique de «barques construites clandestinement et utilisées dans la pêche à la dynamite», selon Amezaouj Baghdad. Hélas, le soulagement était de courte durée. «Après cet arrêt, nous avons cru que notre objectif était enfin atteint, puisque ces canots non autorisés avaient cessé leur activité illégale. Mais, après seulement quelques jours, leur activité clandestine allait reprendre encore de plus belle», dit-il.
Surexploitation
Selon des sources bien informées au port de Nador, plusieurs sites sont concernés par ce fléau de «barques construites clandestinement et utilisant des moyens prohibés pour pêcher la sardine». Il s'agit, entre autres, de Chamlala-Bani Said- Sidi Hssain dans la province de Driouch et de Bani Boughafer-Samar dans la province de Nador. C'est là où des canots clandestins embarquent jusqu'à 12 marins et pêchent la sardine à la senne, en utilisant la dynamite. Chacune de ces barques non autorisées peut capturer des volumes allant de 300 à 400 caisses de sardines, fait savoir le vice-président de l'Association des armateurs à la pêche industrielle sardinière au port de Nador (Beni Ansar). Pis encore, cette surexploitation est appelée à s'accentuer vu que le nombre de ces barques, pouvant atteindre jusqu'à 9 tonneaux, ne cesse de se multiplier. «Toutes les régions du pays et tous les segments de la pêche sont concernés par cette problématique de constructions illégales. Il y a quelques années, la zone du nord comptait seulement 60 barques clandestines, lesquelles utilisaient la dynamite pour la pêche de la sardine. Mais aujourd'hui, la zone en compte quelque 400 canots. C'est dire les menaces que constitue cette pratique illicite sur l'écosystème de la zone de Nador», souligne Larbi Bouras, un armateur membre de la Chambre de pêche maritime du nord.
En attendant la loi...
Depuis l'annonce, il y a quelques jours, du projet de loi finalisé par le département de la pêche maritime, lequel instaure des sanctions à l'encontre des pêcheurs qui procèdent à «une construction, reconversion ou refonte sans autorisation préalable» de leurs navires, les langues se délient parmi les sardiniers de la zone nord. Ceux-ci voient dans l'aboutissement de cette loi, une solution à un phénomène grave. Les nouvelles dispositions de cette loi prévoient en effet des visites d'inspection régulières durant la période des travaux, ainsi que des amendes variant entre 2000 et 100.000 dirhams à l'encontre des pêcheurs opérant des modifications sur leurs navires sans autorisation. La nouvelle législation, s'appuie sur la nécessité d'une autorisation préalable délivrée pour la construction, l'acquisition ou la reconversion des navires de pêche dont le tonnage est supérieur à 5 tonneaux de jauge brute et inférieure à 100 tonneaux de jauge brute. En attendant l'aboutissement de ce projet, des canots non réglementaires continuent d'être construits dans des lieux clandestins de la zone de Nador. «Les responsables de ces constructions clandestines, dont le nombre s'élève à 400, utilisent la dynamite pour pêcher la sardine dans les eaux de la région de Nador, déjà surexploitées avec la diminution des captures de pélagiques», selon nos sources.
Un ras-le-bol quasi généralisé
« Si rien n'est fait par les autorités locales pour régler le problème de barques clandestines utilisant la dynamite pour pêcher la sardine, nous allons arrêter notre activité, notamment dans le port de sidi Hssain et de Cap d'eau. Sachant que 100 % des sardiniers ont accepté de nous suivre dans notre grève», prévient Amezaouj Baghdad. Conséquence de cet arrêt, les quelque 33 barques artisanales que compte l'Association à Beni Ansar seront contraintes à rester à quai. Dans les milieux de la pêche, on souligne que d'autres associations professionnelles de la zone Nord pourront, elles aussi, suivre l'appel de l'Association des armateurs à la pêche industrielle au port de Nador-Beni Ansar. Quelque 1.017 barques artisanales opérant de Saidia à Hoceima pourront, elles aussi, tenir une grève contre les pratiques illicite dans le nord du pays. Autres conséquence de cet arrêt, les villes de Barkane, Oujda, Bouarfa, Taza, Meknes, Taourirt, Errachidia et Ktama - habituellement approvisionnées par le port de Nador- ne seront pas livrées en sardine pendant la grève.


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