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La RSE, un défi pour le développement durable
Publié dans Les ECO le 06 - 11 - 2014

Avec la parution de la norme ISO 26000 fin 2010, de nouveaux défis se présentent au DRH. Mettre en place des chartes de relations avec les fournisseurs et les clients, préparer l'obtention de labels, favoriser les engagements citoyens, collectifs et individuels sont autant d'actions devenues nécessaires.
Avec la parution de la norme ISO 26000 fin 2010, le DRH a dû relever le défi de devenir «directeur des ressources humaines et du développement durable», et de faire en sorte que tous les acteurs, dirigeants, managers, salariés, IRP contribuent par leurs actions et leurs comportements à ce que l'entreprise assume toutes ses responsabilités sociales, sociétales et environnementales. Mettre en place des chartes de relations avec les fournisseurs et les clients, préparer l'obtention de labels, favoriser les engagements citoyens, collectifs et individuels, et rendre compte des actions menées sont autant d'actions devenues nécessaires. Partie intégrante souvent oubliée, le volet du développement durable consacré à l'humain doit être renforcé. La problématique de développement durable impose de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il couvre trois dimensions: économique (efficacité, rentabilité du personnel, etc.), sociale (conditions de travail, etc.) et environnementale (sélectionner les partenaires, fournisseurs, sous-traitants en intégrant le critère du respect de l'environnement, et les inciter à respecter les normes visées).
Concensus
La responsabilité sociétale est la contribution des organisations au développement durable. Elle se traduit par la volonté de l'organisation d'assumer la responsabilité des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l'environnement, et d'en rendre compte. Historiquement, ce concept était destiné à promouvoir les normes en matière de droit de la personne et de droit du travail en appliquant les principes fondamentaux reconnus internationalement: l'interdiction du travail des enfants, l'interdiction du travail forcé, la non-discrimination, la liberté d'association et la reconnaissance effective du droit à la négociation collective, ainsi qu'à encourager leurs propres partenaires et sous-traitants à faire de même. La norme ISO 26000, publiée en novembre 2010, est l'unique norme internationale qui vise à fournir aux organisations les lignes directrices de la responsabilité sociétale. Ce document, établi par consensus, décrit les principes et thèmes que recouvre la responsabilité sociétale et propose une méthode d'appropriation et de mise en œuvre dans une organisation. Elle donne un cadre international de comportement à tout type d'organisation (entreprises, collectivités, ONG, syndicats, etc.) quelle que soient sa taille et ses domaines d'actions. La norme ISO 26000 respecte les grands textes fondateurs internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l'Homme, les conventions de l'Organisation internationale du travail... Elle invite les organisations à articuler leurs démarches autour de 7 questions centrales: la gouvernance, les droits de l'Homme, les relations et conditions de travail, l'environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs et la contribution au développement local. Elle éclaire, explique, donne des compléments d'information, évite les incompréhensions ou l'arbitraire. Elle est élaborée par consensus, c'est-à-dire qu'elle ne peut privilégier les intérêts d'un groupe d'acteurs restreint mais bien celui du plus grand nombre. Plus de 90 pays ont ainsi pris part à l'élaboration de cette norme.
Légitimité «responsable»
En France par exemple, AFNOR a associé plus de 100 organisations à sa rédaction. La norme ISO 26000 est ainsi un outil commun international pour tout acteur voulant construire sa légitimité «responsable». La norme ISO 26000 définit la responsabilité sociétale d'une organisation comme la maîtrise par celle-ci «des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l'environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société; [elle] prend en compte les attentes des parties prenantes, respecte les lois en vigueur tout en étant en cohérence avec les normes internationales de comportement qui est intégré dans l'ensemble de l'organisation et mis en œuvre dans ses relations». La question du coût se situe au niveau de la stratégie de l'organisation. Mettre en œuvre une démarche ISO 26000 est un investissement au service de la performance. La vraie question est le coût de la non-prise en compte des principes de la responsabilité sociétale dans les décisions et activités futures. La norme ISO 26000 n'impose pas d'exigences, mais un changement dans le comportement. Le coût est donc lié à la conduite du changement à travers la mise en œuvre du projet et sa reconnaissance externe lors d'une évaluation de type AFAQ 26000.


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