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Liberté d'expression et censure : le débat relancé après le concert de Toto
Publié dans Hespress le 04 - 07 - 2025

Le concert de l'artiste Taha Fahssi, alias "Toto", diffusé sur la deuxième chaîne "2M" dans le cadre du festival Mawazine, provoque un vif débat. Une plainte déposée auprès de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle accuse la chaîne publique de diffuser un contenu jugé inapproprié, alors même que le spectacle a rassemblé un public record et suscité une forte audience.
Le concert de l'artiste marocain Taha Fahssi, connu sous le nom de scène « Toto », diffusé par la deuxième chaîne dans le cadre du festival Mawazine, continue de faire débat. La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a reçu une plainte accusant la chaîne publique d'avoir enfreint les dispositions de son cahier des charges, en raison d'un « contenu inapproprié » diffusé lors de cette soirée, selon le plaignant.
Cette plainte, publiée sur le site officiel du Parti de la justice et du développement, reproche à la chaîne d'avoir diffusé des images montrant l'artiste dans une « apparence étrange », portant un t-shirt avec le mot « Salgot » — accompagné de l'étoile du drapeau national — ainsi que des propos jugés « vulgaires » et une incitation du public à les répéter. Le plaignant considère ces éléments comme une atteinte à la dignité humaine et une menace pour l'équilibre psychologique des enfants et des adolescents.
Malgré ces critiques, le concert de Toto a rassemblé une foule massive estimée à plus de 400.000 spectateurs, un record pour la 20e édition du festival. Sa diffusion à la télévision a également enregistré une forte audience, aussi bien sur la deuxième chaîne que sur les réseaux sociaux.
Polémique artificielle
Une source proche de l'artiste a exprimé son étonnement face à l'ampleur de la controverse, estimant qu'il s'agit d'une « polémique artificielle » orchestrée par des parties habituées à cibler les jeunes artistes, en particulier ceux qui adoptent un style différent.
Cette source a précisé, dans une déclaration à Hespress, que la performance de Toto s'est déroulée dans une ambiance enthousiaste, sans débordement ni comportement sortant du cadre artistique admis. Elle a souligné que Toto s'est toujours présenté comme un artiste parlant le langage de la rue, abordant de manière directe et audacieuse les préoccupations de sa génération. Cette authenticité lui a valu une grande popularité, tant au Maroc qu'à l'étranger, notamment auprès des jeunes.
« Il est regrettable qu'un concert couronné de succès, qui a battu tous les records du festival en vingt éditions, soit réduit à des détails superficiels, occultant la dimension artistique, populaire et le message porté, au profit d'une critique sélective ciblant des éléments qui font partie intégrante de l'identité et du style de l'artiste », ajoute-t-elle.
Critiques sélectives et double standard
Pour le critique d'art Abderrahim Chafai, le dépôt d'une plainte contre la diffusion du concert d'un artiste marocain est « source d'étonnement ». Il rappelle que les médias publics ont accueilli lors des éditions précédentes des artistes internationaux vêtus de tenues plus audacieuses, sans que cela suscite de réactions similaires.
Dans une déclaration à Hespress, Chafai déplore : « Nous n'avons pas entendu de telles voix lorsque des séries étrangères comportant des contenus inappropriés ont été diffusées, ni lorsque des scènes bien plus choquantes que les paroles d'un chanteur exprimant son art à sa manière ont été présentées à l'écran. » Selon lui, l'attaque contre Toto illustre une forme de double standard dans le traitement du contenu artistique.
Il poursuit en soulignant que « beaucoup de ces critiques ignorent le contexte du rap et ne saisissent pas sa profondeur culturelle et sociale. Le rap n'est pas un art traditionnel, mais une voix de protestation qui exprime la rue et confronte ce qui est tus, ce qui dérange certains ».
Entre liberté de création et nécessité de censure
Pour sa part, Moufid Essbai, producteur artistique et manager de plusieurs artistes, estime que le débat doit être envisagé sous deux angles : la liberté d'expression d'une part, et le devoir de censure dans les médias publics d'autre part.
Il explique dans une déclaration à Hespress que « ce qui s'applique aux œuvres cinématographiques et aux séries télévisées, en termes de classification par âge et de contenu, doit également s'appliquer aux soirées artistiques, afin de protéger les mineurs ». Il ajoute : « Si l'entrée des enfants est interdite dans les salles de cinéma lors de la projection de certains films, il est d'autant plus important que ce même type de contenu ne soit pas diffusé dans les foyers via la télévision publique ».
Il souligne enfin la différence entre la présence volontaire d'une personne à un concert dans un espace public et le fait de regarder l'événement chez soi via un bouquet de chaînes publiques, qui doivent respecter la sensibilité du public ainsi que les règles légales et morales.


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