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«Je m'exprime avec mon corps»
Publié dans Les ECO le 05 - 09 - 2014


Abdellah Bensaid
Acteur et danseur
Véritable écorché vif, ce joli visage brille à la télévision. Il a interprété un personnage un peu plus noir et profond, celui du roi-enfant Skandar dans la série, les 1001 nuits, diffusée pendant le ramadan. Abdellah Bensaid deviendra t-il notre Brad Pitt national ?
Cheveux au vent, yeux d'un bleu profond, Abdellah Bensaid a tout d'un acteur hollywoodien, mais sa profondeur et le cœur qu'il met dans ses rôles feront sûrement de lui un acteur shakespearien des temps modernes. Celui que l'on imagine bien dans un «Roméo» de chez nous, a été révélé au grand public dans son rôle dans la série à succès «Zinat Al hayat», où il incarne le rôle de Jamal, le fils de Omar & Farida Zitouni. De jeune premier, il passe aux choses sérieuses avec le rôle du roi «Skandar», lequel se joue de son peuple comme d'un jouet, dans la série d'Anouar Moatassim qui passe pendant le mois de ramadan : les 1001 nuits. «C'est un enfant roi, qui ignore la différence entre le bien et le mal, le vrai ou le faux, il est manipulé et n'a aucune bonne définition de la souffrance des gens et du meurtre, il est égoïste et imbu de sa personne. Par la suite, sa personnalité évoluera et il prendra conscience que la vie reste un jeu, mais un jeu sérieux et dangereux», explique l'acteur qui puise au fin fond de lui-même pour faire vivre ce personnage complexe.
«J'ai essayé de visualiser un Skandar enfoui en moi, le texte est là, oui, la direction d'Anouar était présente, mais on m'a laissé toute la liberté d'exprimer mon corps dans une stratégie d'interprétation qui donnera peut-être l'occasion au téléspectateur de s'amuser et d'apprendre à aimer un méchant «Le rôle du roi n'était qu'un prétexte animé par toute une panoplie de ressentis et de personnalités... Jouer un anxieux, un hystérique, un obsessionnel, un dépressif, un dépendant, un paranoïaque, c'est puiser en moi-même car je suis un peu de tout ça, l'humain, c'est un peu de tout ça. Je suis conscient de cette situation et je peux m'amuser à me convaincre que je suis dans une situation précise... Je joue beaucoup sur l'émotion, c'est mon moteur». Un moteur qui est flagrant à l'écran, puisque Abdellah Bensaid vit son personnage dans un corps qu'il maîtrise à la perfection car il est également danseur. «Le corps est d'abord pour moi un moyen fondamental d'expression dans mon jeu d'acteur, le corps exprime d'abord ce que la parole exprime par la suite, j'ai commencé la danse dès l'âge de 15 ans, chez moi à la maison où j'imitais les chorégraphies de clips, ce qui n'était pas gagné d'avance (rires). Par la suite, mon éveil corporel s'est fait de plus en plus et de mieux en mieux».
C'est tout un parcours ponctué de rendez-vous avec un avenir qui lui était prédestiné, mais où la comédie n'avait pas sa place au départ. Elle s'est frayée un chemin et heureusement pour Abdellah Bensaid, qui se serait senti perdu sans elle. «On m'a toujours parlé de tous les métiers du monde, mais jamais de celui d'acteur ! Ce métier n'est pas encore reconnu comme tel dans la société marocaine, mais heureusement les choses commencent à changer. Ce qui m'a donné envie de devenir acteur, c'est l'emprisonnement psychologique dont j'étais victime. Le trop plein de «non» m'a fait prendre le chemin du jeu d'acteur et c'est heureux pour moi car sinon je serais en train de tourner en rond», explique le comédien qui a remédié à ce manque en intégrant l'Isadac pendant 4 ans. Ce n'est que le commencement, puisque à part le corps et l'émotion qui le font exister à l'écran et en dehors de l'écran, Abdellah continue de créer pour le bonheur de son public et pour le cinéma marocain...


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