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Reportage : Comment SMRR redonne vie aux déchets
Publié dans Les ECO le 19 - 02 - 2016

Les déchets sont récupérés dans les décharges ou via les chiffonniers, les fameux «bouaara».
Une unité de recyclage de cartons et de bouteilles en plastique en service, à Tit Mellil. L'usine a une capacité de production de 30.000 tonnes pour le carton et 22.000 tonnes pour le Pet plastique. En 2015, SMRR a réalisé un chiffre d'affaires de 63MDH.
C'est dans la zone industrielle de Tit Mellil que la Société marocaine de récupération et de recyclage (SMRR) a choisi d'installer son unité de recyclage du carton et des bouteilles en plastique (PET). Le processus commence par la collecte des déchets. «Il existe deux types de collecte. Celle appelée post industrielle : c'est-à-dire la gestion directe et globale des déchets des unités industrielles par la mise à disposition de moyens logistiques (bennes, presse à balles, etc), la collecte et le transport se font par nos propres moyens», explique Abdellah Jabri, président de SMRR. Les déchets viennent aussi des décharges publiques ou de la collecte réalisée par les chiffonniers ou «bouaara». Ces derniers vendent ce qu'ils ramassent aux grossistes, qui, à leur tour, les vendent aux transporteurs, qui sont les fournisseurs directs de l'entreprise. «La décharge de Rabat fait exception car les collecteurs de déchets se sont constitués en coopératives et nous livrent toute leur production de Pet moyennant un contrat d'exclusivité», précise Jabri. Après le pesage vient l'étape du tri des déchets exploitables. Ce tri qui se fait d'abord manuellement permet de séparer et de préparer les matières destinées à être revalorisées.
À ce sujet, il faut savoir qu'il existe deux lignes de valorisation. Il y a ce que l'on appelle la presse à balles, qui confectionne des balles de bouteilles de Pet par couleur d'un poids de l'ordre de 500kg/unité permettant ainsi d'exporter environ 21 tonnes par conteneur de 40 pieds et il y a la ligne de broyage et de lavage à chaud des bouteilles de Pet pour produire ce qu'on appelle le flakes. «Nous éliminons les bouteilles en PVC, les étiquettes et les couleurs, il n'y a que le Pet transparent et bleuté qui passe», précise Abdellatif El Hardouzi, directeur général de SMRR.
Le tri qui se fait de manière manuelle permet de repérer les matières recyclables
À ce niveau, le Pet et le bouchon sont répartis dans un bac de séparation. Le Pet, lui passe au deuxième broyeur. Ce dernier broie le flakes à 8 millimètres. «Il est lavé à 90 degrés grâce à l'ajout de détergent et de soude pour éliminer tous les contaminants», explique El Hardouzi. Après, vient l'étape du rinçage à l'eau froide. Le flakes est mis dans une centrifugeuse pour éliminer l'eau. Il est exposé par la suite à l'air chaud pour améliorer sa qualité.
Il est enfin mis dans de grands bacs et stocké pour être exporté. À fin 2016, il sera cristallisé pour produire des bobines appelées Sheet qui permettront de produire des articles thermoformés pour l'emballage des fraises, de la confiserie, des dattes, etc. L'entreprise dispose d'un laboratoire d'analyse de la qualité des produits. Ces analyses permettent de savoir si ce dernier est conforme aux standards exigés par les clients. En parallèle, le responsable du laboratoire effectue également l'analyse des contaminants. Ceci étant, cette dernière, qui dispose d'une capacité de production de 30.000 tonnes pour le carton et 22.000 tonnes pour le Pet plastique, a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 63MDH.
Pour l'année en cours, les prévisions du management tablent sur 69MDH. Mieux encore, la SMRR compte investir dans une ligne de broyage, de lavage et de granulation d'autres qualités de plastique (Polyéthylène haute et basse densités et polypropylène). «Contrairement au Pet, ces produits seront destinés à 80% pour le marché local et utilisés dans la fabrication des articles de ménage, de la tuyauterie au goutte à goutte et des films pour l'agriculture, etc», précise le président. Pour ce projet, qui occupera 8.000 m2, l'entreprise compte investir plus de 20MDH.
Pour revenir à la production du Pet, le management affirme que son entreprise a été «le catalyseur principal dans l'évolution de la collecte de ce produit». En chiffres, SMRR achète à travers le Maroc environ 85% du PET collecté et sa production est passée de 2.000 tonnes par an, il y a 7 ans, à plus de 13.000 tonnes en 2015. Un résultat qui démontre l'efficacité de la stratégie de l'entreprise.
Celle-ci se base sur la sensibilisation des intervenants opérationnels directs dans les circuits de ramassage à «l'apport financier que peut leur procurer la collecte des déchets en général et le Pet plastique en particulier ainsi que sur leur contribution dans la préservation de l'environnement». En plus de la sensibilisation, l'entreprise fournit des formations aux acteurs de la collecte. Ces formations sont dispensées aussi bien dans les régions où elle dispose de centres de collecte et de valorisation (Casablanca, Tanger, Marrakech et Agadir) que dans celles qu'elles couvrent via ses propres camions et celles lointaines (Oriental et régions du sud).
S'agissant de la commercialisation des produits recyclé, le carton est vendu sur le marché local et le Pet est exporté. «Pour le Pet, il n'y a pas d'acheteurs locaux qui puissent utiliser notre flakes (bouteilles en Pet broyé et lavé à chaud) comme matière première car il s'agit d'une qualité aux normes internationales. Par conséquent, il faut de lourds investissements pour la transformer et obtenir des bouteilles ou des plaques pour la fabrication de barquettes, ce que nous sommes en train de faire», explique Jabri.
De ce fait, la part de l'export (France, Espagne, Portugal, Italie, Turquie, Chine, Inde, Indonésie, Malaisie, Japon, etc) dans le chiffre d'affaires est de près de 90%. Concernant le volume exporté, il est de 12.000 tonnes sous forme de balles pour le Pet et 2.000 tonnes de flakes. Pour le carton, le volume exporté avoisine les 15.000 tonnes (2.000 tonnes sur le marché local). Pour le Pet, en revanche et la production de filaments utilisés dans la fabrication de balaies, il y a un petit marché local (deuxième choix).


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