Le Parti justice et développement (PJD) veut aller vite dans la formation de sa coalition gouvernementale. Après une première étape consacrée aux visites de courtoisie et autres familiarités traditionnelles de prises de contact avec quelques partis, les choses sérieuses vont commencer. C'est en tout cas ce qu'on susurre du côté de la direction du parti où les réunions se multiplient. «Les prochaines consultations vont porter sur les modalités et les détails de la participation des partis qui veulent nous rejoindre», souligne un haut cadre du parti de la lampe. Après la défection de l'USFP qui est venue compliquer la tâche pour Benkirane, il s'agit de convaincre les formations qui hésitent encore à se décider et celles dont l'accord de principe semble acquis d'entamer la constitution du cabinet. Une manière de renvoyer un signal fort à l'opinion publique, à un moment où les cartes se brouillent de plus en plus. En dépit d'une marge de manœuvre assez réduite, les responsables du PJD veulent montrer qu'il n'y a pas péril en la demeure. Désormais, c'est la carte populaire qui est mise en avant pour compenser la perte des alliés du PI dans la Koutla, celle confirmée de l'USFP et celle, de plus en plus probable, du PPS. Car si au PPS, la question d'une éventuelle partucipation au prochain gouvernement n'est pas encore tranchée, du côté des compagnons de Mohand Laenser, c'est la consistance de l'offre de Benkirane qu'on attend pour décider. Une rencontre est d'ailleurs prévue incessamment entre les deux responsables politiques pour statuer sur cet aspect. Pris au piège S'il y a un parti qui traverse une délicate période, c'est assurément le PPS de Nabil Benabdellah. Le parti du livre qui, jusque-là, s'était engagé à faire bloc avec ses alliés de la Koutla, a été mis en difficulté par l'Istiqlal et l'USFP, lesquels ont opté, respectivement, pour la coalition gouvernementale et l'opposition. Si idéologiquement, la logique voudrait que le PPS s'aligne sur la voie des socialistes du parti de la rose, le principe ne fait pas recette au sein d'un parti partagé entre deux courants bien décidés à faire pencher la balance chacun en sa faveur. Preuve que la fracture est profonde entre les pro et anti-participation, la réunion du bureau politique, tenue lundi tard dans la soirée, n'a pas pu trancher sur la question. Ce qui a justifié la convocation du comité central du parti pour jeudi.Ce qui est sûr, c'est que quelle que soit l'issue de la rencontre et la décision qui en sortira, le PPS risque de laisser des plumes au sortir de cette épreuve. D'ailleurs, au niveau du PJD, on ne se fait guère trop d'illusions en se préparant à toute éventualité. Des contacts ont été établis avec la direction de l'UC de Mohamed Abied, qui pourrait également servir de «pneu de secours». Pour mieux sécuriser la constitution de son cabinet et conforter sa majorité, Benkirane n'a de toutes les façons pas encore fermé la porte de l'ouverture à tous les partis, une invitation qui semblent trouver écho même au niveau des partis qui ont, déjà, choisi le camp de l'opposition, comme en témoignent les frondes internes qui commencent à émerger de certains partis. Le RNI de Salaheddine Mezouar a, en tout cas, convoqué son comité central dans les tous prochains jours pour entériner la décision qu'il a prise juste après les élections.