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Le drapeau, la Nation et le hirak
Publié dans Les ECO le 05 - 02 - 2018

L'audience n°31 du procès du hirak du Rif a quitté le terrain juridique pour celui, glissant, de l'identité nationale. «Wach n'ta maghribi» (Es-tu marocain ?).. cette question lourde de sens pèsera dans le procès des militants du hirak.
Le procès des militants du hirak du Rif s'enlise. Et la séance du 1er février en était un exemple flagrant. Après cinq heures d'audience dans la salle n°7 de la Cour d'appel de Casablanca, les traits sont tirés, les silhouettes avachies. Il est 19 h 00 et les différents protagonistes de ce procès n'arrivent plus à dissimuler leur fatigue, chose qui se traduit par une impatience et des accrochages successifs. Cette «énergie négative», décrite par le représentant du parquet général, a fini par altérer le déroulement de l'interrogatoire. Une question malheureuse ou plutôt «un malentendu», selon le procureur, a fini par torpiller cette audience.
Quand l'audience s'indigne...
«Wach n'ta maghribi?», question que l'on peut traduire par : «est-ce que tu es marocain ?». Cette interrogation émane du juge Ali Torchi, président de la séance, à Mohamed Al Mahdani, 11e accusé à se présenter à la barre. Une fois ces mots lâchés, c'est le tollé général. La défense proteste. Les accusés crient au «scandale». Des membres des familles des détenus éclatent en sanglot. L'atmosphère devient électrique.
Me Khadija Rougani, membre de la défense, est la première à réagir. D'une voix nouée, elle lance un pavé dans la mare: «cette question laisse entendre la trahison». Et de rappeler un triste précédent: «c'est du jamais vu, depuis que Driss Basri a retiré la nationalité à Abraham Serfaty (ndlr :indépendantiste et militant politique marocain qui après 17 ans de prison fut expulsé en 1991 du Maroc vers la France par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Driss Basri, au motif qu'il était un ressortissant brésilien! ). Nous retournons à des heures sombres. Monsieur le Juge, vous nous menez vers l'inconnu», prévient-elle. Me Abdelkacem El Ouazzani renchérit : «Nous sommes dans un tribunal d'Inquisition». Face à la véhémence des réponses, le juge garde le silence. Les accusés quittent la salle. Les familles leur emboîtent le pas.
L'abcès est crevé...
Cette question a finalement crevé un abcès, celui de la lancinante accusation de «trahison». Les accusés, devant le juge, ont affirmé avoir été traités «de fils d'Espagnols» ou encore «de traîtres» au moment de leur arrestation à Al Hoceima. Lors de leur interrogatoire au niveau de la BNPJ, des questions récurrentes ont été posées au sujet de «leur appartenance nationale». «Nous ne sommes pas obligés de prouver notre nationalisme à chaque geste. Cela dure depuis 60 ans», ont-ils confié au juge Jawad Essabiri, quelques minutes avant la question polémique. «Monsieur le Juge, vous devez vous excuser. Nous ne laisserons pas cette question passer. C'est une atteinte à notre marocanité», lance Nasser Zefzafi, depuis le box des accusés. Les accusés scandent un slogan en réponse au juge: «Marocains, Marocaines, la justice est une mascarade dans ce pays». Les familles encore sous le choc quittent la salle en scandant aussi des slogans. Rachida, épouse de Mohamed Mejjaoui, un des meneurs de ce mouvement, proteste contre le comportement des forces de l'ordre qu'elle accuse de l'avoir bousculée, ainsi que [ses] deux filles en bas âge. En somme, le juge en charge de faire la police de l'audience a complètement perdu le contrôle de la séance. Il a fallu quelques minutes pour que la salle retrouve son calme. Rappelons le contexte de cette question. Le juge démarre l'interrogatoire d'El Mahdani par une question devenue classique dans ce procès: «Pourquoi portez-vous les drapeaux de la république du Rif et non le drapeau national?». À cette question, l'accusé répond: «Moi, je ne porte aucun drapeau lors des manifestations. Je suis citoyen marocain et fier de l'être». À cette affirmation claire, le juge pose sa question «qui n'a pas lieu d'être posée», selon les avocats de la défense. Me Mohamed Aghnaj abonde dans le même sens: «avec une telle question, la Cour a perdu de sa neutralité».Hakim El Ouardi, le procureur général, tente de reprendre le contrôle de l'audience avec finesse: «Dieu merci, ce sursaut d'orgueil de la salle montre une nouvelle fois que notre marocanité est une ligne rouge à ne pas franchir», affirme-t-il. La défense persiste et signe: «il faut que le juge retire sa question». Le procureur se transforme en défense de la Cour. «On ne peut affaiblir la justice, d'autant plus que cette demande n'a pas de fondement juridique», rétorque El Ouardi avec sa précision habituelle. Le juge tranche: «la Cour décide de refuser la demande du retrait de cette question». La Cour ne sera donc pas affaiblie, comme l'a souhaité le procureur, sauf que le danger de miner ce procès continue de planer, jusqu'à nouvel ordre.
«Séparatisme», le précédent de la majorité gouvernementale
Cette question du juge reprend une accusation galvaudée par les politiques et certains médias. En mai 2017, la majorité gouvernementale avait publié son fameux communiqué où elle prévient contre «l'instrumentalisation des revendications d'Al Hoceima de façon à nuire à l'intégrité territoriale du royaume». Le chef de gouvernement a reconnu que cette sortie était «une erreur» dans une interview accordée aux Inspirations ECO, à 2M et à Al Aoula en juillet 2017. Pourtant, cette suspicion autour de l'allégeance du Hirak s'est traduite en charges retenues par le parquet général contre ceux qu'on appelle les «meneurs du mouvement» (Zefzafi, Jelloul, Ahamjik, Mejjaoui et Al Assrihi). Chacun devait répondre de plusieurs chefs d'inculpation, notamment l'«atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat» (art. 201) et la «réception de fonds, de donations et d'autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d'attenter à l'unité et la souveraineté du royaume» (art.206).


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