Système de protection sociale : Les lapalissades de M. El Othmani    1500 participants visés par Basket F'Douar    Météo : Chutes de neige au menu…    Guerre mondiale : Retour à Rabat sur le rôle des soldats marocains    Brexit : La perspective d'un accord en novembre toujours aussi incertaine    Presse électronique : La FMEJ dénonce les comportements irresponsables    Elalamy fait le point sur les nouvelles normes marocaines    L'armateur CMA CGM lance une caravane au profit des producteurs agricoles marocains    Education    Parlement. Le code de déontologie sera-t-il respecté ?    Flash hebdomadaire    Botola Maroc Telecom : La belle remontée du Youssoufia de Berrechid    Pétrole : Les grands producteurs veulent éviter une surproduction en 2019    C'est parti pour le cadastre solaire marocain    Le Maroc participe à «La Semaine de la cuisine italienne dans le monde»    Les œuvres de Morran Benlahcen au So Art Gallery    Galerie H : Trois designers à l'honneur    Hamid Baali, victime de la neige ou de la négligence?    Le Maroc participe au Forum de Paris sur la paix    Adoption en commission de la première partie du projet de loi de finances 2019    Nadia Larguet obtient gain de cause dans une affaire d'atteinte au droit d'auteur    Afrique/administration. Le Maroc élu président adjoint    Dakhla: Le Brésilien Carlos Mario remporte la 2è édition du Championnat mondial de kitesuf    Interview – Elad Levi : « La musique andalouse, c'est toute ma vie ! »    Nadia Larguet obtient gain de cause dans une dans une affaire d'atteinte au droit d'auteur    SM le Roi participe à la commémoration du centenaire de l'Armistice    Journée scientifique de partage de compétences : La maladie de Parkinson examinée par des experts marocains et français    Nexans Maroc et Envol Afrique lancent «Nexans Côte d'Ivoire»    SAR la Princesse Lalla Hasnaa inaugure le Parc Hassan II de Rabat    Le sens de l'image    Le ministère de la justice rend un vibrant hommage à Abdelwahed Radi    Les dernières cartes à jouer du programme de privatisations?    Farine subventionnée. Une rente d'un milliard de dirhams    Divers    Signature à Rabat du protocole d'accord conférant au Royaume l'organisation des Jeux africains 2019    La Californie toujours en proie aux flammes    Cure de jouvence promise pour les maisons de jeunes    Finalisation d'un projet relatif au droit des autistes à l'éducation inclusive    Divers    Premier League Des milliers de supporters rendent à nouveau hommage à l'ancien propriétaire de Leicester    Mohamed Benabdelkader appelle à une gouvernance publique efficace, performante et productive    Abderrahmane El Youssoufi : La main tendue de S.M le Roi, une initiative sincère pour une victoire collective des Algériens et des Marocains    divers    Sofia'' de Meriem Ben M'barek rafle trois prix    Nouvelle édition de la "Nuit des philosophes"    Cri de l'âme'' de Abdelilah El Jaouhari en avant-première à Casablanca    Midterms: Une forte présence des femmes au Congrès mais…    Arrivée du Souverain à l'Elysée pour la commémoration du centenaire de l'Armistice    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La crise de la livre turque : est-ce vraiment un complot ?
Publié dans Les ECO le 17 - 08 - 2018

Pour le président, Recep Tayyip Erdoğan, les récentes turbulences que connaît la monnaie turque face au dollar américain sont dues à un complot occidental contre son pays et son leadership mais les analystes sont presque unanimes sur le fait que les raisons sont aussi bien structurelles que géopolitiques ; même si l'idée du complot existait, elle n'a fait qu'exacerber une situation macro-économique et structurelle déjà fragile.
Avec une inflation qui avoisine les 16%, un déficit du compte courant de presque 6% du PIB (seuil intolérable pour un pays émergent selon le journal français Les Echos), une dette externe qui ne cesse d'exploser (466,67 milliards de dollars, dont 69,7% pour le privé (Actualité News juin 2018)) et une livre qui a perdu presque 40% de sa valeur face au dollar depuis presque un an, la situation est plus que conjoncturelle.
La fuite des investisseurs se confirme chaque jour ; la contagion de la chute de la livre (qui a négativement impacté le Rand sud-africain et le Peso mexicain la semaine dernière) a créé une fuite loin des monnaies des marchés émergents. Le fond de toile de cette fuite des investisseurs «court-termistes» est l'effondrement des investissements directs, surtout de la part des Européens soucieux de l'attitude pugnace d'Erdogan, ses prétendues «tendances autoritaires» et sa rhétorique.
L'économie a certes connu une croissance de 7,4% en 2017 (la plus forte des 20 premières économies de la planète) grâce au dynamisme du secteur privé et la compétitivité des entreprises turques (connues sous le nom de «tigres anatoliens») mais c'est grâce à l'effondrement de la valeur de la livre que les exportations ont été dopées et que les flux de touristes ont connu un développement important. La croissance a connu une facture sociale assez lourde : le pouvoir d'achat des Turcs baisse et l'emploi n'a pas été positivement impacté par la croissance (le taux de chômage des jeunes est de
20%, presque deux fois la moyenne nationale).
Une situation macro-économique instable a été rendue pire par une guerre commerciale perdue d'avance avec les Etats-Unis (la force et la bonne santé de l'économie américaine rendent toute réaction de la part des Turcs presque insignifiante). Déclenchée par Trump, qui a augmenté les tarifs douaniers des importations de l'aluminium et de l'acier turc à cause du refus d'Ankara de relâcher un pasteur américain accusé de terrorisme, la guerre commerciale turco-américaine risque d'affaiblir davantage l'économie turque au moment où elle a besoin d'être soutenue par ses «alliés traditionnels» occidentaux. Les bouées de sauvetage lancées par le Qatar, la Russie et la Chine peuvent avoir des effets (comme on l'a vu cette semaine avec le regain de la livre de plus de deux points face au dollar), mais ils restent insuffisants.
Face à cette crise, Erdogan crie à la conspiration étrangère. Il est vrai que beaucoup en Occident aimeraient bien le voir partir mais les causes sont beaucoup plus profondes. L'inflation à deux chiffres doit être maîtrisée grâce à l'augmentation du taux directeur par la Banque centrale (dans la foulée de son inclinaison à centraliser le pouvoir, Erdogan l'a rendue politiquement dépendante de lui, contrairement aux normes et aux pratiques internationales). Le président turc refuse d'augmenter le taux directeur, disant que ce serait une recette fatale pour l'économie turque.
D'autres réformes concernent la restructuration de la dette privée et publique (en partenariat avec le FMI), un programme d'austérité afin de freiner l'effondrement du compte courant, rassurer les investisseurs (comme l'a fait cette semaine le ministre de l'Economie, Kayhan Ozer), revoir la loi sur la Banque centrale (la rendre plus indépendante du pouvoir politique)...
Ces réformes assorties de mesures rendant le climat politique et des droits de l'homme plus saints et une meilleure gestion des relations avec les alliés européens et américains pourront sortir la Turquie de la zone de turbulence actuelle. Sinon, loin de s'effondrer complètement, l'économie turque survivra mais malade et handicapée par des considérations géostratégiques et nationalistes qui ne sont dans l'intérêt ni de la Turquie, ni de ses alliés occidentaux.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.