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Un fonds d'aide, et après !
Publié dans Les ECO le 14 - 07 - 2010

Une subvention pour l'aide à la production musicale. Enfin ! C'est du moins ce que laissait penser la nouvelle annoncée, en début de saison et qui était attendue par les professionnels de la musique, depuis plus d'une année. Attendue peut-être, mais pas vraiment accueillie à bras ouverts. Et pourtant, après la création du fonds d'aide à la production audiovisuelle, l'aide octroyée au livre, et la subvention d'aide à la production théâtrale, la musique était l'un des derniers secteurs artistiques à «souffrir» encore de l'absence du soutien du ministère de la Culture. Heureusement, les artistes n'ont pas attendu que celle-ci voie le jour pour réaliser, produire, vendre et faire tourner leurs créations. Mais il s'agit tout de même de 300.000 dirhams d'aide octroyée à tout projet musical sélectionné par une commission représentant ce nouveau fonds.
Vous avez dit aide à la musique ?
Voici un mois déjà que cette nouvelle subvention a été publiée au Bulletin officiel. Résultat, à part quelques personnes averties, nombreux sont les producteurs, artistes, compositeurs, bref, tous les professionnels de la musique qui ne sont pas au fait de l'entrée en vigueur de cette fameuse aide. Contactés par Les Echos quotidien, le rappeur Don Bigg, la chanteuse Oum, le compositeur Nouri ou encore le président de l'Orchestre philarmonique du Maroc, Farid Bensaid, ont déclaré ne pas être au courant. Pas étonnant, quand on constate que le site du ministère lui-même n'a diffusé aucune information à ce sujet, attendant peut-être le lancement du premier appel à participation pour communiquer. «Cela fait plus d'un an qu'on en parle», ajoute, tout de même, le chanteur et compositeur Nouri. Celui-ci ne manquera pas d'ailleurs de faire part de son scepticisme quant aux conditions d'octroi de cette aide accordée conjointement par les ministères de la Culture et de l'Economie et des finances. Pourtant, à ce sujet, l'autorité gouvernementale chargée de la culture est claire: «Bénéficie des subventions financières l'un des acteurs dans le domaine de la musique et de la chanson marocaine (paroliers, compositeurs, chanteurs marocains, arrangeurs et instrumentalistes)... quelle que soit sa personne juridique (physique, association, orchestre ou établissement artistique)». Mais c'est plus loin que la question du bénéficiaire fait écho dans la profession. Concernant les modalités de la demande de soutien, le candidat doit déposer deux dossiers : le premier administratif, regroupant l'ensemble des pièces juridiques et financières servant de justificatifs ; le second artistique, est sujet, par contre, à controverse. En effet, la commission demande au candidat de déposer «les textes des paroles (...), les partitions musicales du projet, la maquette dans un enregistrement (...) des œuvres composant le projet». Pour Hicham Abkari, directeur du Théâtre Mohammed VI de Casablanca, ces conditions sont d'emblée restrictives : «On ne peut pas demander à un rappeur ou à un musicien de fusion de travailler à partir de partitions musicales. Et s'il dépose ses textes à la commission, les membres peuvent être choqués par le type de langage utilisé». Ce que déplore Abkari, c'est surtout l'inadéquation des textes avec la réalité du paysage musical marocain actuel. La nouvelle scène ne serait-elle pas indirectement exclue de cette aide financière ? La question se pose, mais ce n'est pas tout. En effet, s'il est vrai que les nouvelles générations d'artistes ne créent plus de la même manière qu'hier, les textes de cette subvention ne semblent pas prendre en compte certains détails importants, valables pour l'ensemble de la profession : Qui assure le respect des droits d'auteur des projets déposés et non sélectionnés ? Quelles sont les conditions financières d'octroi de la subvention ? À quel cahier des charges techniques, la production de l'album doit-elle répondre ? Quel contrôle la commission assure-t-elle des produits réalisés une fois lancés sur le marché (réussite ou échec)? En gros, qu'y a-t-il après la production ? À ce sujet, Amel Abou El Aazm, directrice de la Fondation des arts vivants estime que «ce n'est pas au ministère de trouver des solutions au problème de distribution, mais aux entrepreneurs privés». Et d'ajouter que «cette aide devrait permettre d'augmenter la production musicale et par conséquent encourager les entrepreneurs privés à développer un réseau de distribution plus important». Une relation de cause à effet qui semble cohérente, pour peu qu'elle ne prenne pas en compte l'influence (non négligeable) du réseau alternatif, et la faible demande du marché musical marocain. Une aide pour «redorer le blason de la musique marocaine est une belle initiative», souligne Abkari, mais ce blason ne cache-t-il pas une crise professionnelle plus profonde ?
Entre des syndicats en désaccord, des artistes en concurrence, sans carte professionnelle, ni mutuelle, et qui n'ont toujours pas trouvé de solution au problème de la retraite, brandir 300.000 DH sous le nez de professionnels en souffrance n'est-il pas quelque peu déplacé, dans «un secteur qui a d'abord besoin d'être professionnalisé et structuré ?», comme le souligne Nouri.
Arroseurs arrosés
Des juges qui se retrouvent au banc des accusés, cela peut encore passer. Mais, l'inverse reste difficile à admettre. Comment un artiste peut-il décider de la qualité artistique d'un autre créateur ? Surtout si l'un et l'autre, ne sont pas dans le même créneau. Un interprète de musique andalouse, classique ou chaâbi, peut-il foncièrement juger un rappeur, un musicien de fusion, ou un DJ électro sur sa créativité ou ses qualités d'innovation ?
La question se pose dans les deux sens. Pas encore formée, la commission nationale du soutien à la chanson marocaine est déjà pointée du doigt pour subjectivisme. Regroupant une brochette de professionnels du secteur, certains regrettent l'absence d'au moins un représentant du ministère des Finances, d'autres n'hésitent déjà pas à mettre en doute la bonne foi des futurs membres de la commission : «Comme c'est le cas pour le fonds d'aide au théâtre», entendrons-nous. Avec autour de la table, un représentant du ministère de la Culture, deux compositeurs et représentants des organisations professionnelles, un arrangeur, un poète, un zejjal, un chanteur, un critique et un producteur, la question de la subjectivité au moment de la sélection des projets retentit dans les loges de la profession.


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