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Une gangrène appelée pêche illicite
Publié dans Les ECO le 07 - 12 - 2009

Samedi 5 décembre, les bateaux de la filière céphalopodière levaient l'ancre pour la première fois depuis que le plan Halieutis a été présenté par Aziz Akhenouch en septembre 2009. Mais cela fait déjà plus de deux années que les professionnels de la pêche au poulpe attendent qu'un nouveau dispositif soit mis en place pour combler les failles de la réglementation existante. Un vœu pieux tout compte fait puisque, de l'avis de nombreux opérateurs, la stratégie Halieutis n'a évoqué aucun changement ni dans l'immédiat, ni à moyen terme, pouvant améliorer les conditions de la pêche. Même au niveau des quotas tolérés par l'Institut national de la recherche halieutique, aucune modification n'est à noter par rapport à la même période de l'année dernière. Ce sont toujours les 29.000 tonnes qui constituent le plafond admis par le département de tutelle. Un niveau expliqué par l'état d'une ressource qui n'a pas encore réussi sa reconstitution en dépit des discours rassurants d'Akhannouch où il note que la filière a réussi sa sortie de crise. Crise où la ressource n'est pas l'unique souci des opérateurs dont certains ont carrément trouvé des difficultés financières pour s'approvisionner en carburant. «Le ministre doit être bien informé puisque nombreux de ces opérateurs traînent des ardoises avec la station Ifriquia entre autres», ironise Abderrahmane El Yazidi, secrétaire général du Snomph (Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière). Tout sens de la dérision mis à part, il faut dire que le terme redressement judiciaire a intégré, depuis quelques années, le jargon des armateurs. «Pour que ces entreprises puissent sortir du rouge, il leur fallait au moins deux à trois saisons de pêche exceptionnelles. Avec les niveaux de quotas qui ne bougent pratiquement pas, le défi n'est pas du tout à leur portée», analyse une source autorisée à l'Apapham (Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc). Et de poursuivre, «la crise financière internationale n'arrange pas non plus les choses. Elle a engendré des baisses de prix allant jusqu'à 40%. Dans ces conditions, il devient extrêmement difficile de redresser la barre». Pour boucler la boucle, les banques, déjà au parfum du malaise financier que vit le secteur, n'accordent plus autant de facilités que par le passé. «Nous y sommes pour beaucoup», lance un grand armateur de la place. Et d'expliquer, «si les banques ne croient plus en nous, c'est parce que nous avons publiquement
exprimé nos difficultés. Ce qui leur a mis la puce à l'oreille».
Pêche illicite, ça continue
Dans ce branle-bas général, il n'y a pas que les armateurs qui montent au créneau. Au moment même où la reprise se préparait, d'autres voix s'élèvaient pour dénoncer le chaos dans le secteur. Pêche illicite, implication des services de l'ONP, mutisme de l'administration de tutelle, autorisation des petits maillages au profit de certains chalutiers... tout un lot d'anomalies qui sont dénoncées. Et pour mieux se faire entendre, dans les sens propre et figuré, des banderoles ont été brandies et des haut-parleurs activés. Rien qu'au mois de novembre, il ne se passait pas une semaine sans qu'un sit-in ne soit observé par le Snomph. Le port de pêche et la Chambre professionnelle étaient investis pour y manifester une grogne qui ne cessait d'enfler suite à une montée en puissance des réseaux de contrebandiers du poulpe, essentiellement durant les périodes de repos biologique.
Halieutis, la grande énigme
«L'Etat nous demande de quitter la mer pour laisser la ressource se multiplier. Mais finalement, dès que nos bateaux sont arrimés aux quais, les braconniers investissent les lieux. Il faut mettre un terme à cette situation qui ne fait que s'amplifier», s'insurge un responsable à l'Apapham. En effet, ce phénomène qui permet à de gros trafiquants du poulpe de se sucrer les doigts a, à maintes reprises, été dénoncé, sans que le ministère ne diligente une enquête officielle pour délimiter les responsables qui balisent la voie aux braconniers.
Décidément, Akhenouch, même après avoir sorti le plan Halieutis, ne semble pas répondre aux attentes des intervenants du secteur. D'ailleurs, pour la petite histoire, les professionnels assurent qu'ils n'ont pas encore le détail de la stratégie. «Nous ne disposons que du document qui a été distribué en marge des assises de la pêche et qui relate les grandes lignes du plan. Depuis, nous n'avons eu cesse de relancer les responsables du ministère pour nous envoyer une copie du rapport ou de nous fixer une réunion pour en discuter. Nous n'avons pas eu de réponse».
C'est d'ailleurs ce manque de communication qui est reproché au ministère. Une politique d'étanchéité tous azimuts puisque pratiquement toutes les demandes d'entretien essuient un refus. Un constat mis en exergue par tous les partenaires. «Même quand nous explicitons nos demandes par courrier, il est très rare qu'on obtienne une réponse. La dernière en date concerne la généralisation du repos à tout le littoral pour contourner le trafic. Nous n'avons eu que des promesses de réponses, mais rien de concret, tout compte fait », confie un professionnel. Et de se reprendre, grand sourire aux lèvres, «heureusement que l'Union européenne est là pour nous aider à barrer la voie à ces trafiquants». En effet, c'est à partir du 1er janvier 2010 qu'une nouvelle réglementation de traçabilité sera mise en place. Dès cette date, aucun poisson ne pourra être écoulé sur le territoire européen sans disposer d'un document de capture prouvant qu'il est pêché licitement. Un grand «Ouf !» de soulagement et du boulot qui s‘impose à l'administration, obligée de fournir ces certificats d'origine.
La demande de report refusée
Annoncée pour le 5 décembre, la reprise de la pêche au poulpe aurait pu être reportée de quelques jours. La demande a été exprimée par la corporation de la pêche céphalopodière, mais a fini par essuyer un grand refus de la part de l'administration de tutelle. Et pour cause. C'est l'Institut national de la ressource halieutique qui décide des dates de repos biologique, mais aussi des reprises.
Les arguments des professionnels n'ont pas
pu convaincre une administration qui ne voulait pas ouvrir la voie aux dérogations dans un domaine qui relève de la science. «Le moment est mal choisi. Le report demandé allait nous permettre de pêcher un poulpe de taille plus importante.
En contrepartie, il n'allait pas avoir un impact négatif sur la ressource», justifie un armateur. En effet, parmi les raisons que certains opérateurs ont évoquées, celle relative à l'Aïd Al-Adha. «S'il fallait reporter la date, des actions d'accompagnement devaient au moins être imaginées pour compenser les pertes liées aux journées non travaillées. In fine, c'est le petit marin qui est perdant en cas d'arrêt», souligne Abderrahmane Yazidi, SG du syndicat national des marins et officiers de la pêche hauturière. Une proposition allant dans ce sens a déjà été émise pour couvrir les périodesde repos biologique durant lesquelles le personnel ne perçoit pas de rétribution. Aucune action allant dans ce sens n'a été mise en place.
« Le stock du poulpe est en reconstitution »:Abdellatif Berraho, DG de l'INRH
Les Echos : Certains opérateurs souhaitent que la date de reprise soit reportée au 10 de ce mois.
Y a-t-il des raisons scientifiques qui plaident en faveur de cette demande ?
Abdellatif Berraho : Parmi les conclusions du rapport sur la campagne de prospection et d'évaluation entreprise sur les stocks du poulpe par l'INRH, le démarrage de la pêche pourrait se faire à partir du début décembre 2009. Le report demandé par la profession jusqu'au 10 décembre est motivé par les congés liés à la fête de l'Aïd Al-Adha et non pas par des raisons scientifiques.
Le trafic du poulpe continue malgré les arrêts biologiques. Dans ce contexte, comment se porte aujourd'hui la ressource poulpière ?
Actuellement, le stock du poulpe est toujours en phase de reconstitution. Il commence à retrouver l'équilibre du cycle de reproduction. Mais il va sans dire que tout manquement à l'application de ces mesures de gestion comme la pêche illicite, la capture des juvéniles, la pêche dans les zones et les périodes interdites... ne fera que retarder la reconstitution de ce stock.
Il a toujours été demandé que le budget de l'INRH soit revalorisé. Cette demande a-t-elle pu être satisfaite dans la loi de finances 2010 ?
Il faut savoir que le budget est alimenté par deux sources. D'une part, les subventions de l'Etat prévues dans la loi de finances et, d'autre part, les taxes parafiscales liées à la flotte de pêche en exercice et d'autres ressources supplémentaires à propos desquelles l'INRH est en concertation avec le Département de tutelle pour
les identifier et les mobiliser
en aval.
Quels sont vos projets menés en relation avec le plan Halieutis ?
Des actions ont été confiées
à l'INRH dans le cadre de la stratégie «Halieutis», présentée à l'occasion de la session extraordinaire du Conseil supérieur pour la sauvegarde et l'exploitation
du patrimoine halieutique.
Il s'agit notamment d'établir un inventaire exhaustif des ressources halieutiques nationales à intérêt économique, de préparer les éléments scientifiques et techniques pour l'élaboration des plans d'aménagement de ces ressources (petits pélagiques, merlu/crevettes, requins, thon, espadon, algues, corail, etc.), de contribuer en collaboration avec le département de la Pêche maritime et l'ONP à la mise
en place d'un Système d'information halieutique intégré (SIH), d'identifier les sites potentiels pour l'aquaculture (pisciculture marine et conchyliculture)
et d'élaborer un schéma directeur pour le développement aquacole
de ces sites.


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