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Interview avec Malak Dahmouni : « L'identité du FICAR s'est forgée sur 30 ans d'engagement envers le cinéma d'auteur »
Publié dans L'opinion le 17 - 11 - 2025

Le Festival International du Cinéma d'Auteur (FICAR) a célébré en grande pompe sa 30e édition, confirmant une fois encore son rôle de rendez-vous incontournable pour les cinéphiles et les créateurs. Compétition affûtée, projections audacieuses, débats animés et ateliers pointus, l'événement a offert, du 8 au 14 novembre, un véritable panorama de la création contemporaine. Malak Dahmouni, directrice artistique du festival, nous en dévoile les coulisses.
* À l'aube de la 30e édition du FICAR, comment définissez-vous aujourd'hui l'identité de ce festival ? Qu'est-ce qui le distingue des autres festivals de cinéma au Maroc et dans la région ?
L'identité du FICAR s'est forgée sur trente ans d'engagement envers le cinéma d'auteur. Un cinéma qui interroge, qui ose, qui raconte le monde avec profondeur. Cette année, nous avons reçu près de 3 000 soumissions, preuve du rayonnement international que le festival a acquis.
Cette richesse est le résultat d'un travail de fond que nous menons depuis plusieurs années, en présentant le FICAR dans différents festivals à travers le monde et en construisant des passerelles entre les cultures. Ce qui distingue le FICAR, c'est sa cohérence artistique, mais aussi son humanité, son ouverture et sa volonté d'être un espace de dialogue culturel authentique.

* Pour cette édition, le Sultanat d'Oman est l'invité d'honneur et plus de 150 films sont présentés. Quels critères ont été privilégiés dans le choix des films et des pays invités ?
Le choix du Sultanat d'Oman repose sur une relation durable. Nous suivons le Festival de Mascate depuis sa première édition et nous avons récemment signé la première convention d'échange entre nos deux festivals. Nous avons toujours tenu à ce qu'une délégation marocaine soit présente à Mascate — films, réalisateurs, producteurs et professionnels.
Les films de cette édition proviennent de plus de 40 pays, sélectionnés selon la qualité artistique, l'originalité du regard et la diversité culturelle. Les 3 000 soumissions reçues ont permis de construire une programmation riche, variée et profondément humaine.

* La section « jeune public », la compétition documentaire et le « Market Placement » sont évoqués comme nouveautés. Pouvez-vous nous expliquer ces volets et expliquer en quoi ils sont stratégiques pour le festival ?
La section « jeune public » initie les enfants au cinéma, car la cinéphilie commence tôt. La compétition documentaire donne enfin une place centrale au cinéma du réel.
Le « Market Placement », une première au Maroc, crée un pont entre créateurs et entreprises pour soutenir le financement et encourager des collaborations innovantes.
Ces trois volets élargissent l'impact du festival et renforcent son rôle professionnel et éducatif.

* En tant que directrice artistique, quel est le plus grand défi que vous avez rencontré dans l'organisation d'une édition de cette envergure ?
Au-delà de la direction artistique, je gère également toute l'organisation du festival, ce qui n'est pas une tâche facile pour un événement de cette taille. Coordonner les soumissions, les invités internationaux, les partenariats, la logistique, les salles, la communication et les équipes, demande une vision globale et une grande capacité d'adaptation.
C'est un défi permanent, mais aussi une aventure humaine portée par une équipe passionnée et un immense amour pour le cinéma.

* Quels sont les projets ou ambitions pour les prochaines années du FICAR ?
Nous voulons renforcer l'ouverture internationale du festival, attirer davantage d'avant-premières et développer les master classes, formations et rencontres professionnelles.
Nous souhaitons consolider le « Market Placement » pour en faire un espace incontournable de soutien à la production marocaine.
Le FICAR poursuivra également la construction de ponts internationaux afin de favoriser la circulation des films et des talents. Notre ambition est de continuer à écrire l'histoire du festival avec encore plus de force et d'ouverture.

Recueillis par Youssef Benkirane

Une cérémonie de clôture marquée par des distinctions « bien méritées »
La soirée de clôture du festival, vendredi 14 novembre, a dévoilé un palmarès riche en émotions et en diversité artistique. Dans la catégorie long-métrage, le Grand Prix Hassan II a été attribué à « OBRAZ » du Monténégrin Nicola I. Vukcevic, un récit bouleversant où un enfant traqué trouve refuge chez son ennemi. Confronté à un choix impossible, l'hôte oscille entre sauver l'enfant ou risquer la sécurité de sa propre famille. L'intensité du film a également valu à Edon Rizvanolli le prix de la meilleure interprétation masculine.
Le Prix du scénario est revenu au Japonais Masakazu Kaneko pour « RIVER RETURNS », une œuvre à la croisée du mythe, de la nature et du réalisme magique. L'intrigue nous ramène en 1958, à l'approche d'un typhon dévastateur : un jeune garçon s'aventure vers une mystérieuse piscine de montagne hantée dans l'espoir d'apaiser un esprit en colère dont la tristesse frappe son village depuis des générations. Kaneko signe une fable intemporelle sur les liens fragiles entre l'homme et la nature.
Le prix de la meilleure interprétation féminine a été décerné à Fereshteh Hosseini pour son rôle puissant dans « Dwelling Among the Gods » du Serbe Vuc Rsumovic. Elle y incarne une jeune Afghane arrivée à Belgrade au plus fort de la crise migratoire, apprenant la mort tragique de son frère dans une rivière. Sa quête pour lui offrir une sépulture digne devient le moteur d'une lutte intime et déchirante.
Le Prix du jury a distingué « Songs of Adam » de l'Irakien Oday Rasheed, qui plonge dans la Mésopotamie de 1946. Le film suit Adam, 12 ans, décidé à ne jamais grandir, tandis que ses proches doivent affronter le passage implacable du temps sans lui. Une œuvre sensible sur l'innocence, la mémoire et la fatalité.
Côté courts-métrages, « Chikha » de Zahoua Raji et Ayoub Layoussifi (Maroc–France) a remporté le prix de la meilleure œuvre courte. Le film met en scène Fatine, 17 ans, partagée entre la tradition familiale de l'Aïta, incarnée par sa mère, chikha, et son désir d'une vie plus conventionnelle auprès de son amoureux Youssef, qui dénigre cet héritage. Entre passion, identité et pression sociale, Fatine se retrouve face à un choix décisif qui redéfinira son avenir.
Dans la catégorie documentaire, « Yalla, Baba! » d'Angie Obeid a été couronné. L'œuvre raconte un road trip intime entre la réalisatrice et son père, Mansour, rejouant un voyage entrepris quarante-deux ans plus tôt. Le film tisse un dialogue intergénérationnel autour de la migration, de la religion, du conservatisme, de la famille, du féminisme et de la tolérance, tout en revisitant les grands questionnements qui traversent les sociétés arabes contemporaines.
L'ensemble de cette compétition a été évalué par un jury international présidé par l'acteur, réalisateur, scénariste et producteur français Jean-Claude Barny. Il était entouré du producteur marocain Karim Debbagh, de la productrice iranienne Elaheh Nobakht, de la cinéaste burkinabé Maïmouna NDiaye, de la réalisatrice néerlandaise Marjolein de Koning, de la jeune réalisatrice marocaine Khaoula Sebbahi, ainsi que du réalisateur et auteur marocain Hicham Lasri, reconnu pour son approche audacieuse et subversive.
Après avoir braqué les projecteurs sur le cinéma jordanien l'an dernier, le festival a choisi cette fois de mettre la Sultana d'Oman à l'honneur, ouvrant une nouvelle fenêtre sur un imaginaire cinématographique encore méconnu.
Dès l'ouverture, le weekend dernier, la star égyptienne Leila Elwi a électrisé la salle par sa présence magnétique, donnant le ton d'une édition placée sous le signe de l'élégance et de l'émotion.


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