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«Le numérique c'est comme le Rock & Roll, c'est une attitude plus qu'une technique» : Thierry Buanic, Expert de la PAO et de la colorimétrie.
Publié dans Les ECO le 18 - 02 - 2011

Les Echos quotidien : Récemment vous avez animé un séminaire à Casablanca sur le thème de la colorimétrie. Comment expliquez-vous aux professionnels de la presse la gestion de la couleur ?
Thierry Buanic : C'est simple, la gestion de couleurs permet de retrouver la même couleur partout, quel que soit le support. Le but est d'être capable de reproduire exactement ce qu'on a voulu au départ même lorsqu'on passe d'un support à l'autre. Il y a là un intérêt économique évident, car la publicité ne paie qu'à condition que la parution du visuel soit de bonne qualité. Aujourd'hui, il s'agit un souci réel pour les éditeurs marocains d'être présents dans les kiosques dans un format de bonne qualité.
Dans quelle mesure cela est-il réalisable avec les techniques dont nous disposons au Maroc ?
Il y a deux choses à prendre en compte : D'abord la gestion de la chaîne technique, et à ce niveau le PDF a beaucoup apporté puisqu'il n'est plus question de diffuser les fichiers natifs avec un fort problème de format ou de couleurs. L'autre point essentiel, c'est la formation, et pas seulement pour la couleur.
Le Maroc est dans la même situation que la France, il y a dix ans. Encore qu'en France, les professionnels avaient du mal à passer aux nouvelles techniques. Or à mon sens, le numérique c'est un peu comme le Rock & Roll, c'est une attitude plus qu'une technique. On n'est plus dans la notion de films, de matériaux physiques, mais dans des fichiers électroniques. Au Maroc, vous avez une chance extraordinaire, car beaucoup de gens partent pratiquement de zéro, mais il faut les former.
Lorsque vous parlez de formation, à quoi pensez-vous exactement ?
Contrairement à ce que beaucoup pensent, la couleur n'est pas simple. On est dans des métiers qui nécessitent de vraies qualifications. Je pense qu'il est temps d'arrêter de croire qu'avec un peu de bon sens on devient directeur artistique. Il faut avoir un certain nombre de bases et surtout regarder ce que les autres ont déjà fait. Dans ce métier, nous n'inventons rien. Nous refaisons les choses que d'autres ont déjà faites. Nous ne sommes pas des artistes, mais des artisans. Je crois que c'est un peu ce qui manque ici, cette formation qui fait que les gens comprennent mieux pourquoi ils utilisent telle ou telle technique. Pour progresser, il faut absolument arriver à développer la culture générale graphique... c'est en cela qu'Internet est un très bon outil.
Ne risque-t-on pas de tomber dans le copier coller ?
C'est pour ça qu'il faut toujours avoir un coup d'avance. Ce n'est pas si évident, car chez nous on a encore tendance à s'inspirer des exemples étrangers... Il faut arrêter de penser «chez nous». Aujourd'hui, la communication est globale. Je crois vraiment que la globalisation est en train de tout emporter. Demain, le problème sera de garder des particularités culturelles. Dans la presse, il faut voir la concurrence de manière globale et observer également des journaux tels que Le Monde, Le Figaro, le New York Times ou le Shanghai... Je crois qu'il faut cesser de raisonner local en communication. C'est d'ailleurs ce que je peux reprocher à la presse marocaine : on n'accorde pas assez de place à l'international, à mon sens. Il y a vraiment quelque chose à faire à ce niveau-là. Maintenant, toute la difficulté est de maintenir l'équilibre entre les deux. Autrement dit, «agir local en pensant global».
En parlant de presse, la tendance lourde est celle du numérique. Qu'en pensez-vous ?
Je ne crois pas que le papier soit amené à disparaître, mais il est vrai qu'aujourd'hui la communication imprimée est en baisse. À mon avis, nous assisterons dans les 20 prochaines années à une espèce d'atterrissage en douceur des investissements dans le secteur. Le problème maintenant est de trouver un modèle économique viable. Tout le monde a bien compris qu'il fallait se diversifier sur d'autres médias, mais on se contente encore de reproduire son contenu sur écran. On se demande aussi comment le faire payer. Beaucoup de journaux ont fait l'erreur de mettre leur contenu papier gratuitement sur écran. À présent, c'est plus difficile de rendre payant quelque chose de gratuit. L'inverse par contre est plus simple. Je crois beaucoup au modèle «All media» : un groupe capable d'avoir une diffusion papier, web et mobile.
Concrètement, comment voyez-vous ce modèle All media ?
Nous sommes dans une communication à trois temps. Une info brute et courte sur les PDA. Une heure après sur le Web avec des photos et/ou vidéos ainsi qu'un début d'analyse, et le lendemain une information plus détaillée avec une véritable analyse et des points de vue différents. Je pense que c'est vers cela qu'il faut aller aujourd'hui. Mais là aussi, il faut partir du même matériel. Ce qui rejoint ce qu'on disait sur la technique : il faut être capable de gérer les techniques de gestion des photos afin de gagner du temps.
Dans quelle mesure la gestion de couleurs permet-elle également d'optimiser les coûts ?
Concrètement, c'est à travers l'optimisation des coûts de main-d'œuvre. Je ne crois pas en l'image automatique. Il y a, selon moi, toujours un besoin d'une sensibilité pour régler l'image, mais s'il y a une étape qui permet d'utiliser le même produit sur plusieurs supports différents sans avoir à la retravailler, c'est là qu'on arrive à gagner du temps et donc à économiser les coûts.
Peut-on parler de «seuil de tolérance» en termes de synchronisation de la chaîne de production ?
Je crois qu'il est nécessaire de tout synchroniser, cela permet du coup de diminuer le nombre d'étapes. Aujourd'hui par exemple, beaucoup de jeunes photographes ont une formation sur la couleur qui leur permet de prendre une image déjà orientée vers le résultat final. Le nombre d'interventions est alors limité. Dans ces conditions, je pense qu'il y a peu d'avenir pour la photogravure, c'est une étape qui est en train de disparaître. Les photos auront toujours besoin d'être légèrement retouchées ou recadrées, mais plus besoin de traiter toutes les images.
Ce qui suppose, par contre, que le photographe soit également formé à la colorimétrie au même titre que l'éditeur. On voit même aujourd'hui des journalistes qui s'y sont formés pour mieux choisir leurs photos.
Pour finir, quelles sont, à votre avis, les tendances à venir dans les cinq à dix prochaines années en matière de presse graphique ?
Ce qui est évident, c'est que la couleur n'est plus une tendance, c'est une nécessité. Ensuite, il y a la réorganisation de l'information à l'écran. On constate qu'il y a un rapprochement entre l'écran et le papier. Ce qui donne d'ailleurs un style beaucoup plus original. En matière d'impression, on observe également une tendance lourde, celle du rapprochement du journal vers le magazine. On voit des journaux arborer des illustrations plus grandes avec peu de textes à côté, par exemple. L'infographie est également une tendance lourde dans le métier.
Le Figaro est un bon exemple du développement de l'infographie : une carte lorsqu'on parle d'un pays, des graphiques, des illustrations... L'objectif est vraiment de créer des pages avec une place importante accordée au visuel, mêlant parfois même photos, graphiques, illustrations...
SA


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