Ce n'est plus qu'une question de temps ! La nouvelle offre logistique de Barid Al-Maghrib est dans le pipe. En effet, un appel d'offres ouvert a été lancé par l'opérateur pour la sélection d'un cabinet de conseils en stratégie qui se chargera de définir sa «stratégie de positionnement dans le contrat-programme logistique national». Après la mise sur pied de son activité bancaire (Banque Postale), c'est autour de l'activité logistique que se dessine la stratégie de développement de la Poste nationale. En outre, vu l'importance grandissante reconnue au secteur logistique dans la stratégie gouvernementale, et les implications macroéconomiques qui lui sont associées, les enjeux de ce nouveau positionnement sont considérables; car, à travers son statut d'entreprise à vocation publique, ainsi que la nature de son métier traditionnel (courrier et messagerie), la Poste devrait se hisser à terme au rang d'acteur majeur dans le métier. Aujourd'hui, l'heure est encore à la définition des grandes orientations stratégiques. Pour cela, la principale équation qui devra être résolue par le prestataire sélectionné, au terme de l'appel d'offres, sera d'étoffer l'offre logistique nationale tout en s'assurant de la rentabilité des services proposés. Outre la mission de service public associée à Barid Al Maghrib, le Cahier des prescriptions spéciales (CPS) relatif à l'appel d'offres est clair: s'assurer de l'intérêt et de la rentabilité du métier logistique pour l'opérateur figure en tête de liste des objectifs de l'étude. Par là même, le cabinet sélectionné aura, également, comme missions, de donner, à la poste, une «visibilité sur le marché marocain et une connaissance fine de ses mécanismes», de définir le positionnement adéquat au niveau de la chaîne de valeur logistique, ainsi que le niveau d'investissement requis pour mener à bien ce nouveau déploiement, le tout à un horizon s'étalant jusqu'en 2017. Ce qui débouchera sur la construction d'un business plan septennal accompagné d'un master plan de mise en œuvre. Trois scénarii Pour la mise en œuvre du projet, trois scénarii sont envisagés et soumis à étude par Poste Maroc : «déploiement en propre», «déploiement en partenariat avec un opérateur national» ou encore «déploiement en partenariat avec un opérateur de renommée internationale». Ainsi, le cabinet retenu sera-t-il amené à dresser une liste d'opérateurs «éligibles» au partenariat. Quel que soit le scénario retenu, tout porte à croire qu'une nouvelle filiale dédiée verra le jour pour porter le métier logistique. Un autre enjeu de ce positionnement stratégique consiste en la manière d'interagir avec les autres opérateurs engagés dans le chantier logistique national. À leur tête, la Société nationale de transport et de logistique (SNTL), également dans le giron de l'Etat. En effet, l'ex-Office national des transports est en première ligne dans ce chantier. Pour Barid Al Maghrib, la SNTL sera de fait, soit un concurrent direct, soit un partenaire incontournable, selon que les structures des deux offres soient similaires ou complémentaires. Les deux situations sont envisageables, mais la seconde est bien plus vraisemblable, puisque les deux structures sont parties prenantes dans le même contrat-programme. Pour Poste Maroc, il s'agit d'un chantier colossal en termes d'effort d'investissement : plateformes, entrepôts, rayonnage, outils de manutention, moyens de transport, système d'information, ressources humaines, etc., nécessiteront des ressources financières à la hauteur des ambitions de ce contrat-programme. L'opérateur pourra, toutefois, tirer profit de son expérience historique dans la gestion du courrier et de la messagerie, dont il bénéficiera des effets de synergie, principalement, dans la gestion du «dernier kilomètre». Déjà, Poste Maroc couvre tout le territoire national, propose des solutions intégrées pour la prise en charge des marchandises, dessert plus de 220 pays à travers sa filiale EMS Chronopost Maroc, et a dégagé, en 2009, un chiffre d'affaires de 80,5 millions de DH par son activité de messagerie.