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Alerte inflation !
Publié dans Les ECO le 14 - 06 - 2012

Dans une économie où les avoirs et les engagements ne sont pas à l'équilibre, et où la plupart des indicateurs macroéconomiques sont au rouge, l'augmentation du prix des carburants sonne comme un grand coup de massue porté à la productivité, voire pour certaines entreprises, à la compétitivité du tissu productif national, du moins pour l'année en cours. En effet, 2013 devrait être l'année du déploiement du programme gouvernemental tel que l'Exécutif aurait aimé le faire pour cette année, si ce n'était les vicissitudes électorales et politiques de l'année 2011. En attendant une réforme globale de la Caisse de compensation et par conséquent un ciblage plus précis des subventions, tels que promis par le chef de gouvernement, cette hausse pose plus d'une question, qu'une note diffusée par le Centre marocain de conjoncture (CMC) résume parfaitement. Pour le Centre, en effet, outre le manque de visibilité sur l'efficacité et les effets induits par une telle décision «unilatérale» pour nombre d'observateurs, la question qui dérange in fine, est celle du tabou de l'inflation.
Une décompensation qui passe mal
Le mal intrinsèque est connu et porte un nom, la Caisse de compensation. Comme le disait le ministre chargé des Affaires générales, Mohamed Najib Boulif, «la problématique de la hausse des prix ne peut être entièrement mise sur le dos du gouvernement». Il a d'ailleurs parfaitement raison sur ce point. Si, en effet, l'explosion de la Caisse de compensation menace les finances de l'Etat et ses marges de manœuvre aujourd'hui, cette problématique ne date pas d'hier.
Par le passé, aucun gouvernement n'a osé effectivement s'attaquer à ce problème, laissant de mandat en mandat un boulet au pied du gouvernement suivant. En tant que pays importateur de pétrole et sachant qu'aujourd'hui cette facture représente 80% de la charge de compensation, la réflexion aurait dû être entamée depuis bien longtemps. «Le gouvernement actuel a fait preuve d'un grand courage et de pragmatisme», commente Mohamed Berrada, économiste et président du Centre Links. La décision étant maintenant prise et après la sortie de la classe politique et des syndicats sur le sujet, notamment de l'UMT, c'est au tour maintenant du CMC de mettre le doigt dans la plaie. Ce dernier reconnaît sans mal la pertinence de «l'argument de l'équilibre des finances de l'Etat et le souci de préservation des marges de manœuvre du budget», du fait précisément de l'alourdissement des charges de compensation. Il prévient même qu' «en l'absence de mesures de redressement visant l'atténuation des charges de compensation, le bouclage de l'exercice budgétaire impliquera la mobilisation de nouvelles ressources (...), au détriment des programme d'investissement et de croissance». Là où la pilule passe mal pour le CMC, c'est au niveau de la proportion de hausse des prix retenue par le gouvernement. Pour le CMC, «la hausse des prix apparaît très élevée, eu égard aux possibilités d'adaptation des opérateurs, entreprises et ménages, ainsi qu'aux capacités d'absorption du système productif d'un choix d'une telle ampleur».
Effets induits à court terme et à long terme
L'ampleur des effets induits par cette décision dépend, pour beaucoup, du degré d'anticipation et d'adaptation de cette mesure sur la consommation et la production des agents économiques nationaux. Dans le temps, deux séquences sont à prévoir. Sur le court terme, le CMC s'attend à ce que quatre branches d'activité soient affectées considérablement par la hausse des prix des carburants «au taux moyen de 13,5%». Comme l'explique Berrada, l'ONE, dans le secteur de production de l'électricité, se trouvera dans une fâcheuse situation. «Notre production étant essentiellement fondée sur le thermique, elle est fortement consommatrice de fuel, qui était, dans le cas de l'ONE, subventionné indirectement par l'Etat. Dans cet état des faits, une hausse du fuel aura une double conséquence, soit des pertes enregistrées, qui inciteront l'Office à réduire ses investissements, soit une augmentation plus différée des prix», explique-t-il. Il va falloir donc, toujours selon lui, «que l'Etat veille au maintien des investissements de l'Office». Pour rappel, la part du fuel, en tant que consommation intermédiaire, représente 8% des coûts de production de l'électricité et eau. Autre domaine touché par la mesure, celui de la construction, à un moment où tout un programme de construction est lancé par le ministre de l'Habitat. L'effet, dans le secteur, se fera essentiellement sentir au niveau des coûts du transport. Il faut rappeler là aussi, que pour le compte de l'année dernière déjà, les principales entreprises officiant dans le secteur et notamment les cimentiers, s'étaient toutes plaintes du renchérissement de l'approvisionnement en carburant, du fait du déplacement des foyers de demande dans des régions éloignées de leurs centres de production. Dans l'agriculture, autre dossier méritant réforme et restructuration, la hausse des prix des carburants risque d'exacerber les premiers effets induits par une pluviométrie très timide cette année. Si les gros producteurs tiendront, bon gré mal gré le choc, qu'adviendra- t-il des petits producteurs. Sans parler du secteur de la pêche (12% des coûts de production) et bien entendu, le secteur des transports, comme en témoigne la dernière manifestation des chauffeurs de taxi. Il fallait pourtant s'y attendre.
Désubventions, inflation, les tabous sont levés
Deux évidences s'imposent aujourd'hui. Il faudra d'une part s'habituer à un prix du carburant indexé sur le cours mondial du pétrole d'une part et, d'autre part, à la nécessité de lever le tabou de l'inflation pour relancer la croissance. Dans un cas comme dans l'autre, précise Berrada, «ce qui est en jeu, c'est la valeur Entreprise». Dans le premier cas donc, les entreprises, industrielles essentiellement verront leurs coûts de production augmenter, ce qui finira par se répercuter sur le prix final des produits. «Au niveau de l'offre, prévient le CMC, la compétitivité du secteur productif se trouve grevée par les surcoûts engendrés par le renchérissement de l'énergie». En jeu, la productivité, la croissance et la compétitivité du secteur. C'est là que le second élément intervient, à savoir une inflation.
Tant qu'en effet, l'augmentation des coûts de l'énergie accompagne en effet celui de la productivité, l'inflation n'est qu'un mal pour un bien. Mais, prévient Berrada, «la productivité doit être au rendez-vous», ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. En l'état actuel des choses, cette inflation par les coûts pourrait engendrer une contraction de l'activité du secteur productif, qui peut amener par la suite à un chômage forcé. Cela devrait inciter le gouvernement, en attendant la prochaine loi de finances 2013, à mettre sur pied une batterie de mesures à même d'aider les entreprises concernées à tenir le cap, pour ne pas dire à survivre. D'ici là également, Benkirane, qui ne cesse de clamer une rupture avec les pratiques du passé, a largement le temps de réfléchir au modèle économique à mettre en œuvre pour sortir de cette impasse. Le présent modèle, basé exclusivement sur la consommation, est en phase de montrer ses dernières limites. L'avenir est assurément à l'investissement et à l'export.
CMC et le tabou de l'inflation
Chaque année, le Maroc, bon élève du FMI, se targuait de la bonne maîtrise du taux d'inflation pour le limiter à 2%. Cette année, en l'absence d'une approche plus anticipative permettant d'atténuer les pressions tant au niveau des marchés que des acteurs et surtout avec la décision du gouvernement de rehausser le prix des produits pétroliers, le risque de voir la vapeur renversée devient plus apparent. Nombreux sont les économistes et les observateurs qui ont, ces derniers jours, tiré la sonnette d'alarme quant à un éventuel retour à la spirale inflationniste. Le Centre marocain de conjoncture dans sa dernière lettre n'a pas manqué de le souligner, surtout qu'il s'agit de la plus forte hausse des prix intérieurs de l'essence (+20%), du gasoil (+14%) et du fuel industriel (+26%), en une seule fois, depuis plusieurs années. «Le surcroît de hausse des prix au niveau de la consommation fi­nale devrait, là aussi, s'établir autour de 1,4 point comparativement à la tendance moyenne, ce qui porterait le taux d'inflation prévisionnel variant de 3,5 à 4%. Cette estimation sup­pose évidemment une répercussion mécanique des hausses des prix à la production sur la consommation finale», estime le CMC.


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