Washington allège ses sanctions contre le pétrole iranien pour faire baisser les cours    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    Le temps qu'il fera ce samedi 21 mars 2026    L'ambassadeur de France Christophe Lecourtier annonce son départ du Maroc    Un ex-ministre algérien accuse l'administration Trump d'exercer des pressions sur Alger et le Polisario    Rabat. SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée "Ahl Fès" et reçoit les voeux en cette heureuse occasion    Pétrole: Les stocks stratégiques commencent à être mis sur le marché    Espagne: Pedro Sanchez adopte un décret pour le "gel temporaire" des loyers    SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat et reçoit les voeux en cette heureuse occasion    L'Afrique du Sud apporte son soutien juridique pour le Sénégal après la perte de son titre AFCON    Désintox : Le jury d'appel de la CAF était-il légitime pour juger le dossier Maroc-Sénégal ?    Perturbations météo: Suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger ville    Tanger Med: Mise en échec d'une tentative de trafic de plus de 3,9 tonnes de chira    Alerte météo: Averses orageuses et fortes rafales de vent ce vendredi    Etablissements pionniers : L'ONDH engage 15,8 MDH pour mesurer la conformité à la labellisation    Did Morocco really walk off the pitch during an AFCON 1976 game?    Minor gives birth on the streets in Khenifra after hospital demands payment before care    Mort de Chuck Norris, légende du cinéma d'action    Théâtre : Ouverture des candidatures pour le soutien aux projets culturels et artistiques    CAN 2025 : Hugo Broos valide la décision de la CAF et soutient le Maroc    Ballon d'Or africain : Brahim Diaz pourrait mettre tout le monde d'accord    Revue de presse ce vendredi 20 mars 2026    Les Bourses asiatiques plongent    Mondial 2026 : la FIFA rejette la demande de l'Iran de délocaliser ses matchs    SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    Bourse : OPCVM et investisseurs marocains dominent les échanges au T4-2025    Le Roi Mohammed VI adresse des cartes de vœux aux Chefs d'État des pays islamiques à l'occasion de l'Aïd Al Fitr    Le temps qu'il fera ce vendredi 20 mars 2026    Guerre en Iran : les États-Unis sans calendrier, l'Europe appelle au moratoire    Le Conseil de la FIFA entérine les dates du prochain Mondial féminin U-17, prévu au Maroc    Le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplira vendredi la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    Algérie : Une ONG marocaine des droits humains condamne la fermeture de «SOS Disparus»    Aïd Al Fitr célébré vendredi au Maroc    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    Mobilité électrique : Gitex Africa expose les dernières technologies    Fertilizantes: Con la crisis en Oriente Medio, la India aumentará sus importaciones desde Marruecos    «Porte Bagage» triomphe à Bergamo et consacre une nouvelle voix du cinéma marocain    Officiel : Issa Diop convoqué avec les Lions de l'Atlas    ONDA: Marrakech-Ménara sacré meilleur aéroport régional d'Afrique    Virgin Limited Edition to open new luxury hotel in Marrakech in 2027    AEGIS Ventures accélère sa stratégie au Maroc avec l'intégration de SEKERA    Séisme d'Al Haouz : Aziz Akhannouch accélère la reconstruction    Produits du Sahara : Bruxelles précise le poids réel des exportations vers l'UE    Carte de l'artiste : les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025 examinées    UNESCO : Medellín, en Colombie, désignée Capitale mondiale du livre 2027    FESMA 2026 : Lomé au cœur des saveurs africaines    Film : Rire, couple et quiproquos au cœur d'une comédie marocaine    Deux générations du gospel nigérian réunies dans un nouveau single    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc, de quoi avons-nous peur?
Publié dans Les ECO le 25 - 05 - 2020

img data-attachment-id="143329" data-permalink="https://leseco.ma/maroc-de-quoi-avons-nous-peur/pr-imane-kendili/" data-orig-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=417%2C626&ssl=1" data-orig-size="417,626" data-comments-opened="1" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"0"}" data-image-title="Pr Imane Kendili" data-image-description data-medium-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=200%2C300&ssl=1" data-large-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=417%2C626&ssl=1" loading="lazy" class="alignright wp-image-143329 size-thumbnail jetpack-lazy-image" src="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&ssl=1" alt width="150" height="150" data-recalc-dims="1" data-lazy-srcset="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&ssl=1 150w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=180%2C180&ssl=1 180w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=90%2C90&ssl=1 90w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=270%2C270&ssl=1 270w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=20%2C19&ssl=1 20w" data-lazy-sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" data-lazy-src="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&is-pending-load=1#038;ssl=1" srcset="data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP///yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"
Imane Kendili M.D.
Psychiatre – Addictologue
Professeure affiliée à l'UM6
Présidente de la MAPA
Vice-Présidente du Centre Africain de Recherche en Santé

Les Editions Orion viennent de publier un ouvrage collectif regroupant les réflexions et les points de vue de 54 figures marocaines, de différents horizons qui pensent le Maroc d'aujourd'hui et celui de demain.
C'est un livre pensé par 54 auteurs, de différents bords. Un ensemble de réflexions émanant d'artistes, de philosophes, d'écrivains, d'économistes, de médecins, d'acteurs ou de réalisateurs, de psychiatres à consonances divergentes, mais dont le tempo commun est ce même pouls qui bat à l'unisson pour le Maroc qu'ils aiment. Un Maroc, qui, en tant de crise mondiale, a démontré la solidarité et l'amour de ses concitoyens pour leur pays mais aussi l'engagement et la responsabilité des politiques pour un Maroc repensé, serein et humain. Ce travail de 24 mois arrive au moment opportun ou le confinement est presque à sa fin, qu'un nouveau monde s'installe et ces réflexions signent l'amour d'un Maroc qu'on aime et qui s'inscrit dans un futur repensé.
Les femmes sont présentes en force dans cet ouvrage, et les moteurs de cet ouvrage, Nourredine Bousfiha et Najib Abdelhak, intègrent avec brio une vision projective du Maroc de demain à travers douze figures féminines.
La grande plasticienne, Nadia Chellaoui, accompagne l'ouvrage par trois peintures, à la fois expressives et profondes, donnant corps et image à l'écrit.
L'ouvrage est un manifeste s'inscrivant dans tous les sens, il se lit, se contemple en œuvre d'art, se pense, se sent, se vit, se respire et se projette. En effet, dans cet ouvrage, on donne la parole à tous et on pense l'avenir des jeunes par les jeunes. Il est primordial de souligner la plume affirmée d'une adolescente de 16 ans, Mae Najib, qui s'interroge sur le progrès imagé et la perte de valeurs en projetant les aspirations d'une jeunesse marocaine à travers l'importance de l'éducation «We must learn to encourage our youth to chase their dreams, follow their passions, and feel a sense of genuine pride to be Moroccan.». Rachida Belkacem s'adresse à la femme vectrice de changement par l'éducation et la réappropriation d'un statut de protagoniste social et politique du Maroc de demain : «De fait, l'éducation apportée aux enfants demeure orientée et encore trop souvent stéréotypée. Les femmes qui détiennent pourtant les clés du changement, et de leur propre émancipation à travers les générations futures, entretiennent paradoxalement ces stéréotypes ». Zaineb Fasiki, de son côté, soulève nos discordances féminines à travers le maintien d'un conditionnement qu'on critique mais qu'on assoit dans un même temps de parole, et par conséquent, responsabilise et engage la femme marocaine dans un Maroc qui porterait son empreinte:« Comment vivre dans une aberration largement admise, au milieu de personnes qui veulent une chose et son contraire? Comment concilier l'inconciliable ?». La jeune bédéiste rêve le Maroc de demain : « Je rêve d'un pays où les femmes ne sont plus soumises aux archaïsmes», martèle-t-elle. La comédienne Soumaya Akaaboune pose les jalons de ce pèlerinage marocain de toutes les Marocaines pour un Maroc de demain encore plus solidaire et engagé : « Si nous ratons encore ce virage, nous serons alors à la merci de tout prédateur fanatique, de toutes les formes de l'extrémisme et de tous les dogmatismes rétrogrades qui handicapent déjà notre cher Maroc. »
L'écrivaine, Maria Guessous souligne, de son côté, les maux de la société et pousse à la transcendance : «Nos intellectuels, nos anthropologues, nos sociologues, nos philosophes et tout citoyen digne de ce nom devraient reconstruire un modèle spécifiquement marocain, correspondant à la modernité. Une modernité made in Morocco, et non copié d'ailleurs.» Meriem Khalil pose la question du bonheur à travers l'importance de l'éducation artistique pour un réel développement humain de sublimation et de créativité, non par la caricature des fêtes chantantes occasionnelles mais par un accueil de la créativité et de l'imaginaire : «Le rapport à l'école est extrêmement tendu puisque l'apprenant n'y voit qu'un lieu d'acquisition et de restitution d'un contenu. L'intégration des activités artistiques permettrait à l'enfant de créer, de réaliser par lui-même des choses, de les partager et de vivre l'expérience artistique avec ses camarades. L'école devenant donc, un lieu d'apprentissage et d'épanouissement qui mènera vers un développement intégral de l'apprenant.» L'auteure Souad Mekkaoui, quant à elle, souligne l'importance de l'épanouissement de la pensée, la construction affirmée de l'estime de soi et de ses valeurs et la critique de la passivité et l'absence de réflexion devant l'image reine de la société post-moderne et ses outils asociaux. «Comment peut-on aimer les autres si on se méprise soi-même pour le simple fait qu'on déteste sa marocanité ? Où est passé le sens de citoyenneté et de concitoyenneté ? Chacun place sa haine dans l'autre, projette sur lui son propre ressentiment, se défoule sur ses concitoyens dès que la situation le permet.» Pour l'artiste et chanteuse, Samia Tawil, il s'agit d'aborder le rapport au corps et à la sexualité qui en découle et pose par là une réflexion ouverte au lecteur sur les libertés individuelles et leurs portées collectives avec un étendard féminin responsable : «Les Marocaines en sont bien conscientes. Elles taisent parfois leur amertume face à une société qui les épuise par son immobilisme, son mutisme. Mais elles se battent, aussi. Et leurs voix se font de plus en plus entendre.». Hynd Bouhia, spécialiste en stratégies internationales, questionne la qualité de vie de demain et l'importance de notre écosystème pour un Maroc sain et serein humainement, mais aussi économiquement pour la sauvegarde de l'environnement : «La peur nous envahie quand on rencontre à la sortie des villes, des étendus réserves à des décharges informelles et des chiffonniers qui vivent de tri informel. Des enfants rodant et jouant autour de décharge.». Yousra Tarik, journaliste et actrice de renom, aborde les figures et modèles moteurs de sociétés qui connotent les systèmes de valeurs et de progrès humanistes : «Je crains également la marginalisation des personnes instruites, créatives, penseuses et politiques. Le moment fatidique du moment où les Etats recherchent l'esprit politique, l'esprit créatif, la vision de l'intellectuel, la sagesse de l'intellectuel, pour construire un système sociétal dans lequel les valeurs de rationalité et de science prévalent dans tous les aspects de la vie de ses individus...», souligne-t-elle. Enfin, Dr Imane Kendili apporte son regard de psychiatre sur la nécessité des rituels de passage, symbolique pour une responsabilisation patriotique et la maturité des marocains de demain : «Ce service militaire incarne une reconstruction systémique familiale à ciel ouvert au sens thérapeutique du terme ou la guerre maternelle étatique prend les rênes pour soigner sa jeunesse ivre d'oisiveté, d'irresponsabilité et de désengagement et soulager voire aiguiller une parentalité dépassée d'amour addictif fusionnel suicidant.»
Voilà, en somme, une manière de réfléchir le Maroc et la société marocaine, en donnant la parole à douze femmes, qui, chacune, selon son expérience et ses rêves, se projette dans son Maroc tel qu'elle le veut pour demain. Un Maroc meilleur pour des Marocains fiers.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.