Talbi El Alami reçu par le nouveau président chilien    Guerre au Moyen-Orient : addition salée pour les exportateurs marocains    Bourse de Casablanca : ouverture en territoire positif    WordPress corrige plusieurs vulnérabilités critiques avec la version 6.9.2    AXA Assurance Maroc confie la direction Marketing et Brand à Samya El Kyas    L'Office des changes lance l'application OC E-Rendez-Vous    Herencia en Marruecos: cuando la desigualdad se convierte en tradición    Deadly crash in El Jadida leaves six farm workers dead, eight injured    La Chine clôt les travaux du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et mise sur un bon départ du 15e Plan quinquennal    Ligue des champions : Achraf Hakimi devient le défenseur africain le plus capé    LafargeHolcim Maroc améliore son résultat net consolidé de 18,6 % en 2025    TIC : le marché marocain estimé à 10 MM$ d'ici 2031    Grandes écoles françaises : les prépas marocaines en tête du classement étranger    Réforme de l'enseignement supérieur : l'Exécutif dresse le bilan    Justice sensible au genre : l'UE lance le programme HELP au Maroc    Tizi Morocco and M.L.I launch AMAL 2026 to train young leaders for Moroccan elections    Akhannouch préside une réunion sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement supérieur    Tizi et M.L.I lancent «AMAL 2026» pour former 100 jeunes candidats aux législatives marocaines    Le stade Prince Moulay Abdellah sacré meilleur stade du monde en 2025    Le temps qu'il fera ce jeudi 12 mars 2026    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Climat : Février parmi les plus chauds dans le monde    La Kabylie frappe aux portes de l'Europe... Réception de Ferhat Mehenni au Parlement européen    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    Rabat: Remise des premiers labels "Musée du Maroc"    Nabyla Maan en concert exceptionnel à Rabat    Le Maroc et l'Espagne se disputent la pépite du Real Madrid Thiago Pitarch    Moulay Abdellah meilleur stade au monde : le Maroc remporte le titre de « Stade de l'Année 2025 »    Maroc : Les supporters sénégalais repasseront devant la justice le 16 mars    La justice néerlandaise blanchit un ancien employé des accusations d'espionnage pour le Maroc    GASPI : Afrique et Golfe main dans la main    Pourquoi les gouvernements qualifient-ils les mouvements de liberté de « terroristes » ?    Football congolais : le président de la FECOFOOT condamné à perpétuité    Congrès US : le soutien au projet de loi visant à classer le polisario organisation terroriste s'élargit    La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture attendue à Rabat et Laayoune    Le Chef du gouvernement préside une réunion pour le suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation    Agadir : Un stade de 300 MDH en projet à Tikiouine    Ligue des champions : quatre affiches au programme ce mercredi    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    L'ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, pressenti pour diriger l'AFD    Nayef Aguerd opéré pour revenir plus fort avant le Mondial ?    Gessime Yassine, la nouvelle pépite marocaine qui séduit l'Europe    Nasser Bourita s'entretient à Paris avec le ministre français des AE    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    Ethiopie. Le livre de Abiy Ahmed devient une bibliothèque pour le public    Le Maroc sous les projecteurs avec l'émission «Voyage Voyage» sur France Télévisions    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc, de quoi avons-nous peur?
Publié dans Les ECO le 25 - 05 - 2020

img data-attachment-id="143329" data-permalink="https://leseco.ma/maroc-de-quoi-avons-nous-peur/pr-imane-kendili/" data-orig-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=417%2C626&ssl=1" data-orig-size="417,626" data-comments-opened="1" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"0"}" data-image-title="Pr Imane Kendili" data-image-description data-medium-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=200%2C300&ssl=1" data-large-file="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?fit=417%2C626&ssl=1" loading="lazy" class="alignright wp-image-143329 size-thumbnail jetpack-lazy-image" src="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&ssl=1" alt width="150" height="150" data-recalc-dims="1" data-lazy-srcset="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&ssl=1 150w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=180%2C180&ssl=1 180w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=90%2C90&ssl=1 90w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=270%2C270&ssl=1 270w, https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=20%2C19&ssl=1 20w" data-lazy-sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" data-lazy-src="https://i2.wp.com/leseco.ma/wp-content/uploads/2020/05/Pr-Imane-Kendili.jpeg?resize=150%2C150&is-pending-load=1#038;ssl=1" srcset="data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP///yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"
Imane Kendili M.D.
Psychiatre – Addictologue
Professeure affiliée à l'UM6
Présidente de la MAPA
Vice-Présidente du Centre Africain de Recherche en Santé

Les Editions Orion viennent de publier un ouvrage collectif regroupant les réflexions et les points de vue de 54 figures marocaines, de différents horizons qui pensent le Maroc d'aujourd'hui et celui de demain.
C'est un livre pensé par 54 auteurs, de différents bords. Un ensemble de réflexions émanant d'artistes, de philosophes, d'écrivains, d'économistes, de médecins, d'acteurs ou de réalisateurs, de psychiatres à consonances divergentes, mais dont le tempo commun est ce même pouls qui bat à l'unisson pour le Maroc qu'ils aiment. Un Maroc, qui, en tant de crise mondiale, a démontré la solidarité et l'amour de ses concitoyens pour leur pays mais aussi l'engagement et la responsabilité des politiques pour un Maroc repensé, serein et humain. Ce travail de 24 mois arrive au moment opportun ou le confinement est presque à sa fin, qu'un nouveau monde s'installe et ces réflexions signent l'amour d'un Maroc qu'on aime et qui s'inscrit dans un futur repensé.
Les femmes sont présentes en force dans cet ouvrage, et les moteurs de cet ouvrage, Nourredine Bousfiha et Najib Abdelhak, intègrent avec brio une vision projective du Maroc de demain à travers douze figures féminines.
La grande plasticienne, Nadia Chellaoui, accompagne l'ouvrage par trois peintures, à la fois expressives et profondes, donnant corps et image à l'écrit.
L'ouvrage est un manifeste s'inscrivant dans tous les sens, il se lit, se contemple en œuvre d'art, se pense, se sent, se vit, se respire et se projette. En effet, dans cet ouvrage, on donne la parole à tous et on pense l'avenir des jeunes par les jeunes. Il est primordial de souligner la plume affirmée d'une adolescente de 16 ans, Mae Najib, qui s'interroge sur le progrès imagé et la perte de valeurs en projetant les aspirations d'une jeunesse marocaine à travers l'importance de l'éducation «We must learn to encourage our youth to chase their dreams, follow their passions, and feel a sense of genuine pride to be Moroccan.». Rachida Belkacem s'adresse à la femme vectrice de changement par l'éducation et la réappropriation d'un statut de protagoniste social et politique du Maroc de demain : «De fait, l'éducation apportée aux enfants demeure orientée et encore trop souvent stéréotypée. Les femmes qui détiennent pourtant les clés du changement, et de leur propre émancipation à travers les générations futures, entretiennent paradoxalement ces stéréotypes ». Zaineb Fasiki, de son côté, soulève nos discordances féminines à travers le maintien d'un conditionnement qu'on critique mais qu'on assoit dans un même temps de parole, et par conséquent, responsabilise et engage la femme marocaine dans un Maroc qui porterait son empreinte:« Comment vivre dans une aberration largement admise, au milieu de personnes qui veulent une chose et son contraire? Comment concilier l'inconciliable ?». La jeune bédéiste rêve le Maroc de demain : « Je rêve d'un pays où les femmes ne sont plus soumises aux archaïsmes», martèle-t-elle. La comédienne Soumaya Akaaboune pose les jalons de ce pèlerinage marocain de toutes les Marocaines pour un Maroc de demain encore plus solidaire et engagé : « Si nous ratons encore ce virage, nous serons alors à la merci de tout prédateur fanatique, de toutes les formes de l'extrémisme et de tous les dogmatismes rétrogrades qui handicapent déjà notre cher Maroc. »
L'écrivaine, Maria Guessous souligne, de son côté, les maux de la société et pousse à la transcendance : «Nos intellectuels, nos anthropologues, nos sociologues, nos philosophes et tout citoyen digne de ce nom devraient reconstruire un modèle spécifiquement marocain, correspondant à la modernité. Une modernité made in Morocco, et non copié d'ailleurs.» Meriem Khalil pose la question du bonheur à travers l'importance de l'éducation artistique pour un réel développement humain de sublimation et de créativité, non par la caricature des fêtes chantantes occasionnelles mais par un accueil de la créativité et de l'imaginaire : «Le rapport à l'école est extrêmement tendu puisque l'apprenant n'y voit qu'un lieu d'acquisition et de restitution d'un contenu. L'intégration des activités artistiques permettrait à l'enfant de créer, de réaliser par lui-même des choses, de les partager et de vivre l'expérience artistique avec ses camarades. L'école devenant donc, un lieu d'apprentissage et d'épanouissement qui mènera vers un développement intégral de l'apprenant.» L'auteure Souad Mekkaoui, quant à elle, souligne l'importance de l'épanouissement de la pensée, la construction affirmée de l'estime de soi et de ses valeurs et la critique de la passivité et l'absence de réflexion devant l'image reine de la société post-moderne et ses outils asociaux. «Comment peut-on aimer les autres si on se méprise soi-même pour le simple fait qu'on déteste sa marocanité ? Où est passé le sens de citoyenneté et de concitoyenneté ? Chacun place sa haine dans l'autre, projette sur lui son propre ressentiment, se défoule sur ses concitoyens dès que la situation le permet.» Pour l'artiste et chanteuse, Samia Tawil, il s'agit d'aborder le rapport au corps et à la sexualité qui en découle et pose par là une réflexion ouverte au lecteur sur les libertés individuelles et leurs portées collectives avec un étendard féminin responsable : «Les Marocaines en sont bien conscientes. Elles taisent parfois leur amertume face à une société qui les épuise par son immobilisme, son mutisme. Mais elles se battent, aussi. Et leurs voix se font de plus en plus entendre.». Hynd Bouhia, spécialiste en stratégies internationales, questionne la qualité de vie de demain et l'importance de notre écosystème pour un Maroc sain et serein humainement, mais aussi économiquement pour la sauvegarde de l'environnement : «La peur nous envahie quand on rencontre à la sortie des villes, des étendus réserves à des décharges informelles et des chiffonniers qui vivent de tri informel. Des enfants rodant et jouant autour de décharge.». Yousra Tarik, journaliste et actrice de renom, aborde les figures et modèles moteurs de sociétés qui connotent les systèmes de valeurs et de progrès humanistes : «Je crains également la marginalisation des personnes instruites, créatives, penseuses et politiques. Le moment fatidique du moment où les Etats recherchent l'esprit politique, l'esprit créatif, la vision de l'intellectuel, la sagesse de l'intellectuel, pour construire un système sociétal dans lequel les valeurs de rationalité et de science prévalent dans tous les aspects de la vie de ses individus...», souligne-t-elle. Enfin, Dr Imane Kendili apporte son regard de psychiatre sur la nécessité des rituels de passage, symbolique pour une responsabilisation patriotique et la maturité des marocains de demain : «Ce service militaire incarne une reconstruction systémique familiale à ciel ouvert au sens thérapeutique du terme ou la guerre maternelle étatique prend les rênes pour soigner sa jeunesse ivre d'oisiveté, d'irresponsabilité et de désengagement et soulager voire aiguiller une parentalité dépassée d'amour addictif fusionnel suicidant.»
Voilà, en somme, une manière de réfléchir le Maroc et la société marocaine, en donnant la parole à douze femmes, qui, chacune, selon son expérience et ses rêves, se projette dans son Maroc tel qu'elle le veut pour demain. Un Maroc meilleur pour des Marocains fiers.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.