«Il n'est point de fiscalité neutre». C'est en résumé l'idée principale de la proposition de l'Alliance des économistes istiqlaliens au lendemain des Assises de la fiscalité programmées lundi 29 avril prochain. «La fiscalité est un levier de pilotage économique et un outil puissant de communication et d'orientation des comportements économiques, des entreprises comme des consommateurs et il serait dommage de ne pas utiliser un tel outil», argumente Adil Diouri. Ce dernier, aux cotés de Abdelkader Boukhriss, a présenté des mesures pour clarifier son plaidoyer. Selon Douiri et Boukhriss, la fiscalité actuelle se veut neutre et ce n'est pas une bonne chose. L'un des problèmes majeurs de l'économie marocaine, c'est que les gens ont plutôt tendance à placer leur épargne dans les terres nues, ce qui fait que l'argent ne circule pas et un denier aussi précieux et important comme l'immobilier subit les effets de la spéculation et devient rare. Un problème qui pourrait trouver sa solution, même en partie, dans la fiscalité. Celle-ci doit aller dans le sens d'encourager à épargner dans les banques ou dans les capitaux et en même temps taxer les terrains nus selon la durée de leur détention. Cela va de même pour l'encouragement des sociétés à augmenter leurs capitaux au lieu de distribuer des dividendes, ce qui pourrait donner plus de force et de stabilité aux entreprises et mécaniquement à l'économie. Cela dit, les économistes font la part des choses. Il existe un nombre de recommandations qui ne sont pas faisables dans la conjoncture économique actuelle, mais dont l'intérêt pour l'économie est indiscutable.