Le mois d'octobre a décidément été celui de levées de fonds impressionnantes. Mais ce n'est pas une montée en puissance ponctuelle, la dynamique persistant depuis plusieurs trimestres. Voici les trois levées de fonds qui ont marqué l'écosystème des startups au cours des derniers mois. Le dynamisme de l'écosystème marocain impressionne. Les startups locales séduisent de plus en plus d'investisseurs et les levées de fonds réalisées franchissent de nouveaux paliers. En témoignent celles annoncées en octobre dernier. Une preuve de la montée en puissance du capital-innovation au Maroc. Chez Chari.ma, la dynamique ne faiblit pas. Cette startup, figure de proue du e-commerce B2B, a finalisé une levée de 12 millions de dollars. À quoi servira ce financement ? À consolider son réseau de distribution et à poursuivre son expansion sur le continent. Présente déjà à l'international, Chari.ma avance à pas sûrs vers son objectif : digitaliser le commerce de proximité et offrir aux épiciers des solutions intégrées de gestion, de paiement et de livraison. Dans un autre registre, Yakkey prépare un tour de table de 7 millions de dollars auprès de l'IFC, la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. Encore en phase d'examen, cette opération témoigne du regard bienveillant que porte la finance internationale sur la tech marocaine. La jeune pousse ambitionne de repenser la gestion immobilière à travers des outils fondés sur l'intelligence artificielle. En simplifiant la vie des bailleurs et des locataires, elle entend moderniser un marché encore peu digitalisé. Mais la levée la plus impressionnante du trimestre revient à Spore.bio. L'entreprise, active dans la biotechnologie environnementale, a réussi à mobiliser 23 millions de dollars. Cette somme, pour le moins exceptionnelle, lui permettra de développer ses technologies de dépollution par micro-organismes. Le pari de Spore.bio (combiner recherche scientifique, innovation verte et impact industriel) a séduit plusieurs fonds internationaux. Son succès illustre l'ouverture du Maroc à des domaines à haute valeur ajoutée, où la science et la durabilité se rencontrent. Ces levées de fonds traduisent un mouvement de fond : les investisseurs croient de plus en plus à la solidité de l'écosystème marocain. Les startups sont mieux accompagnées, les incubateurs montent en puissance, et les tours de table deviennent plus structurés. Le paysage entrepreneurial évolue, porté par une génération de fondateurs qui osent penser global. Le vrai enjeu, désormais, n'est plus de lever des fonds, mais de transformer ces capitaux en croissance réelle. Le Maroc doit renforcer ses fonds de croissance, encourager les méga-deals et soutenir la collaboration entre public et privé. Et le pays en a les moyens : stabilité économique, capital humain qualifié, ouverture africaine. Si ces signaux positifs se confirment, le Royaume devrait s'imposer sans grandes difficultés comme hub régional de l'innovation. C'est d'ailleurs l'une de ses ambitions. Le Maroc dans le top 4 de la région MENA en 2024 Le Maroc s'impose comme l'un des écosystèmes les plus dynamiques du monde arabe. Il figure même dans le top 4 des marchés les plus actifs de la région MENA en matière de financement de startups pour 2024, selon Wamda. Au total, six startups marocaines ont levé 6,8 millions de dollars rien qu'en septembre, un record ! Le total annuel atteint pour sa part 14,5 millions de dollars, plaçant le Maroc derrière l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l'Egypte. Cette performance reflète une montée en maturité. Ainsi, les projets marocains séduisent par leur sérieux, leur potentiel d'expansion et leur capacité à innover dans des secteurs de pointe comme la fintech, la proptech et l'agritech. Pour sa part, la région MENA, dans son ensemble, a connu une année exceptionnelle avec 3,5 milliards de dollars levés sur 74 opérations. Dans ce paysage dominé par les géants du Golfe, le Maroc se distingue par sa diversité et son agilité. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO