Le besoin en main-d'œuvre saisonnière ne cesse de croître notamment en Espagne. Afin d'assurer une gestion optimale des flux, le pays a revu en profondeur son dispositif de migration circulaire. Le nouveau décret, aligné sur le règlement RELOEX, renforce les garanties juridiques et sociales des travailleurs étrangers, avec un impact particulièrement significatif pour les travailleurs marocains, principaux bénéficiaires de ces programmes. L'Espagne muscle les garanties spécifiques en matière de migration circulaire en adoptant un nouveau décret en faveur des travailleurs étrangers, dont les marocains représentent une majorité écrasante. L'arrêté relatif à la gestion collective des contrats à l'origine (GECCO) 2026 est désormais aligné sur le nouveau règlement sur l'immigration (RELOEX). Cette évolution concerne tout particulièrement les travailleurs marocains, qui constituent la communauté étrangère la plus représentée dans ces dispositifs. Des garanties renforcées et une sécurité juridique accrue Le nouveau cadre réglementaire renforce les droits et garanties des travailleurs, en leur assurant une meilleure sécurité juridique. Le titre VI du RELOEX encadre désormais la gestion collective du recrutement à l'origine et met en place un dispositif contractuel permettant d'intégrer les programmes de migration circulaire dans le régime des contrats intermittents à durée déterminée. Ce mécanisme remplace les anciens permis de séjour temporaires, abrogés depuis le 27 juillet 2023. Le nouveau modèle autorise, ainsi, le traitement conjoint de plusieurs demandes d'autorisation, pour un minimum de 10 emplois, à condition que les travailleurs concernés ne se trouvent pas déjà sur le territoire espagnol. Un nouvel article introduit par ailleurs des garanties spécifiques destinées à protéger le bien-être socio-professionnel des participants aux programmes de migration circulaire. Il impose notamment aux employeurs d'assurer un logement aux travailleurs pendant toute la durée de leur activité ainsi que lors de chaque nouvelle mission, et d'informer l'organisme de gestion de toute modification relative à cette obligation. WAFIRA II, une coopération régionale renforcée En 2025, les programmes de migration circulaire ont permis à 25.767 travailleurs issus de 17 pays d'exercer une activité saisonnière en Espagne, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2024. Ces emplois, principalement concentrés dans le secteur agricole, ont été répartis sur 21 provinces espagnoles. La dynamique reste soutenue avec plus de 65.000 travailleurs qui ont participé à ces programmes au cours des 3 dernières années. Autre fait notable, 92 % des bénéficiaires en 2025 étaient des femmes. Toutefois, afin de promouvoir une migration circulaire ordonnée et durable, les gouvernements espagnol, français et marocain ont convenu de lancer WAFIRA II en 2026. Ce programme régional prévoit d'accompagner 3.000 travailleurs marocains, majoritairement des femmes, employés de manière saisonnière en Espagne et en France. Après une première phase (2021-2025) ayant permis de renforcer l'autonomie économique de 250 travailleurs marocains, WAFIRA II (2026-2028) marque une avancée significative tant par son ampleur que par sa portée. Soutenue par l'Union européenne, cette nouvelle édition s'étend désormais à d'autres pays partenaires, notamment le Portugal, la Mauritanie et le Cap-Vert. L'objectif est de rendre la mobilité de la main-d'œuvre plus sûre, mieux organisée et plus bénéfique, tant pour les migrants que pour les sociétés d'accueil.