Peut-on dire que Danone fait un peu partie de la culture marocaine ? Chez l'épicier, on entend souvent : «Donne-moi un Danone» pour demander... un yaourt. Ce genre de détail est plus pertinent qu'un long discours sur la place qu'occupe une marque dans le quotidien. C'est justement cette relation particulière que Laurent Sacchi, secrétaire général de Danone Monde, est venu rappeler à Casablanca autour d'un café avec quelques représentants de la presse. Pas pour annoncer une nouveauté, mais pour expliquer pourquoi le Maroc n'est pas un marché comme les autres pour le groupe. Une présence construite sur le temps long, la confiance et l'ancrage local. Le message est clair : Danone ne raisonne pas en cycles courts. Le Royaume n'est ni un marché opportuniste ni un simple relais de croissance. Il s'impose comme un marché particulièrement important pour le groupe, le premier en Afrique. Une position centrale dans la stratégie de Danone, portée par une vision de continuité plutôt que par la recherche d'effets immédiats. Cette approche se reflète jusque dans les choix de communication. La présence de Danone autour de la CAN n'est pas pensée comme un levier commercial, mais comme une manière d'accompagner un moment de rassemblement et de fierté collective. Même logique dans le soutien apporté à l'équipe nationale dans son ensemble, sans mise en avant d'une individualité comme Hakimi ou Diaz, par exemple. La performance durable, selon Laurent Sacchi, est d'abord une affaire de collectif. Et l'essentiel se joue sur le terrain. Produire au Maroc, travailler avec des éleveurs locaux, structurer une filière laitière nationale et créer de l'emploi constituent les véritables preuves d'engagement. La confiance, rappelle-t-il, ne se décrète pas : elle se construit. Au fond, Danone revendique une posture simple : rester, investir et construire dans la durée. Un choix qui explique sans doute pourquoi, au Maroc, une marque finit parfois par devenir un mot du quotidien… Hicham Bennani / Les Inspirations ECO