Brillamment qualifiés pour le dernier carré de la CAN à domicile, les Lions de l'Atlas ont fait un pas de plus vers leur premier sacre en cinquante ans. Ils ont surtout envoyé des signaux rassurants aux supporters, inquiets après le début de tournoi poussif de leurs protégés. Vendredi, au coup de sifflet final du match Cameroun-Maroc, une immense onde de joie, partie du Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, a inondé le Maroc entier et s'est répandue dans chaque recoin du monde où se trouvait un supporter marocain. D'importantes scènes de liesse ont ainsi accompagné la victoire du Maroc (2-0) en quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, face à un Cameroun, révélé comme l'un des sérieux outsiders de la compétition, et réputé comme l'une des bêtes noires historiques des pays hôtes. Une réputation dont le Maroc avait fait les frais lors de la CAN 1988, déjà organisée sur ses terres. À l'époque, les Lions de l'Atlas étaient battus en demi-finale par ceux du Cameroun (0-1), qui allaient, quelques jours plus tard, remporter le second de leurs cinq sacres. L'affiche de vendredi avait un cachet d'autant plus particulier que le Maroc ne s'était jamais imposé face au Cameroun en Coupe d'Afrique (2 défaites, 1 nul). Soulagement Les doutes étaient nombreux au moment de retrouver les Lions indomptables, dans un contexte pas forcément serein pour les hommes de Walid Regragui, guère épargnés par les blessures depuis le début du tournoi. Le sélectionneur abordait cette rencontre sans Azzedine Ounahi, victime d'une blessure musculaire plus tôt dans la semaine, et forfait pour le reste du tournoi. Côté pelouse, les Lions de l'Atlas restaient sur un huitième de finale poussif face à la novice Tanzanie (victoire 1-0), et cherchaient toujours leur match référence, celui capable de dissiper les interrogations et de rappeler leur statut de prétendants crédibles au sacre. Ce déclic, la presse britannique estime qu'il est enfin intervenu. Pour la BBC, la victoire face au Cameroun marque «l'entrée réelle du Maroc» dans son tournoi. Le quotidien The Guardian estime même que les hommes de Regragui ont enfin montré un visage de champion, saluant la maturité tactique et mentale d'une équipe capable d'imposer un pressing intense avant de gérer son avance avec calme et autorité. Les statistiques l'ont prouvé : le pressing du Maroc a empêché le Cameroun de frapper pendant toute la première période. Sur l'ensemble du match, les joueurs camerounais, revenus avec de meilleures intentions en seconde période, n'ont pas réussi à cadrer le moindre tir. Le match le plus tranquille pour Yassine Bounou depuis le début de la compétition. Au-delà du score, c'est surtout la maîtrise collective qui a frappé les observateurs. Une domination qui s'inscrit, selon la BBC, dans un mouvement plus large : celui d'un rapport de force continental désormais favorable au Maroc, fruit de plus d'une décennie d'investissements dans les infrastructures, la formation et l'encadrement technique. Autant d'éléments qui avaient déjà porté leurs fruits lors du Mondial 2022 et qui semblent aujourd'hui pleinement transposés sur la scène africaine. Le moment de vérité se rapproche Cette qualification pour le dernier carré, une première depuis 2004, prolonge une série d'invincibilité du Maroc à domicile, et les place à deux victoires d'un premier sacre continental depuis 1976. Un cap symbolique, que Regragui a toutefois tenu à relativiser. «Nous sommes à deux matchs du sacre, mais nous n'avons encore rien accompli. Il faut avancer match par match», a-t-il insisté, appelant à garder «les pieds sur terre» malgré le caractère «historique» de la performance. Le sélectionneur a aussi mis en avant le rôle du public, qui a joué à fond son rôle de douzième homme. Un public appelé à pousser encore plus fort lors des prochains rendez-vous. Le prochain obstacle sur la route des Lions n'est autre que le Nigéria, qui a écarté l'Algérie (2-0). Il s'agira d'une véritable opposition de style entre les Lions de l'Atlas, meilleure défense de la compétition (1 but encaissé), et les Super Eagles, meilleure attaque du tournoi (14 buts marqués). Un remake de la finale de 2021 L'Egypte et le Sénégal complètent le carré d'as de cette CAN 2025. Les Egyptiens sont venus à bout du champion en titre ivoirien (3-2) au terme d'un match épique. De son côté, le Sénégal a disposé du Mali sur la plus petite des marges (1-0). Ce rendez-vous est un remake de la finale de 2021. Cette année-là, c'est la bande à Sadio Mané qui l'avait emporté aux tirs au but face à l'Egypte de Mohamed Salah, à l'époque son coéquipier à Liverpool. Les deux hommes se retrouvent sur la pelouse mercredi. Sami Nemli / Les Inspirations ECO