La dernière ligne droite de la CAN 2025 se dessine, avec deux demi-finales au parfum de finale avant l'heure ce mercredi. À Tanger, ce sera d'ailleurs un remake de la finale de 2021 qui ouvrira les hostilités, avec le point d'orgue à Rabat, où le Maroc tentera de se qualifier pour sa première finale depuis 2004. 18h00 : Sénégal–Egypte (Stade Ibn Batouta – Tanger) Quand ils se croisent à Yaoundé le 6 février 2022 pour la finale de la CAN 2021, Sadio Mané et Mohamed Salah sont coéquipiers à Liverpool, et en quête chacun d'un premier sacre avec son équipe nationale. Ce soir-là, Sadio Mané inscrivit le pénalty victorieux qui permit à son équipe de décrocher son premier sacre continental. Quatre ans plus tard, les deux hommes se retrouvent, mais un seul disputera la finale. C'est l'intense scénario que dessine la première demi-finale de cette CAN 2025, entre le Sénégal et l'Egypte. Le Sénégal aborde ce dernier carré avec la réputation d'une équipe solide, structurée et disciplinée, capable de gagner des matches fermés. Son quart de finale face au Mali (1-0) a illustré cette capacité à gérer les temps faibles et à rester compact lorsque le match se durcit. Plus que le volume offensif, c'est la maîtrise collective et la gestion des moments clés qui font la force des Lions de la Teranga dans cette CAN. L'Egypte, elle, arrive à Tanger portée par un quart de finale très disputé contre la Côte d'Ivoire (3-2). La sélection égyptienne a su faire la différence par son efficacité offensive et sa gestion des temps clés du match. Face au tenant du titre, les Pharaons, septuples vainqueurs de la CAN (record absolu), ont confirmé leur capacité à contrôler un rendez-vous à élimination directe, en s'appuyant sur leur expérience et leur réalisme : 4 tirs cadrés pour 3 buts. Dans ce contexte, cette demi-finale s'annonce comme un affrontement de nerfs et de mémoire, où chaque détail comptera. 21h00 : Maroc–Nigeria (Complexe sportif Prince Moulay Abdellah – Rabat) Dans leur antre de Rabat, les Lions de l'Atlas ont désormais à cœur de confirmer la démonstration de force offerte face au Cameroun (2-0) en quarts de finale. L'enjeu est de taille pour les hommes de Walid Regragui : ramener le Maroc en finale pour la première fois depuis 2004, une condition sine qua non pour permettre aux Lions de l'Atlas de décrocher leur premier sacre continental en 50 ans. Et c'est un sacré client qui se dresse sur la route de la bande à Hakimi : le Nigéria, qui a écarté l'Algérie au tour précédent. L'affiche s'annonce d'autant plus passionnante qu'elle oppose deux dynamiques bien identifiées du tournoi. D'un côté, un Maroc qui s'appuie sur une organisation défensive rigoureuse — meilleure défense de la compétition avec un seul but concédé — et sur une montée en puissance progressive au fil des matches. De l'autre, un Nigeria spectaculaire et efficace, qui affiche la meilleure attaque de cette CAN avec 14 buts inscrits, capable de faire basculer une rencontre sur une séquence de transition ou un duel gagné dans les trente derniers mètres. Ce choc mettra également à l'épreuve la capacité des Lions de l'Atlas à maîtriser le tempo face à une sélection nigériane qui excelle lorsque le match se débride. La gestion des pertes de balle, notamment dans l'entrejeu, et la rigueur sur les transitions défensives seront déterminantes pour contenir les Super Eagles, dont le jeu repose sur l'impact, la verticalité et la projection rapide vers l'avant. Pour répondre à la puissance offensive nigériane, le Maroc devrait une nouvelle fois s'en remettre à son principal détonateur : Brahim Diaz, meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations, décisif lors de chacune de ses apparitions. Sa capacité à faire la différence dans les petits espaces et à convertir les temps forts pourrait s'avérer déterminante dans un match où la marge sera infime. Il pourrait être épaulé par Hamza Igamane, de retour de blessure et déjà aperçu en fin de rencontre face au Cameroun, dont l'apport pourrait offrir une solution supplémentaire dans la profondeur. Face à un Nigéria sûr de ses forces, le Maroc devra également composer avec la pression spécifique d'une CAN à domicile, dans un stade acquis à sa cause mais où l'exigence du public peut rapidement devenir un facteur émotionnel. Mais comme ils l'ont montré face au Cameroun vendredi dernier, ces facteurs peuvent aussi se transformer en atouts majeurs. Sami Nemli / Les Inspirations ECO