À quelques mois du coup d'envoi, la Coupe du monde 2026 bat déjà des records hors du terrain. La FIFA affirme avoir enregistré plus de 500 millions de demandes de billets lors de la première phase de vente du tournoi organisé conjointement par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Un engouement mondial inédit, qui s'accompagne toutefois d'une vive controverse autour des prix et interroge l'équilibre entre performance commerciale et accessibilité populaire. De Miami à Guadalajara, du New Jersey aux grandes capitales européennes et sud-américaines, la billetterie du Mondial 2026 s'impose comme l'un des premiers terrains où se joue la réussite – ou les limites – de la Coupe du monde élargie à 48 équipes. Pensé comme le plus vaste événement sportif jamais organisé par la FIFA, le tournoi nord-américain repose sur une architecture économique profondément renouvelée, dont la politique tarifaire constitue un pilier central. Une demande mondiale massive, concentrée sur des affiches clés Dans un communiqué publié mercredi, la FIFA a indiqué avoir reçu plus de 500 millions de demandes de billets émanant de l'ensemble de ses 211 associations membres. Si les trois pays hôtes concentrent logiquement une part importante de cette demande, l'organisation souligne un intérêt particulièrement fort en Allemagne, en Angleterre, en Argentine, au Brésil, en Colombie, en Espagne et au Portugal. Certaines rencontres cristallisent une pression exceptionnelle. Parmi les matches les plus sollicités figurent Colombie-Portugal, programmé le 27 juin à Miami, Mexique-Corée du Sud le 18 juin à Guadalajara, ainsi que la finale prévue le 19 juillet dans le New Jersey. Autant d'affiches qui illustrent la capacité du Mondial 2026 à mobiliser bien au-delà de ses frontières géographiques. Les supporters avaient jusqu'à mardi pour déposer leurs demandes dans le cadre de cette première phase, les billets étant attribués via un système de loterie. La FIFA précise que les résultats ne seront communiqués «pas avant le 5 février», conformément au calendrier officiel du processus de vente. Dans un contexte de forte attente, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a reconnu les limites physiques de l'événement : «Sachant combien ce tournoi signifie pour les gens à travers le monde, notre seul regret est de ne pas pouvoir accueillir chaque fan dans les stades.» Prix, critiques et ajustements tarifaires Cet engouement s'accompagne toutefois d'une contestation persistante sur les tarifs pratiqués. La Coupe du monde 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet et réunira 48 sélections, marque une rupture par son ampleur logistique mais aussi par sa stratégie de monétisation. Selon Football Supporters Europe, organisation représentative des associations de supporters sur le continent, certains billets seraient proposés à des prix jusqu'à cinq fois supérieurs à ceux pratiqués lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Une comparaison qui alimente les critiques sur une compétition jugée de moins en moins accessible pour une partie du public traditionnel du football. Face à ces reproches, la FIFA a annoncé en décembre l'introduction d'une nouvelle catégorie de billets à tarif réduit, proposée à 60 dollars (environ 51 euros). Une mesure présentée comme une réponse à la demande d'accessibilité, sans remise en cause du modèle global de valorisation de l'événement. Au-delà de la polémique, la billetterie du Mondial 2026 apparaît comme un test grandeur nature. Entre demande mondiale record, diversification des offres et tensions sur les prix, la FIFA cherche à démontrer qu'un tournoi élargi peut conjuguer rentabilité, attractivité et légitimité populaire. Un équilibre délicat, dont les premières tendances se dessinent bien avant le coup d'envoi. Sami Nemli avec agences / Les Inspirations ECO