Pendant près d'un mois, le Royaume a déployé un maillage d'infrastructures inédit à l'échelle continentale, réparti sur six villes et neuf enceintes, illustrant une montée en gamme assumée de l'organisation du football africain. Pensés pour absorber les exigences d'un tournoi élargi à 24 équipes, ces stades ont constitué l'ossature logistique et symbolique de la compétition. À l'heure du bilan, ils apparaissent surtout comme l'un des legs les plus tangibles de la CAN 2025, appelés à structurer durablement l'écosystème sportif national et à s'inscrire dans la trajectoire menant au rendez-vous mondial de 2030. Au-delà des chiffres de fréquentation et des images diffusées à l'échelle mondiale, les stades de la CAN 2025 ont surtout servi de banc d'essai grandeur nature pour un modèle d'organisation fondé sur la durabilité, la polyvalence et l'intégration territoriale. La compétition n'a pas été pensée comme une parenthèse, mais comme un accélérateur, révélant la capacité du Maroc à articuler exigences internationales, usages domestiques et projection à long terme. Complexe sportif Prince Moulay Abdellah – Rabat Véritable épicentre de la CAN 2025, le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah a été le cœur battant de la compétition. Reconstruit sur le site de l'enceinte inaugurée en 1983 et remis en service quelques mois avant le tournoi, il a accueilli le match d'ouverture et la finale, concentrant la charge symbolique de l'événement. Inauguré le 5 septembre 2025 après une reconstruction complète, le stade offre une capacité de 68.095 places, extensible à 68.700 pour la préparation à la Coupe du Monde 2030, ce qui en fait l'un des plus grands du pays. Doté d'une pelouse hybride et des installations médias de dernière génération, le stade a répondu aux standards les plus élevés. Il a ainsi a vu disparaître la piste d'athlétisme pour devenir une arène dédiée au football, avec une salle de presse de 600 m2, une zone mixte pour les médias et des loges VIP adaptées aux grands rendez-vous internationaux. Au-delà du tournoi, son intégration dans un vaste complexe multisports, comprenant notamment un palais des sports et des équipements aquatiques, lui confère une vocation élargie. L'enceinte s'impose désormais comme un outil central pour les grandes compétitions internationales, mais aussi pour les événements institutionnels et culturels d'envergure, consolidant le rôle de Rabat comme capitale sportive à part entière. Stade Mohammed V Casablanca D'une capacité d'environ 45.000 places, il a été le théâtre de six matches de phase des groupes A et E, d'un huitième de finale et du match pour la troisième place, confirmant sa place centrale dans l'organisation de la compétition. Déjà rénové à plusieurs reprises, le stade a été ajusté pour répondre aux exigences spécifiques de la CAN, notamment sur les dispositifs de sécurité et les flux spectateurs, garantissant une expérience fluide et conforme aux standards modernes. Après la compétition, il conserve sa fonction d'antre des deux mastodontes de Casablanca (Wydad et Raja) et de plateforme pour des matches internationaux de clubs et de sélections. Grand Stade de Tanger Le Grand Stade de Tanger s'est imposé comme l'une des enceintes les plus impressionnantes de la CAN 2025. Sa rénovation récente a ainsi permis de porter sa capacité à 72.000 places. Dans l'optique du Mondial 2030, il devrait accueillir en tout 75.000 personnes. Construit pour répondre aux normes internationales, il dispose d'un centre médias de 600 m2, d'une salle médicale, de 17 portes d'accès et d'un parc de stationnement d'une capacité de 7.500 véhicules, assurant une gestion logistique performante. L'enceinte, a été l'antre des champions d'Afrique sénégalais pendant la phase de poule. Elle a aussi accueilli un huitième de finale ainsi qu'un quart et la demi-finale entre les Lions de la Téranga et l'Egypte. Sa position géographique, au carrefour des axes nord du Royaume et à proximité de l'Europe, renforce son rôle stratégique. À l'issue de la CAN, le stade apparaît comme un levier clé pour l'attractivité sportive du nord marocain et comme un outil pleinement compatible avec les ambitions internationales à venir. Grand Stade de Marrakech Le Grand Stade de Marrakech a pleinement joué son rôle de plateforme événementielle polyvalente. Accueillant plusieurs rencontres des groupes B et F, dont le très bouillant Côte d'Ivoire – Cameroun, il a aussi accueilli des matchs à élimination directe, notamment le huitième de finale Côte d'Ivoire – Burkina Faso et le quart de finale entre le Nigéria et l'Algérie. Notons que l'enceinte a bénéficié de mises à niveau techniques ciblées, notamment sur les installations médias et l'expérience spectateur. Après la CAN, le stade conserve une vocation hybride, mêlant football, grands événements culturels et manifestations internationales. Cette polyvalence renforce la position de Marrakech comme hub événementiel majeur, capable de conjuguer attractivité touristique et accueil de compétitions de haut niveau, dans un cadre logistique éprouvé. Grand Stade d'Agadir Inauguré en 2013, et dotée d'une capacité de 45.480 places, l'enceinte a accueilli plusieurs rencontres des groupes B et F, dont Egypte – Zimbabwe et Cameroun – Gabon. Lors de la phase à élimination directe, le stade a notamment abrité le huitième de finale entre le Bénin et l'Egypte, puis le quart de entre l'Egypte et la Côte d'Ivoire. Doté d'installations conformes aux standards internationaux (zones médias, hospitalités, dispositifs de sécurité et d'accès), le Grand Stade d'Agadir a pleinement joué son rôle de relais territorial, évitant toute concentration excessive des matchs dans l'axe Rabat-Casablanca. À l'issue du tournoi, il demeure un outil structurant pour la région Souss-Massa, appelé à accueillir compétitions nationales, rencontres internationales et grands événements, dans une logique d'usage durable. Complexe sportif de Fès À Fès, le complexe sportif de 45.000 places a illustré l'équilibre recherché entre dimension régionale et exigences continentales. L'enceinte a accueilli plusieurs matchs du groupe C, impliquant notamment le Nigeria, avant de servir de cadre à un huitième de finale. Cette programmation a fait de Fès un point de passage stratégique entre la phase de groupes et les matches couperets, avec une montée progressive en intensité. Le stade a bénéficié d'ajustements ciblés en matière de sécurité, de circulation interne et d'installations médias. Complexe sportif Moulay Hassan – Rabat Stade urbain de 22.000 places, le complexe sportif Moulay Hassan a incarné une autre facette de l'héritage de la CAN 2025 : celle d'enceintes de jauge intermédiaire, parfaitement intégrées au tissu urbain. Dépourvu de piste d'athlétisme, le stade offre une grande proximité entre le public et la pelouse, favorisant une ambiance compacte et intense. Pendant la CAN, il a accueilli plusieurs rencontres du groupe E, notamment celles de l'Algérie, avant d'abriter un huitième de finale. Son utilisation a démontré la pertinence de ce type d'équipement dans l'architecture globale du tournoi, capable de répondre aux exigences opérationnelles et télévisuelles tout en garantissant un usage régulier après la compétition. Stade El Barid – Rabat Plus modeste par sa capacité, estimée à environ 18.000 places, le stade El Barid a néanmoins joué un rôle précis et pleinement assumé dans le dispositif de la CAN 2025. Il a accueilli plusieurs matchs de phase de groupes, servant de site fonctionnel pour des rencontres à enjeu sportif réel, mais sans la pression logistique des grandes affiches. Pensé pour la lisibilité, le confort et l'efficacité, El Barid illustre une approche rationnelle de l'héritage infrastructurel : moderniser et valoriser des enceintes existantes plutôt que multiplier les constructions lourdes. Après la CAN, le stade conserve sa vocation domestique, au service du football local et des compétitions nationales. Stade olympique de Rabat Le Stade olympique de Rabat s'est inscrit dans la CAN 2025 comme une enceinte à vocation multisports, appelée à jouer un rôle croissant dans les grandes échéances à venir. Doté d'une piste homologuée et d'installations techniques de dernière génération, il a accueilli plusieurs matchs de phase de groupes, notamment du groupe C, dans un cadre répondant aux standards CAF. Au-delà de la CAN, le Stade olympique apparaît comme un maillon stratégique dans la perspective de 2030, destiné à accueillir compétitions internationales, événements sportifs majeurs et rendez-vous institutionnels, renforçant encore la centralité de Rabat dans le dispositif sportif national. Stade annexe du Complexe Prince Moulay Abdellah – Rabat Conçu comme un équipement complémentaire, le stade annexe du Complexe Prince Moulay Abdellah a apporté une souplesse logistique précieuse tout au long de la compétition. Utilisé pour des matchs de phase de groupes et comme site relais dans l'organisation générale, il a permis d'optimiser la répartition des rencontres et des flux. Souvent moins visible, ce type d'infrastructure n'en demeure pas moins essentiel dans la réussite d'un tournoi de cette ampleur. Après la CAN, le stade annexe constitue un outil durable pour le football local, les compétitions de jeunes et les événements de moindre jauge, complétant un écosystème sportif désormais densifié.