Après plus de sept ans de déficit critique, le bassin de Souss-Massa retrouve son seuil de vitalité avec un taux de remplissage global atteignant 52,8% au 21 janvier 2026. En effet, trois infrastructures affichent désormais complet avec une reconstitution historique des stocks marquant la fin d'un cycle de pénurie sans précédent. Toutefois, bien que la situation se soit améliorée, elle demeure fragile pour certains réservoirs comme Mokhtar Soussi et le barrage Abdelmoumen. Après avoir accusé un déficit hydraulique de 64% l'an dernier, le bassin de Souss-Massa sort enfin d'un cycle critique de sept années consécutives de sécheresse. La pénurie avait atteint son paroxysme en 2022 avec un taux de remplissage historiquement bas de 10,10%. L'année hydraulique actuelle marque un tournant majeur : les récentes précipitations ont propulsé les réserves des barrages à 52,8%. Ce niveau, jamais atteint depuis plus de huit ans, témoigne d'une nette reconstitution des stocks stratégiques avec une amélioration substantielle des ressources hydriques qui a mis fin à une phase de déficit chronique qui, entre 2020 et 2023, s'élevait en moyenne à 81%. Dans ce sens, selon la situation journalière de l'état de remplissage des retenues des barrages, au 21 janvier 2026, dans le périmètre de l'Agence du bassin hydraulique (ABH) de Souss-Massa, le spectre de la pénurie s'éloigne enfin puisque le bassin hydraulique de Souss-Massa affiche un taux de remplissage global de 52,8%. Sur une capacité totale de 740,77 millions de m3, le volume stocké culmine désormais à 391,15 millions de m3. Le risque de pénurie est totalement écarté pour la saison La physionomie du bassin a radicalement changé : des barrages clés comme Aoulouz, Prince Moulay Abdellah et Ahl Souss tournent désormais à plein régime, affichant des taux de remplissage atteignant ou dépassant les 100%. Ces trois infrastructures majeures qui affichent désormais complet sont les véritables poumons de cette renaissance hydraulique. En atteignant leur saturation, ils garantissent non seulement l'approvisionnement en eau potable du Grand Agadir, mais permettent aussi une recharge optimale des nappes phréatiques. Le petit barrage d'Ahl Souss complète ce tableau avec un remplissage de 100%. Pour ces ouvrages, le risque de pénurie est totalement écarté pour la saison. Parallèlement, le barrage Youssef Ben Tachfine, véritable poumon agricole de la plaine de Chtouka, poursuit sa remontée avec un taux de 45,3%, consolidant ainsi des stocks stratégiques que la région n'avait plus connus depuis près d'une décennie. Un nouvel élan pour la sécurité hydrique et l'irrigation agricole. Cette dynamique positive, alimentée par des apports récents de 1,61 million de m3 en seulement 24 heures, insuffle un souffle d'optimisme, surtout aux agriculteurs, en attendant le lancement du marché fin 2026 de la seconde station de dessalement de l'eau qui alimentera Taroudant et Tiznit. Rétablissement partiel pour les grands réservoirs Si la situation globale s'est améliorée, les deux plus grands réservoirs du bassin ne sont pas encore entièrement sortis d'affaire, malgré des progrès notables. Le barrage Youssef Ben Tachfine, pièce maîtresse pour l'irrigation de la plaine de Chtouka, affiche un taux de 45,3%. Bien qu'il détienne le plus gros volume réel du bassin (135 Mm3), il n'est pas encore à moitié plein. Sa gestion reste donc stratégique pour tenir sur le long terme. Le barrage Abdelmoumen, quant à lui, reste à un niveau de 27%. C'est une amélioration par rapport aux années précédentes, mais sa faible remontée par rapport à sa capacité immense (198 Mm3) en fait une structure encore fragile. Aujourd'hui, le principal point d'inquiétude concerne le barrage Mokhtar Soussi, qui stagne à un taux de 10,6%. C'est le seul ouvrage du bassin qui reste dans une situation de stress hydrique sévère, comparable aux niveaux de crise. Yassine Saber / Les Inspirations ECO