De Tanger à Chefchaouen, en passant par Tétouan, de nombreuses routes urbaines ou rurales ont été partiellement détruites par les fortes pluies qui s'abattent sur la région depuis plusieurs semaines. Ce n'est certainement pas la région aux infrastructures les plus fragiles du Royaume, mais Tanger-Tétouan-Al Hoceima a payé un assez lourd tribut en termes de dégâts matériels lors des dernières pluies. C'est notamment le cas depuis le week-end dernier, avec la succession de tempêtes en provenance de l'Atlantique et de la péninsule ibérique. Dans la ville de Tanger, les images spectaculaires des vagues qui ont sali la corniche en ont surpris plus d'un, avec leurs lots de déchets océaniques déversés sur les lieux. Mais cela n'est rien par rapport aux nombreuses routes qui ont été mises à rude épreuve par les fortes pluies. Sur de nombreux axes à travers la ville du détroit, des nids de poule sont apparus sur les routes et compliquent la circulation pour les automobiles. Samedi dernier, les pluies accompagnées de vents très forts ont inondé la plupart des quartiers de la désormais deuxième ville la plus peuplée du Maroc. Dans les maisons, le spectacle est également assez difficile à tenir par endroits, en raison des risques sanitaires liés à l'humidité, sans parler des fuites d'eau. Tétouan impactée S'agissant des principales routes, au-delà de la ville de Tanger, ce sont les artères la liant à Tétouan qui ont fait les frais des fortes précipitations. Il s'agit notamment de la route nationale reliant les deux villes. Celle-ci a été tellement mise à rude épreuve qu'elle a été coupée par moment, en raison des débordements des fleuves. Cette situation a obligé les autorités à ouvrir l'autoroute à tous les usagers, pour éviter que des blocages difficiles à surmonter ne se produisent sur les autres axes, à destination de Tétouan. Tétouan justement, où plusieurs fleuves ont vu leur débit hausser de façon spectaculaire, demeure l'une des rares provinces où les cours sont encore suspendus jusqu'à ce week-end. Les écoles et autres établissements d'enseignement ne devraient rouvrir qu'à partir de lundi prochain, selon une note officielle des directions locales du ministère de l'Education nationale. Tétouan et ses environs ont connu d'importantes inondations au pic des précipitations, mais, ici, le besoin d'évacuer la ville comme à Ksar El Kébir ne s'est pas posé. Les flux et torrents d'eau se sont rapidement évacuées, même si quasiment tous les barrages de la région affichent des taux de remplissage exceptionnels dépassant leurs capacités initiales, tels que le barrage Chefchaouen. S'agissant de Chefchaouen, notons qu'elle fut l'une des villes les plus impactées, avec des glissements de terrain et de routes détruites sur des tronçons majeurs, à l'image du très touristique axe qui mène vers Ras El Maa. Sur place, des routes ont été mises hors d'état de service, en raison des risques énormes d'éboulement. Au cours des derniers jours, nombreuses sont les routes construites sur ces zones montagneuses, qui se sont carrément retrouvées dans un état de destruction étonnant, même si elles sont assez récentes. Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO