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Iran-USA. Ali Moutaib : "Le choc est d'abord industriel, puis il se diffuse vers l'emploi et le commerce extérieur"
Publié dans Les ECO le 05 - 03 - 2026

Président de la Global Governance and Sovereignty Foundation
Dans un entretien sans concessions, Ali Moutaib, président de la Global Governance and Sovereignty Foundation, décrypte pour nous les véritables failles que le conflit irano-américain expose au grand jour. Loin des lectures convenues sur la flambée des prix du pétrole, il ausculte les fragilités silencieuses de l'économie marocaine : dépendance logistique, vulnérabilité des PME industrielles, dilemme monétaire de Bank Al-Maghrib et risque d'un nouveau plancher inflationniste. Alors que le Royaume navigue entre neutralité diplomatique et solidarité affirmée avec le Golfe, l'expert explore les scénarios des 90 prochains jours et livre ses clés pour transformer ce moment de tension en opportunité stratégique.
Quelle lecture faites-vous de la position du Maroc dans cette crise?
La position du Maroc est claire, cohérente et stratégiquement assumée. Elle ne doit rien à l'improvisation : c'est l'expression d'un alignement structurel construit patiemment depuis plusieurs années, articulé autour de deux axes complémentaires. Le premier, c'est la neutralité diplomatique de principe. Le Maroc, fidèle à sa tradition, n'entre pas directement dans le conflit et appelle à la désescalade. Mais cette neutralité ne doit pas être lue comme une indifférence. Elle est tempérée, et c'est le second axe : par une solidarité sans ambiguïté envers les monarchies du Golfe, qui ont été directement visées par les représailles iraniennes.
Cette position est cohérente parce qu'elle a un arrière-plan solide. Rappelons que le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran en 2018, accusant Téhéran de soutenir le Front Polisario via le Hezbollah et l'ambassade iranienne à Alger. Cette rupture n'était pas anodine. Elle a tracé une ligne claire, et ce que nous observons aujourd'hui en est la traduction logique.
Pragmatiquement, cette posture permet au Royaume de préserver ses relations stratégiques avec le Conseil de Coopération du Golfe (partenaires économiques et financiers de premier plan) de conforter le soutien américain sur le dossier du Sahara, qui reste la priorité diplomatique structurante, et de maintenir son statut de pôle de stabilité régionale, un atout essentiel pour les investisseurs et les partenaires occidentaux. En somme, la question pour Rabat n'est pas de savoir «pour qui prendre parti», elle est déjà tranchée. La vraie question est désormais : comment gérer le choc économique à court terme tout en transformant ce moment en levier stratégique à moyen terme ?
On parle beaucoup du prix du pétrole. Mais au-delà du baril, quel est le maillon le plus faible et le moins visible de la machine économique marocaine?
C'est la bonne question et elle est trop peu posée. Le prix du pétrole est le symptôme le plus visible, pas le risque le plus profond. Le vrai talon d'Achille de l'économie marocaine dans ce contexte, c'est sa dépendance cumulée aux intrants importés et aux chaînes logistiques internationales. D'abord, les intrants industriels : composants automobiles, produits chimiques, céréales, etc. L'essentiel de ces flux transite par des routes maritimes aujourd'hui sous tension — le détroit d'Ormuz, la mer Rouge, le Canal de Suez. Toute perturbation sur ces axes se répercute mécaniquement sur les coûts de production marocains.
Ensuite, il y a les PME industrielles. Sous-capitalisées, avec des trésoreries fragiles et peu de réserves, elles n'ont ni la taille pour renégocier leurs contrats fournisseurs, ni la capacité d'attendre que les tensions s'apaisent. Elles sont les premières victimes d'un choc cumulatif, et les moins armées pour y résister. Le troisième maillon, et peut-être le moins visible, c'est le coût du fret maritime et des assurances.
Depuis les attaques houthies en mer Rouge, les primes d'assurance sur certaines routes ont été multipliées par cinq à dix. Ce surcoût logistique rogne les marges des entreprises exportatrices sans que le grand public en ait la moindre perception — il n'apparaît pas à la pompe, mais il est bien réel dans les comptes d'exploitation. Enfin, il y a la concentration de la demande sur l'Europe.
Les exportations marocaines (automobile, textile et produits agricoles) sont très exposées au marché européen. Si l'Europe ralentit sous l'effet du choc énergétique, l'industrie marocaine perd ses débouchés exactement au moment où ses coûts explosent. C'est un effet de ciseaux redoutable. Le risque réel, ce n'est pas la flambée d'un seul indicateur, c'est l'addition silencieuse de plusieurs : énergie, logistique et coût du financement.
Cette érosion cumulative des marges industrielles peut s'installer bien avant que les statistiques officielles ne la rendent visible. Les réserves de change (environ six mois d'importations fin 2025) constituent un matelas confortable, pas une immunité. Une crise prolongée peut l'éroder plus vite qu'on ne le pense.
Le modèle marocain repose sur deux piliers : une agriculture vulnérable à la sécheresse et une industrie tournée vers l'export. Dans les 90 jours qui viennent, lequel vacille en premier ? Et avec quels effets domino?
À l'horizon de 90 jours, l'industrie exportatrice est clairement la plus immédiatement exposée, et ce, pour des raisons qui jouent en temps quasi réel. L'agriculture est structurellement fragilisée, la sécheresse chronique est une réalité bien documentée, mais cette fragilité est déjà intégrée dans les anticipations et dans les politiques publiques. Le choc Iran-USA ne modifie pas fondamentalement sa trajectoire à court terme. Son impact passera principalement par le renchérissement des intrants agricoles : les engrais notamment, dont la production est très énergivore, mais cet effet mettra plusieurs mois à se matérialiser dans les coûts de production.
L'industrie, en revanche, subit le choc de manière immédiate. Deux mécanismes jouent simultanément. D'une part, le choc logistique : la perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales et l'explosion des primes d'assurance maritime désorganisent une industrie qui fonctionne en flux tendu. Les délais s'allongent, les surcoûts s'accumulent et les marges se compriment. D'autre part, le ralentissement du marché européen : l'Europe absorbe elle aussi le choc énergétique, ce qui freine sa consommation et réduit la demande pour les produits manufacturés marocains.
Le secteur automobile, qui affichait pourtant une progression remarquable de +19,1% en janvier 2026, est directement dans la ligne de mire. Les effets domino sont prévisibles et rapides. La compression des marges industrielles entraîne une réduction des cadences de production. Le ralentissement des exportations creuse la balance commerciale. L'impact sur l'emploi urbain industriel, dans l'automobile, le textile, l'aéronautique et leurs sous-traitants, est le plus préoccupant socialement : cet emploi est concentré, visible, et difficile à absorber par les filets de protection sociale. Moins de devises entrantes, enfin, se traduit par une pression indirecte sur les réserves et sur la stabilité macroéconomique globale. Le choc est d'abord industriel, puis il se diffuse vers l'emploi et le commerce extérieur. C'est cette séquence qu'il faut surveiller en priorité dans les semaines à venir.
La désinflation était enfin en vue au Maroc. Ce choc géopolitique ne vient-il pas de «relever le plancher» de l'inflation structurelle?
Absolument, et c'est l'un des risques les plus insidieux de cette crise. Le Maroc sortait d'une période d'inflation particulièrement maîtrisée : une moyenne de 0,8% en 2025, et même -0,8% en janvier 2026. Cette trajectoire de désinflation était fragile par nature, elle reposait sur la détente des cours mondiaux des matières premières, pas sur une transformation structurelle de l'économie. Le choc actuel la renverse.
Deux canaux inflationnistes jouent simultanément. Le premier est direct : la flambée du pétrole et du gaz se transmet en trois à six semaines aux prix à la pompe et aux coûts de l'électricité, puis se diffuse à toute l'économie via les coûts de transport et de production. Le second est plus lent mais plus durable, ce qu'on pourrait appeler la «seconde vague» : la hausse de l'énergie et du fret renchérit le coût de l'ensemble des matières premières et biens intermédiaires importés.
L'acier, les composants industriels, tout cela finit par se répercuter sur les prix à la consommation. Ce qui est particulièrement préoccupant, c'est le mécanisme de persistance de l'inflation. Même après un apaisement des tensions géopolitiques, les entreprises qui ont absorbé des coûts élevés ne reviennent pas spontanément à leurs anciens tarifs. L'inflation monte par ascenseur, descend par escalier. Le plancher est relevé, et il le restera a minima douze à dix-huit mois après toute stabilisation.
La variable déterminante reste la durée du conflit. Un choc court — moins de trois mois — peut être absorbé sans ancrage inflationniste durable. Un choc long restructure les anticipations des entreprises et installe un nouveau plancher structurel. C'est ce second scénario qu'il faut préparer dès maintenant, sans attendre confirmation.
Le marché anticipait une baisse des taux directeurs. Cette crise ne piège-t-elle pas Bank Al-Maghrib dans un dilemme insoluble?
Oui, et le terme de «piège» n'est pas exagéré. Bank Al-Maghrib se retrouve dans un dilemme classique de stagflation naissante : inflation qui remonte d'un côté, ralentissement économique de l'autre, qui est l'un des plus inconfortables qui soit pour une banque centrale. Avant la crise, le débat portait sur le timing d'une baisse du taux directeur, actuellement à 2,25%, pour soutenir l'investissement dans un contexte de faible inflation. Aujourd'hui, l'équation est inversée, et trois signaux contradictoires s'imposent simultanément.
L'inflation qui remonte plaide pour maintenir ou relever les taux. Le ralentissement de la croissance industrielle plaide au contraire pour les baisser. Et la pression sur le dirham, liée au creusement du déficit commercial, exige de défendre la stabilité de change. Ces trois impératifs sont en tension. Baisser les taux maintenant, c'est risquer d'alimenter l'inflation et de fragiliser le dirham à un moment précisément où les importations se renchérissent. Ne pas baisser, c'est priver l'économie d'un oxygène dont elle a besoin face au ralentissement.
Le bon choix, dans ce contexte, est probablement ce qu'on peut appeler une «pause tactique». Ni hausse prématurée : ce serait néfaste pour la croissance. Ni baisse précipitée : ce serait un mauvais signal sur l'inflation et pourrait accélérer la pression sur le dirham. La sagesse commande d'attendre, d'évaluer l'ampleur et la durée du choc, et d'utiliser d'autres instruments si nécessaire, notamment les réserves de change pour lisser la volatilité sur le marché des changes.
La politique monétaire a perdu ses marges de manœuvre symétriques dans cette configuration. La réponse à ce choc devra être d'abord budgétaire et structurelle, pas monétaire. Bank Al-Maghrib peut tenir la position, mais elle ne peut pas résoudre seule l'équation.
Face à l'incertitude, les investisseurs se replient sur des valeurs refuge. Quel message clé envoyer aux investisseurs internationaux en urgence?
Dans un monde en recomposition géopolitique, se contenter de dire que le Maroc est «stable» ne suffit plus, la stabilité passive interroge autant qu'elle rassure. Ce que les investisseurs cherchent aujourd'hui, ce ne sont pas des refuges : ce sont des plateformes.
Et, là, le Maroc a une vraie proposition à faire valoir, en trois temps. Premier temps : le repositionnement géopolitique mondial joue structurellement en faveur du Maroc, pas contre lui. La fragmentation des chaînes de valeur, les dynamiques de nearshoring et de friendshoring créent une demande forte de plateformes industrielles stables, proches de l'Europe, avec des accords de libre-échange fonctionnels. Tanger Med, les écosystèmes automobiles et aéronautiques déjà certifiés, la profondeur du réseau logistique atlantique. Tout cela prend de la valeur précisément dans ce type de crise. Le Maroc n'est pas spectateur de cette recomposition : il en est un bénéficiaire structurel.
Deuxième temps : le Maroc réduit activement les risques que les investisseurs fuient ailleurs. La transition énergétique accélérée répond directement aux contraintes ESG qui pèsent sur les décisions d'allocation. Les fondamentaux macroéconomiques sont solides : un flux record d'investissements directs étrangers de 6,1 milliards de dollars en 2025, des réserves de change robustes, une stabilité institutionnelle éprouvée. Ce sont des actifs tangibles, pas des slogans.
Troisième temps, et c'est peut-être le plus décisif : les crises créent des fenêtres d'opportunité pour ceux qui ont le sang-froid d'agir quand les autres hésitent. Avec le Mondial 2030 comme catalyseur et un agenda d'infrastructures massif en cours de déploiement, cette plateforme ne sera plus accessible aux mêmes conditions dans vingt-quatre mois.
L'exposition du Maroc à ce choc est réelle, personne n'y échappe. Mais son positionnement structurel préexistant lui confère des leviers d'ajustement concrets que peu de ses pairs régionaux possèdent : une base industrielle exportatrice intégrée, une position géographique valorisée par les dynamiques de nearshoring, et des fondamentaux macroéconomiques qui préservent des marges de manœuvre. C'est ce différentiel qui déterminera, à terme, la capacité de rebond.
Quel conseil donneriez-vous à un grand patron marocain pour les six prochains mois ? Stocker, délocaliser, geler les investissements?
La règle d'or, c'est : ni fuite en avant ni paralysie. Les six prochains mois ne sont pas faits pour croître, ils sont faits pour préserver les marges, sécuriser les flux et rester liquide. C'est ce qu'on appelle le temps de l'agilité défensive. Les arbitrages sur les stocks, les investissements et la trésorerie dépendent de la structure propre à chaque entreprise, de son secteur et de son exposition aux marchés internationaux. Il n'y a pas de réponse universelle. Ce qui l'est, en revanche, c'est la logique qui doit présider à ces décisions : protéger d'abord ce qui est irréversible, reporter ce qui peut l'être, ne jamais sacrifier la liquidité à court terme pour des ambitions dont le contexte ne garantit plus la réalisation.
Ce type de conjoncture révèle aussi une réalité que beaucoup de dirigeants découvrent trop tard : les crises géopolitiques à effets économiques multiples et non linéaires dépassent rapidement les capacités d'analyse interne, même dans les organisations les plus structurées. Les décisions des 90 premiers jours conditionnent la trajectoire des 24 mois suivants. Mon conseil concret : faites appel à un cabinet d'intelligence stratégique. Pas pour gérer l'urgence, mais pour lire le terrain avant tout le monde, cartographier les acteurs, identifier les risques sectoriels et transformer une conjoncture adverse en repositionnement. La croissance reprendra. Elle sera réservée à ceux qui auront eu les bons analystes autour de la table au bon moment.
Meriem Allam / Les Inspirations ECO


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