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Quelle école pour la classe moyenne ?
Publié dans Les ECO le 04 - 05 - 2010

Attendu depuis le mois de mars, le livre blanc sur «le système éducatif et les classes moyennes» a été présenté lundi soir à Casablanca, à l'initiative de l'Institut Amadeus, que préside Brahim Fassi Fihri, et le Club Entreprendre dirigé par Rachid Benyakhlef. Pour contextualiser ce débat autour d'une équation sur les enjeux d'une éducation destinée à la classe moyenne, Amadeus présente ce livre blanc comme le fruit d'une réflexion engagée depuis 2009 par une pléiade de sociologues, politologues, pédagogues et autres experts. «L'objectif est d'analyser les différents aspects liés à la problématique de l'émergence et la promotion sociale des classes moyennes. Les publications issues des workshops se veulent des forces de propositions en faveur d'une meilleure prise en compte de cette frange de la population dans les politiques publiques», apprend-on auprès de l'Institut Amadeus.
Performance et contradictions
Du côté des enjeux du système éducatif national au Maroc, l'amélioration de ce dernier prend aujourd'hui -si ce n'est depuis toujours- toute sa dimension nationale et reste déterminante pour l'avenir du pays : «Pour confirmer un statut d'économie émergente, le Maroc doit se doter d'un système de formation adéquat avec ses orientations économiques», ajoute une synthèse émanant de l'Institut Amadeus. Pour ce dernier, le pays doit «surtout résoudre les contradictions internes de son système éducatif» : une fragmentation des filières scolaires et une gestion descendante des orientations stratégiques, une culture plurielle avec une maîtrise parcellaire des langues enseignées, un investissement important avec une rentabilité faible, et une classe moyenne qui n'a plus confiance dans ce système éducatif, mais qui ne peut envoyer ses enfants dans un système d'enseignement privé, ni dans des écoles ou universités étrangères...
Pour quelle classe moyenne ?
Cette initiative de publication d'un livre-recommandations n'est pas du ressort des officiels, pourtant présents à l'évènement en la personne de Latifa Labida, secrétaire d'Etat chargée de l'enseignement scolaire. L'Etat ayant depuis toujours pris en charge ce secteur, le livre rédigé par une brochette de chercheurs émérites est présenté, surtout aux gouvernants, à titre de propositions à prendre en compte sur le long terme : «Notre intention n'était pas de présenter la définition d'une quelconque classe sociale. Le livre blanc est basé sur des données officielles et non sur une étude de terrain effectuée par notre équipe», explique Brahim Chedati, enseignant-chercheur et doctorant en économie de l'éducation. Cette mise au point paraît importante quand on sait que ces mêmes données sont encore aujourd'hui contestées, notamment sur la définition d'une classe moyenne telle qu'avancée en chiffres l'année dernière par le Haut commissariat au plan (HCP). Le groupe de recherche qui est à l'origine du livre blanc va plus loin. Il ne s'est nullement immiscé en «contestataire» face à la Charte nationale de l'éducation et de la formation, bien que certains objectifs n'aient pas été atteints. Les chiffres du HCP sur la classe moyenne au Maroc (16 millions de Marocains, soit quelque 53%, appartiendraient à cette classe sociale) avaient en effet soulevé un tollé chez la communauté des experts et des économistes. Et d'ailleurs la plupart des intervenants lors de cette conférence ont été unanimes et dès le début du débat sur le fait que la classe moyenne est un groupe social aux frontières floues : «La définition d'une classe moyenne n'est pas une affaire de somme et de soustraction. Et personnellement, je pense que nous n'avons pas réussi à créer une classe moyenne au Maroc», déclare Rachid Belmokhtar, président de l'Observatoire national pour le développement humain (ONDH) et ancien ministre de l'Education nationale.
Une obligation de l'Etat
Courtoisie ministérielle oblige, Latifa Labida évitera par contre de se prononcer sur les chiffres de Ahmed Lahlimi, le Haut commissaire au plan. Par contre, elle ne manquera pas l'occasion de rappeler que «cette initiative, qui s'inscrit dans l'animation du débat public sur l'école, se rapproche de la stratégie de réforme de l'enseignement actuellement en cours de réalisation» (programme d'urgence de l'éducation nationale 2009-2012). Le programme que Labida a évoqué est structuré autour de quatre espaces d'actions et 23 projets. Les quatre axes de travail portent sur les moyens de rendre effective l'obligation de scolarisation des enfants jusqu'à 15 ans, la stimulation de l'initiative et de l'excellence, l'affrontement des problèmes transversaux et la réunion des moyens de réussite de la mise en œuvre de la réforme à travers notamment la mobilisation. Pour Labida, «ce programme d'urgence se distingue par son caractère opérationnel, à travers la définition précise des objectifs avec fixation des délais de réalisation, responsabilisation et suivi». Il se caractériserait aussi par le parti pris en faveur de l'égalité des chances, à travers la lutte contre les obstacles dressés devant la scolarisation. Une approche partagée par Thami Ghorfi, l'un des invités au débat et acteur-investisseur dans l'enseignement privé supérieur. Mais même si ce programme bénéficie de plusieurs facteurs de succès comme la mobilisation d'une enveloppe budgétaire supplémentaire de 10 milliards de DH de plus (41 milliards de DH contre 31 précédemment), il doit cependant faire face à la taille du système éducatif (quelque 6 millions d'élèves, 20 établissements en plus et 280.000 agents). Ce qui fera dire à Latifa Labida : «On doit tellement tout faire qu'on ne fait rien de bon !». Un lapsus politiquement incorrect qui risquerait de lui coûter des réprimandes de son ministre de tutelle. Mais, c'est surtout Abderrahim Maslouhi, professeur et consultant en sciences politiques et un des rédacteurs du livre blanc, qui répondra à la question de la rencontre : «Le système éducatif permet-il l'ascension de la classe moyenne au Maroc ?». Pour lui, «la classe moyenne n'a que l'école pour réussir une ascension sociale».
Priorités vs propositions
Le livre blanc sur le système éducatif et les classes moyennes au Maroc, édité par le Club Entreprendre et le think-tank marocain Amadeus, traite du rôle de l'éducation comme ascenseur social des classes moyennes et propose une série de recommandations pour accompagner l'évolution du système éducatif et promouvoir son impact sur la mobilité sociale. Les apports proposés par le groupe de travail se focalisent sur deux axes majeurs pour améliorer la gouvernance de la politique éducative et la tourner vers les classes moyennes : la recherche de la qualité et la construction participative des diagnostics et des réformes. «Ces deux conditions permettront d'assurer respectivement l'attractivité du système et la meilleure application possible des réformes proposées», apprend-on auprès des éditeurs de ce livre. Méthodologiquement, ce dernier reprend des éléments existant dans la Charte nationale d'éducation ou du Plan d'urgence 2009-2012 (Plan Najah) et les complète, selon ses auteurs, par une approche critique constructive. Le livre (56 pages petit format) est structuré en trois chapitres qui traitent en premier lieu de la formation généraliste, à travers la recherche des moyens de fonder un socle de connaissance et de valeurs communes aux classes moyennes. Le deuxième chapitre consacré à la formation professionnelle, facteur déterminant de la «moyennisation», aborde les conditions de succès de la formation professionnelle, le rapport entre cette dernière et le système éducation et les solutions existant au-delà du système éducatif. Dans le 3e chapitre, le livre traite de la mobilisation nationale et de la construction d'une politique inclusive qui implique l'ensemble des acteurs dans la réforme du système éducatif. Y sont développées la définition et la communication des objectifs, l'implication, à travers des incitations, des acteurs et la réinvention de l'ingénierie du système éducatif. Le livre comprend, au fil des chapitres, tout un ensemble de propositions qui se focalisent sur l'amélioration de la gouvernance de la politique éducative et son orientation vers les classes moyennes, à travers deux axes : la recherche de la qualité et la construction participative des diagnostics et des réformes.
Les auteurs du livre blanc
Les membres du groupe de rédaction de ce livre blanc sont : Aurélien Lécina (responsable du pôle Affaires publiques au sein de l'Ecole de gouvernance et d'économie de Rabat), Mohsine Elahmadi (sociologue), Abderrahim El Maslouhi (politologue), Amina Refass (spécialiste de l'éducation et de la formation continue), Brahim Chedati, doctorant en économie de l'éducation et enseignant-chercheur), Ali Boulahcen (sociologue), Khadija Ramram (chercheuse spécialisée en éducation), Michel Péraldi (directeur du Centre Jacques Berque à Rabat et anthropologue au CNRS en France), et Khalid el Andaloussi (président de l'Alliance de travail dans la formation et l'action pour l'enfance- ATFALE).


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