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Maison de la photo à Marrakech: des clichés d'une autre époque
Publié dans Le Site Info le 08 - 05 - 2016

Fondée il y a sept ans, la Maison de la photographie de Marrakech se propose d'archiver toute une mémoire visuelle du Maroc, des années 1870 aux années 1950. Deux expositions sont à l'honneur : “Maroc, l'éternel et l'éphémère” ; «Alliance photo : un doux parfum de liberté, le voyage au Maroc de 1936».
Le visiteur est tout d'abord chaleureusement accueilli dans un espace situé à quelques mètres de la médersa ben Youssef. L'accrochage de la première exposition, nous est-on précisé, suit un parcours chronologique, des années 1870 aux années 1950.
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Les premières salles donnent à voir toute une série de portraits et de paysages, des acrobates et charmeurs de serpents de la place Jemma El Fnaa à la kasbah de Tanger en passant par celle des Oudayas de Rabat. La dimension ethnographique de ces clichés ne fait nul doute.
Ils sont effectués le plus souvent par des étrangers tels que Jacques Belin, photographe officiel de la Résidence Lyautey ou Nicola Muller, photographe hongrois (1913-2000), issu d'une famille juive bourgeoise, exilé à Tanger pendant les années 30.
Félix, Dans les souks Marrakech, circa 1920
Mais derrière le souci documentaire affleure aussi un regard humaniste dont la bienveillance traverse les générations. A l'image de cette «Danseuse de Larache» de Nicola Muller acceptant avec coquetterie une cigarette ou de cet homme sautillant dans un cliché de Félix, datant de 1920, «Dans les souks de Marrakech». Le musée possède toute une série de photographies de Félix, consacrée aux différents métiers de Marrakech, que l'on espère voir bientôt intégralement exposée.
Mais arrêtons-nous un instant sur la sensation de voir pour la première fois les remparts des villes impériales, les sommets enneigés de l'Atlas, les musiciens Gnaouas effectuant sans doute la pose, mais dont le regard témoigne encore de l'histoire de l'esclavage dont ils sont issus.
On mesure, sans doute, ce qui nous sépare du regard neuf de ces photographes pour lesquels l'expérimentation de récentes techniques photographiques était inséparable de l'exploration de nouvelles contrées et de la découverte de nouveaux visages.
Le musée nous offre de rares exemplaires d'autochromes, premières expériences de photographies en couleur, obtenues grâce à une trichromie composée de grains de fécule de pommes de terre et des couleurs primaires, rouge, vert et bleu, que l'on doit aux frères Lumière. Cette expérience incommensurable élargit notre vision de l'humanité, la relation au portrait et donc au visage à qui est conférée une dimension éthique, comme le soulignait Emmanuel Lévinas dans «Ethique et Infini» : «Le visage est ce qu'on ne peut tuer, ou du moins dont le sens consiste à dire : “tu ne tueras point”.»
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La banalité avec laquelle nous consommons ou subissons aujourd'hui des images, reproductibles techniquement à l'infini, a des conséquences philosophiques auxquelles le geste patrimonial, qui reste celui d'un musée digne de ce nom, nous invite encore à réfléchir.
Une seconde exposition est à l'honneur, consacrée à l'agence Alliance photo : «Un doux parfum de liberté, le voyage au Maroc de 1936».
Plusieurs membres de cette agence photographique, parmi lesquels Denise Bellon, Pierre Boucher et René Zuber, effectuent dans les années 35-36 plusieurs séjours au Maroc, sous l'influence de Pierre Verger, chargé du laboratoire de photographie au musée d'ethnographie. A l'instar de Michel Leiris ayant effectué, à la même époque, un séjour au Mali au cours duquel il se passionnera pour la culture du peuple Dogon, Pierre Verger a ramené de ses voyages, au Togo, au Niger ou au Soudan, des clichés qui eurent un retentissement important sur les photographes d'Alliance photo.
Mais ce qui frappe à la découverte de ces clichés placés sous le signe de l'émerveillement est l'euphorique vent de liberté qui les accompagne. André Breton ne s'y trompa pas qui rendit hommage, dans «Le surréalisme et la peinture» à un art en pleine efflorescence : «Pour qui sait mener à bien la barque photographique dans le remous presque incompréhensible des images, il y a de la vie à rattraper.»
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L'émerveillement que ces photographes nous invitent ici à partager n'est pas un gage donné à l'occultisme ou à un quelconque mystère du monde ; il constitue une célébration fascinée d'un réel que l'on découvre, dans un enchantement de tous les sens.
Le regard ethnographique est ici inséparable de cet envoûtement devant le quotidien revendiqué par les surréalistes. A l'image de ces joyeuses baigneuses dans un plan d'eau de Sidi Harazem ou de ces portraits de femmes berbères portant sur leur visage les traces d'une civilisation antéislamique, ces visages captent une euphorie et une liberté qui ne sont plus qu'un lointain souvenir.


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