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La rage tue toujours
Publié dans Le Soir Echos le 16 - 05 - 2011

Toutes les vingt minutes, un enfant meurt de la rage en Afrique. Et tous les ans, le Maroc enregistre une vingtaine de nouveaux cas. Du 23 au 25 mai, les experts africains débattront de cette problématique à Casablanca.
Toutes les vingt minutes, un enfant meurt de la rage en Afrique. Et tous les ans, le Maroc enregistre une vingtaine de nouveaux cas. Du 23 au 25 mai, les experts africains débattront de cette problématique à Casablanca.
Une quarantaine d'experts africains de la rage se donnent rendez-vous à Casablanca, du 23 au 25 mai. Ils débattront, à l'occasion de la troisième rencontre du réseau AfroREB, de la situation actuelle de la rage sur le continent africain. L'occasion également pour les spécialistes de discuter des mesures urgentes à mettre en place pour venir à bout de cette maladie qui sévit depuis des années.
Selon les données officielles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 55 000 personnes meurent de la rage dans le monde chaque année, dont 20 000 en Inde et 24 000 en Afrique, ce qui correspond à 44 % des décès. Pis encore, toutes les vingt minutes, un enfant meurt de la rage en Afrique. D'après la même source, tous les pays africains sont « à haut risque » et le Maroc n'est pas épargné. Une vingtaine de cas de rage humaine y sont annuellement enregistrés, principalement dans les campagnes.
85 % des cas recensés résultent d'une morsure de chien infecté, principal vecteur et réservoir du virus. Malgré le lancement, en 1986, d'un programme national de lutte contre la rage, cette infection virale n'a pas été éradiquée et continue encore de sévir. Les enfants sont particulièrement à risque, car ils sont souvent mordus au visage et aux bras.
La problématique de cette maladie consiste dans le fait que la rage est perçue comme une maladie rare. Elle n'est pas considérée comme une priorité et ne bénéficie donc pas de l'attention qu'elle mérite, déplorent les professionnels. Or, un simple vaccin peut éviter ces décès, qui surviennent faute de soins et de vaccination.
L'OMS recommande une vaccination en pré-exposition (avant le contact avec le chien) à titre préventif, pour les personnes qui encourent un risque accru d'exposition au virus de la rage et celles qui sont fréquemment exposées à des animaux potentiellement infectés (personnel de laboratoire, vétérinaires…). Les voyageurs doivent également se faire vacciner.
En cas de morsure, la personne doit impérativement se faire vacciner le plus tôt possible. Car une fois que les premiers symptômes cliniques apparaissent, la rage est pratiquement toujours mortelle. La rage se manifeste d'abord par de la fièvre, souvent accompagnée de douleurs ou de fourmillements, démangeaisons et brûlures, à l'endroit de la blessure, selon l'OMS. La propagation du virus dans le système nerveux central entraîne une inflammation progressive et mortelle de l'encéphale et de la moelle épinière.
La rage peut alors se manifester sous sa forme « furieuse », induisant un comportement hyperactif et excité du malade, qui présente une hydrophobie et, parfois, une aérophobie. Le décès survient en quelques jours par arrêt cardio-respiratoire.


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