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Pas d'emploi sans une expérience québécoise !
Publié dans Le Soir Echos le 19 - 05 - 2011

A son arrivée au Québec, Souad Bounakhla, aujourd'hui femme d'affaires, a peiné pour trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Elle aide aujourd'hui les nouveaux migrants à respecter les exigences du marché de l'emploi québécois.
A son arrivée au Québec, Souad Bounakhla, aujourd'hui femme d'affaires, a peiné pour trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Elle aide aujourd'hui les nouveaux migrants à respecter les exigences du marché de l'emploi québécois.
Comment se porte le marché de l'emploi au Québec ? Les marocains y trouvent-ils facilement leur place ?
Une étude faite auprès de la communauté maghrébine par le centre interuniversitaire de recherche en analyses des organisations (Cirano), dévoilent des chiffres peu reluisants. Au Québec, le plus haut taux de chômage touche la communauté maghrébine. Il est de 30 % !
Votre propre expérience est-elle venue confirmer cette tendance ?
Arrivée au Canada avec un diplôme de l'ISCAE et un MBA décroché aux Etats-Unis, je ne trouvais pas de travail. L'idée qu'ont plusieurs Marocains est qu'ils vont arriver du Maroc avec un diplôme et trouver du travail sur le champs, dans leur domaine. Mais c'est une illusion. Le marché de l'emploi du Québec est très spécifique. Si vous partez en Ontario par exemple, vous n'entendrez aucun recruteur vous dire « vous devez avoir une expérience en Ontario », mais au Québec, il faut avoir l'expérience québecoise. C'est le point de départ.
Il faut donc tout d'abord qu'un employeur donne la chance d'acquérir cette première expérience. Comment y parvenir autrement ?
Pour avoir l'expérience québécoise exigée, les personnes ont le choix entre faire du bénévolat ou se former pour compléter leur apprentissage. Nous venons de signer un partenariat avec le ministère de l'éducation, et nous proposons des formations gratuites, visant à apprendre à interagir et à communiquer dans un contexte de business d'affaires. L'autre problème qui se pose est celui des langues. En arrivant ici, on se dit que parler le français est déjà un grand avantage. Or ce n'est pas si facile ! Il faut impérativement savoir parler anglais.
Quels rôles peuvent jouer les Marocains pour faciliter leur intégration professionnelle ?
Il ne faut pas rejeter entièrement la faute sur la société d'accueil. Un allègement des structures serait le bienvenue, certes, mais l'une des raisons à ce chômage élevé chez les maghrébins est dû également à un problème d'attitude. Ils ne sont pas assez bien informés sur les spécificités québécoises.
Comment combler ces manques ?
Je pense qu'il faut leur proposer des formations au Maroc, avant même qu'ils n'arrivent ici. Les familiariser avec la société québécoise et à ses valeurs. Parfois, les problèmes rencontrés ici peuvent paraître minimes d'emblée, comme la ponctualité. Le québécois te classe tout de suite. Pour une entrevue pour un emploi, il faut arriver 15 minutes à l'avance. Au niveau de la communication également, des problèmes peuvent se poser. Il faut regarder son interlocuteur droit dans les yeux. Or, notre humilité, qui fait aussi partie de notre héritage religieux, nous pousse à les baisser. On ne se vend pas, alors qu'il faut parler de soi, étaler ses réalisations. Il ne faut pas se gêner !
Qu'est-ce qui pousse, d'après vous, tant de Marocains à émigrer vers des pays comme le Canada ?
Le Maroc est beau mais il y a beaucoup de travail à faire au niveau de l'éducation sociale et de l'éthique. On a de belles valeurs et des gens compétents, mais nous avons encore du chemin à parcourir. Quand je vois un jeune qui a l'âge de mon fils, me draguer dans la rue, je suis hors de moi. On ne trouve pas ça ici. Les gens viennent ici pour la paix de l'esprit. On ne vient pas parce qu'on manque de nourriture chez nous, mais parce qu'il y a une certaine éthique sociale, un certain respect. Au Maroc, il faudrait créer le ministère de l'éducation et de l'éthique sociales. Et je me porte candidate pour le poste de ministre !
Iscaiste, Souad Bounakhla a occupé pendant cinq ans le poste de chef de service dans une collectivité locale au Maroc. Après avoir présenté un projet à l'USAID, elle a été sélectionnée pour obtenir une bourse et étudier aux Etats-Unis, pour préparer une maîtrise de gestion des affaires (MBA). Après un bref retour au Maroc, elle émigre vers le Québec. Elle possède également une expérience d'enseignement dans le domaine des affaires et des langues. Pleinement investie dans sa communauté, elle a fondé l'Association-école Al-Arabiya, un organisme dédié au rapprochement interculturel. En 2008, Souad Bounakhla a reçu le trophée des femmes arabes, catégorie Grande bénévole.


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